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Dévoiler des histoires cachées en ce jour du Souvenir

Dévoiler des histoires cachées en ce jour du Souvenir

Dévoiler des histoires cachées en ce jour du Souvenir

Chaque année, le jour du Souvenir est l’occasion de rendre hommage aux vétérans et vétérantes qui ont fait de lourds sacrifices pour notre liberté. Dans toutes les écoles canadiennes, les élèves se familiarisent avec les conséquences des conflits militaires sur la société, tout en découvrant des soldates et soldats remarquables, notamment ceux dont les noms restent gravés dans la mémoire collective.

L’enseignement de l’histoire met en évidence la contribution de ces derniers, en laissant peut-être d’autres combattants et combattantes dans l’ombre. Guerriers oubliés, Soldats de seconde classe et And We Knew How to Dance: Women in World War I (anglais seulement) sont trois documentaires de l’Office national du film qui nourrissent une réflexion sur des personnes parfois oubliées le 11 novembre.

Lever le voile sur certaines histoires méconnues

Prenons comme point de départ les enjeux entourant l’enseignement de l’histoire : c’est une matière qui aide à édifier une identité collective. Par conséquent, sa pédagogie s’est maintes et maintes fois retrouvée au cœur de débats politiques. Quoi enseigner et comment ? Qui mérite une place dans les manuels scolaires ? C’est une des raisons pour lesquelles cette discipline me fascine et me passionne. Elle est polémique et en constante évolution. L’histoire est vivante !

Durant mes quinze ans d’enseignement, j’ai observé en début d’année scolaire la réticence de plusieurs élèves à s’investir dans la matière. Ces adolescentes et adolescents étaient plutôt intéressés par des cours axés sur ce qu’ils perçoivent comme étant l’avenir : l’informatique et les technologies, par exemple. « Madame, pourquoi s’arrêter longtemps sur le passé ? À quoi ça sert ? » C’est le défi que je préfère surmonter : leur faire aimer l’histoire et leur démontrer qu’elle est la clé d’un avenir prometteur.

Je m’applique aussi à développer leur pensée critique en les amenant à explorer divers sujets et en cultivant leur empathie envers ceux et celles qui vivent des expériences différentes. En ce jour du Souvenir, prenons le temps, justement, de souligner le parcours de certains combattants et combattantes qui ont été écartés des legs militaires de notre pays.

Les films proposés ici nous éclairent sur la marginalisation des Autochtones et des Canadiennes et Canadiens d’origine chinoise lors de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que celle des femmes lors de la Première. Ces trois groupes ont été ostracisés avant et après les conflits, malgré leur contribution aux victoires des troupes canadiennes.

Les documentaires nous les montrent d’ailleurs envisageant avec optimisme de s’enrôler ou de s’impliquer. Dans plusieurs témoignages, nous apprenons qu’ils avaient l’espoir que leur courage, leurs efforts et leurs sacrifices leur permettraient de bénéficier des mêmes avantages que les autres citoyens et citoyennes à leur retour au pays, comme le droit de vote.

Ils ont alors fait preuve d’une double résilience : celle sur les champs de bataille et celle face à l’injustice dans le traitement de leur propre communauté. Bien que leur marginalisation ait persisté après les deux guerres mondiales, nous pouvons affirmer que leurs efforts ont fait avancer la cause de l’équité au Canada.

Même aujourd’hui, les témoignages de ces vétérans et vétérantes incitent les pédagogues à se pencher sur l’importance de l’inclusion dans l’enseignement de l’histoire canadienne aux futures générations.

Utiliser ces films de l’ONF en classe

Guerriers oubliés m’a particulièrement touchée. J’ignorais que mon arrière-grand-père était un guerrier notable. Effectivement, il a été écarté de mon histoire familiale quand mon père a été victime de la rafle des années 1960. Ce n’est que tout récemment que j’ai appris qui était mon arrière-grand-père et qu’il était un vétéran de la Première Guerre mondiale, décoré de la Médaille du jubilé du roi George V pour ses actions exceptionnelles.

Le film nous présente bien des exemples de guerriers autochtones engagés à défendre le Canada. Une mini-leçon l’accompagne et propose une excellente réflexion sur l’importance de connaître les injustices subies par ces héros. Nous pouvons étudier cette leçon le 8 novembre, lors de la Journée des vétérans autochtones.

Guerriers oubliés, Loretta Todd, offert par l’Office national du film du Canada

Avec Soldats de seconde classe, Jari Osborne raconte son expérience de fille d’ancien combattant. Son film révèle le racisme qui accable la communauté sino-canadienne de la Colombie-Britannique des années 1940. J’ai bien apprécié comment la cinéaste a abordé les défis que représentait pour son père le fait de parler avec elle de la guerre. Son histoire était cachée au sein du noyau familial, comme celle des soldats autochtones.

Les expériences de Jari Osborne permettent d’inviter les élèves à se questionner sur les enjeux familiaux liés au racisme. De plus, nous pouvons estimer qu’il y a une sous-représentation significative des Canadiennes et Canadiens d’origine chinoise dans nos manuels d’histoire. Un enseignant ou une enseignante d’histoire, de citoyenneté ou de science politique pourrait alors demander à ses élèves d’entamer une recherche pour repérer des moments importants et créer une ligne de temps.

Soldats de seconde classe , Jari Osborne, offert par l’Office national du film du Canada

Enfin, le moyen métrage And We Knew How to Dance: Women in World War I (anglais seulement) témoigne des expériences de douze ouvrières pendant la Première Guerre mondiale. Le film examine les réactions des Canadiens et Canadiennes à l’évolution des rôles genrés traditionnels suscitée par la guerre. Ce film s’intègre facilement dans les cours d’histoire, d’éducation civique et de justice sociale.

And We Knew How to Dance: Women in World War I, Maureen Judge, provided by the National Film Board of Canada

Pour résumer, en ce jour du Souvenir, favorisons l’inclusion de diverses perspectives dans nos leçons, notamment les cours d’histoire. Cherchons à faire sortir de l’ombre les nombreux récits exclus de la mémoire collective.

Nos élèves pourraient également mener des recherches sur d’anciens combattants et combattantes faisant partie d’autres groupes minoritaires, comme les personnes noires et les membres de la communauté 2ELGBTQI+.

Même si j’ai des adolescentes et adolescents différents devant moi chaque année, j’aime innover dans mes approches pédagogiques pour le jour du Souvenir. En 2023, pour la première fois, j’aurai l’honneur de partager avec mes élèves l’histoire de mon arrière-grand-père.

Christine est mère de deux enfants et enseigne à l’École secondaire catholique l’Horizon en Ontario. Elle détient un baccalauréat ès arts en études françaises et en histoire, un baccalauréat en éducation et une maîtrise en histoire. Franco-Autochtone passionnée par l’enseignement de l’histoire, Christine s’engage à faire réfléchir ses élèves sur l’application des valeurs d’équité et d’inclusion au quotidien, tout en s’impliquant elle-même dans divers projets reliés à l’éducation inclusive.

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