Marie-Victorin, visionnaire et avant-gardiste

Films

Si le récent reportage de Radio-Canada Le jardin secret de Marie-Victorin expose une nouvelle facette de la personnalité du célèbre botaniste (il a entretenu une surprenante correspondance sur la sexualité avec Marcelle Gauvreau pendant dix ans), ce dernier est surtout connu pour la création du Jardin botanique de Montréal en 1931 et pour son encyclopédie La flore laurentienne (1935).

Le documentaire de l’ONF Victorin, le naturaliste, de Nicole Gravel, qui est une évocation historique de la vie du frère Marie-Victorin, débute avec la correspondance qu’il entretenait avec sa grande sœur. En parallèle de la lecture de ces lettres, nous entendons les collègues de Marie-Victorin, ainsi que lui-même, alors qu’ils expliquent leurs démarches de travail.

S’insèrent également des images d’archives de l’époque de la vie du frère. C’est lorsque Marie-Victorin, très malade, se voit contraint d’annuler l’une de ses classes d’enseignement qu’il commence à étudier son environnement. Curieux, il va de découverte en découverte. Ainsi prend forme ce qui sera plus tard le livre La flore laurentienne. Le botaniste a parcouru le Québec afin d’en étudier la flore et de faire « l’étude d’un monde qui nourrirait son âme et sa liberté ».

Victorin, le naturaliste, Nicole Gravel, offert par l'Office national du film du Canada

Séjour cubain

Le frère Marie-Victorin, qui est très souvent malade, doit, sur les conseils de son médecin, aller se faire soigner dans un pays chaud pendant plusieurs mois. Destination : Cuba. C’est une joie pour le botaniste que de découvrir une nature autre que celle du Québec.

Malgré une santé chancelante, il voyagera beaucoup, de l’Europe à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. C’est cependant Cuba qui retiendra le plus son attention. Un ouvrage décliné en trois volumes, écrit en collaboration avec le frère Léon, verra le jour sous le titre Itinéraires botaniques dans l’île de Cuba.

Une influence importante

Encore aujourd’hui, l’influence du frère Marie-Victorin est palpable. Le Jardin botanique de Montréal a une réputation qui n’est plus à faire. Il rayonne partout dans le monde et a été nommé lieu historique en 2008. Quant à La flore laurentienne, cette encyclopédie demeure une œuvre phare, tant par sa rigueur que par sa poésie.