Souvenirs de Montréal | Perspective du conservateur

Souvenirs de Montréal | Perspective du conservateur

Souvenirs de Montréal | Perspective du conservateur

Il a beaucoup été question de Montréal ces derniers temps. La campagne électorale qui bat son plein depuis plusieurs semaines dans la métropole s’achève ce week-end. L’habitation, le transport en commun, l’économie et la sécurité ont été des thèmes maintes fois discutés. Mais Montréal, ce sont aussi ses quartiers, ses parcs et ses espaces verts, ses ruelles, ses restaurants, les grands événements qui s’y déroulent et, il faut bien le dire, ses hivers !

Notre collection de films en ligne, qui représente plus de 80 ans d’histoire, regorge d’images de Montréal. J’aimerais avec ce billet vous inviter à les découvrir. Je me suis inspiré des thèmes qui ont marqué la campagne électorale, mais aussi de toutes les caractéristiques qui font le charme de la ville francophone la plus peuplée d’Amérique.

Parcs et espaces verts

En 2010, le tout nouveau Studio interactif de l’ONF propose une visite interactive inédite du parc du Mont-Royal, Sacrée montagne. Cette œuvre d’Hélène de Billy et Gilbert Duclos témoigne des rituels profanes et sacrés qui ont lieu sur la montagne. Le jongleur (1980) de Thomas Vamos nous fait également voir des images du Mont-Royal par l’intermédiaire d’un jongleur, qui essaie de récupérer la balle qu’il a échappée en tentant d’impressionner les passants avec ses jongleries.

Le jongleur, Thomas Vamos, offert par l'Office national du film du Canada

Le film Au parc Lafontaine (1947) est un véritable voyage au cœur du Montréal des années 1940. Le cinéaste Pierre Petel nous transporte au célèbre parc situé dans le quartier du Plateau-Mont-Royal. On y voit ses plans d’eau, les embarcations qui y circulent, sa fontaine, ses passants, ses amoureux, ses petites familles, son jardin zoologique et sa scène de spectacle en plein air, tout cela accompagné par la musique du Trio lyrique.

Au parc Lafontaine, Pierre Petel, offert par l'Office national du film du Canada

Habitation et logements

La crise du logement à Montréal ne date pas d’hier. Les documentaires La P’tite Bourgogne (1968) de Maurice Bulbulian et Montréal – Retour aux quartiers (1974) de Michel Régnier en témoignent. Alors que le premier relate la lutte que mènent les résidents de la Petite-Bourgogne pour sauver leur quartier de la démolition, le second s’interroge sur les pratiques de la Ville quant à la construction et à la rénovation de logements sociaux. Deux films qui nous rappellent que les choses n’ont peut-être pas changé tant que ça !

La P'tite Bourgogne, Maurice Bulbulian, offert par l'Office national du film du Canada

Le transport

Alors que la télévision en est à ses débuts au Canada, l’ONF commence à tourner des reportages qui seront diffusés sur les ondes de Radio-Canada. La série Sur le vif invite le téléspectateur à suivre une équipe mobile de l’ONF au cours d’un reportage éclair sur un aspect de la vie canadienne. Circulation à Montréal – 1re partie (1955) et Circulation à Montréal – 2e partie (1955) de Bernard Devlin font partie de cette série. Dans ces deux épisodes, le reporter Gil LaRoche s’intéresse aux problèmes de circulation à Montréal. Pour ce faire, il rencontre à l’hôtel de ville de Montréal le maire, Jean Drapeau, et le directeur adjoint du Service de l’urbanisme, Charles-Édouard Campeau. Cette fois, ces deux films nous rappellent que les choses ont bien changé !

Circulation à Montréal (1re partie) , Bernard Devlin, offert par l'Office national du film du Canada

Ruelles et quartiers

En 2010, la cinéaste Shannon Walsh a l’idée de répéter l’expérience, menée par le cinéaste et producteur Hubert Aquin au début des années 1960, de faire, en une seule journée de tournage, le portrait du quartier Saint-Henri à Montréal. À l’époque, cela avait donné À Saint-Henri le cinq septembre (1962), un film que beaucoup considèrent comme un classique. La documentariste originaire de London, en Ontario, s’est entourée de 11 cinéastes québécois, dont Anaïs Barbeau-Lavalette et Claude Demers, pour réaliser À St-Henri, le 26 août (2011). Si le quartier a bien changé depuis 50 ans, il est tout de même resté bien enraciné dans son passé industriel.

À St-Henri, le 26 août, Shannon Walsh, offert par l'Office national du film du Canada

Trois films charmants nous permettent de découvrir ce qui, depuis fort longtemps, fait le charme de Montréal : ses ruelles. Dans Comptines (1975), la cinéaste Manon Barbeau capte des images de jeunes filles qui sautent à la corde à danser, à l’élastique, jouent au bolo et au ballon dans les ruelles d’un quartier populaire, tout en récitant des comptines. Au bout de ma rue (1958) de Louis-Georges Carrier nous entraîne dans le quartier Centre-Sud, en suivant un jeune garçon qui, au bout de sa rue, découvre un monde qu’il ne soupçonnait pas. Enfin, le court métrage de fiction Paow, paow, t’é mort ! (1974) de Robert Poirier met en scène, à la manière d’un western spaghetti, des gamins qui jouent aux cowboys, dans la ruelle derrière chez eux.

Comptines, Manon Barbeau, offert par l'Office national du film du Canada

Les restaurants

Les nombreux restos ainsi que leur étonnante variété font sans contredit la réputation gourmande de Montréal. Déjà dans les années 1960, les cinéastes Louis Portugais et Gilles Carle nous en donnaient une idée avec leur documentaire Manger (1961), une réflexion étonnante sur notre besoin de se nourrir. Dans un court métrage de fiction, André Brassard et Michel Tremblay ont choisi, eux, de montrer les difficiles conditions de travail de celles sans qui les restaurants ne pourraient fonctionner : les serveuses. Françoise Durocher, waitress (1972) est le premier film du tandem Brassard-Tremblay, qui s’est surtout illustré au théâtre.

Françoise Durocher, waitress, André Brassard, offert par l'Office national du film du Canada

Les événements

Que serait Montréal sans ses grands événements ? Et que serait Montréal sans son équipe de hockey ? Le cinéaste Gilles Groulx connaissait l’importance des Canadiens de Montréal et du hockey. En 1964, il réalise un film magistral sur notre sport national, Un jeu si simple. Deux grands événements qui font partie intégrante de l’histoire de Montréal ont aussi été immortalisés par des cinéastes de l’ONF : l’Expo 67 et les Jeux olympiques d’été de 1976. Objectif : Expo 67 (1967) de William Brind nous emmène faire un tour sur le site de l’exposition universelle, tandis que Jeux de la XXIe olympiade (1977) de Jean-Claude Labrecque, le film olympique officiel, nous permet de revivre « à hauteur d’homme » les exploits réalisés par les athlètes durant les deux semaines de compétitions.

Objectif : Expo 67, William Brind, offert par l'Office national du film du Canada

La saison froide

Et que dire de l’hiver montréalais ? On s’étonne de ne pas le voir beaucoup dans les films de notre collection. « C’est déjà difficile de le vivre chaque année, pas nécessaire de le montrer en plus ! » clameront certains. Quoi qu’il en soit, il est bien présent dans nos films. Le cinéaste Gilles Carle en a même fait un personnage dans son premier long métrage de fiction, La vie heureuse de Léopold Z (1965). Il suffit d’imaginer à quoi ressemblerait le film sans cette tempête de neige qui s’abat sur la ville la veille de Noël pour s’en convaincre. Enfin, il faut voir Déneigement (1956) de Leslie McFarlane, une docufiction sur l’enlèvement de la neige à Montréal dans les années 1950. Un film sur une époque révolue qui saura ravir les plus nostalgiques !

Déneigement, Leslie McFarlane, offert par l'Office national du film du Canada

Je vous invite à visionner quelques films de cette sélection. Et si jamais vous n’avez pas assez de temps, vous pouvez toujours vous tourner vers le magnifique documentaire de Luc Bourdon La mémoire des anges (2008), qui contient des images du Montréal des années 1950 et 1960, tirées de plus d’une centaine de films de l’ONF.

Bonne visite !

La mémoire des anges, Luc Bourdon, offert par l'Office national du film du Canada

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  1. J’étais loin d’être né et encore plus loin de connaître le Montréal du milieu du 20e siècle, mais il y a quelque chose dans la cinématographie des films de l’ONF de cette époque qui me rend nostalgique tout de même. Peut-être parce que le Montréal d’aujourd’hui n’est pas si différent de celui d’hier.

    — j.bouchard,

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