Mini-leçon – À pleine voix

Mini-leçon – À pleine voix

Mini-leçon – À pleine voix

Mini-leçon – À pleine voix : Déconstruire et contrer l’islamophobie fondée sur le genre

Matières scolaires :

  • Diversité — diversité dans les communautés
  • Éducation civique ou à la citoyenneté — droits de la personne
  • Éthique et culture religieuse — diversité religieuse, patrimoine religieux
  • Études sociales — enjeux actuels

Âge recommandé : 11 ans et plus

À pleine voix, Saida Ouchaou-Ozarowski, offert par l'Office national du film du Canada

Mots-clés/sujets : Musulmanes, islam, islamophobie, diversité, identité, religion, genre, spiritualité, stéréotypes, culture, intersectionnalité

Avertissement : Ce cours requiert une approche qui tient compte des traumatismes. Bien des élèves de confession musulmane se sont déjà heurtés à l’islamophobie dans divers aspects de leur vie. Inversement, il n’est pas rare que des élèves non musulmans aient des opinions islamophobes. Il sera également judicieux de leur présenter des exemples de lois et de politiques islamophobes, ainsi que d’actes haineux perpétrés contre des personnes de confession musulmane. Mieux vaudrait également rappeler à l’ensemble des élèves les lignes directrices et les ententes établies en classe à propos des discussions portant sur des sujets délicats.

Question directrice : En quoi la compréhension du vécu particulier et des expériences diverses des musulmanes peut-elle nous permettre de déconstruire et de contrer le racisme antimusulman ?

Synopsis pédagogique : À pleine voix va à la rencontre de six Canadiennes de confession musulmane prêtes à discuter de ce qui a façonné leur identité. Chacune d’elles, en racontant la façon dont elle combat les stéréotypes et l’islamophobie, nous fait partager son rapport personnel à la spiritualité, à la culture, à la communauté et à la joie. Le film souligne l’importance de reconnaître la diversité des parcours des musulmanes et d’écouter chacune de ces femmes nous révéler ce que la foi et la liberté signifient pour elle.

Avant la présentation du film, une mise en contexte générale — portant par exemple sur l’islamophobie, l’islamophobie fondée sur le genre, le racisme antimusulman — favorisera une meilleure participation des élèves. Il sera également judicieux de leur présenter des exemples de pratiques ou des propos islamophobes, ainsi que d’actes haineux perpétrés contre des personnes de confession musulmane. Mieux vaudra aussi définir certains termes : hijab, patriarcat, monolithique, pluralité, diversité, etc.

Activité 1 : Examiner la notion d’identité

Matière à réfléchir : Avant de commencer, examinez la définition du terme « identité ». Avec des élèves plus âgés, il sera également utile de définir le concept d’intersectionnalité. Dans le cadre de cette activité, les élèves répondent aux questions qu’a formulées leur enseignant ou enseignante en vue d’évaluer leurs connaissances préalables. On pourra par exemple leur demander : Quels sont les aspects importants de votre identité ? Nommez des facteurs sociaux et culturels qui influent sur l’identité des gens.

Réfléchir-discuter-partager : En ayant à l’esprit leur propre identité ou celle d’un personnage de fiction complet et bien équilibré, les élèves réfléchissent à la question suivante : De quoi une personne a-t-elle besoin pour faire en sorte que son identité soit intégrée et positive ? S’ils peinent à répondre à cette question, ils peuvent s’inspirer des propos de Sonia sur le parcours qui l’amène à « recoller les morceaux qui étaient brisés chez [elle] ». Les élèves réfléchissent seuls, puis discutent de leurs réponses deux à deux, et partagent ensuite leurs conclusions avec l’ensemble de la classe.

Consolider : Les élèves synthétisent cet apprentissage dans une réflexion qui pourra prendre la forme d’un texte, d’une présentation orale (création d’un enregistrement sonore ou vidéo) ou d’un dessin. Leur réflexion doit demeurer centrée sur la question de l’identité : De quoi une personne a-t-elle besoin pour faire en sorte que son identité soit intégrée et positive ? Quel rapport ce processus a-t-il avec le film, et avec moi personnellement ?

En résumé : La séquence dans laquelle on nous présente Sonia nous invite à réfléchir au fait que les stéréotypes négatifs visant les personnes de confession musulmane l’ont poussée à rejeter certains aspects de son identité. Le film nous montre ensuite que l’expression de soi, les amitiés et la compréhension de ce que signifie la diversité lui ont permis de réintégrer son identité. Bien des jeunes se reconnaîtront, à divers degrés, dans cette démarche. Cette activité incitera les élèves à aborder le film sous un angle très personnel. En établissant un lien entre leur propre vécu et celui de Sonia, ils seront prêts à approfondir les questions entourant l’islamophobie fondée sur le genre.

Activité 2 : Examiner la notion de diversité

Matière à réfléchir : Sur Jamboard, Mentimeter (nuage de mots) ou sur une autre plateforme interactive en ligne, les élèves répondent par un mot ou une phrase à la question qui suit : Que veut dire respecter et apprécier la diversité ?

Formuler des questions d’entrevue : En équipes de trois, les élèves choisissent l’une des protagonistes du film (Eman, Kenza, Loubna, Farheen, Sonia ou Asmaa), puis rédigent cinq questions d’entrevue ouvertes à partir de ce qu’a révélé cette personne dans le documentaire. L’enseignant ou l’enseignante aide les élèves à formuler des questions qui favorisent l’approfondissement de certains thèmes, dont la spiritualité, la famille, l’expression de soi, la communauté, le racisme, la justice, la culture et la joie. Les questions doivent refléter la curiosité des élèves et l’intérêt qu’ils portent à la diversité du vécu des musulmanes.

Consolider : Les élèves discutent de leurs questions avec une autre équipe, puis présentent à la classe leurs trois questions les mieux formulées. L’ensemble de la classe revient alors au contenu du tableau Jamboard ou Mentimeter pour échanger sur le fait que la curiosité dont nous faisons preuve devant certains aspects précis de la vie des musulmanes nous aide à apprécier la diversité de leurs expériences.

En résumé : S’ouvrir à la diversité fait obstacle à la vision étroite qui nous pousse à catégoriser les gens. Une scène du film nous montre des femmes musulmanes venues d’une diversité d’horizons qui discutent du sens que revêt pour elles leur spiritualité. Il ressort de leur conversation que chacune souhaite avoir la liberté d’exprimer sa foi dans tous les aspects de sa vie. Cette activité favorise la compréhension des histoires que présente le film et la mise en relation de cet apprentissage avec le thème de la diversité du vécu des musulmanes.

Activité 3 : Exercer son esprit critique

Matière à réfléchir : L’enseignant ou l’enseignante présente le concept d’islamophobie fondée sur le genre. Les élèves inscrivent trois exemples d’islamophobie fondée sur le genre qui leur viennent spontanément à l’esprit.

Effectuer une recherche d’images : La classe est divisée en deux groupes. Individuellement, chaque élève du premier groupe s’emploie à trouver une image qui renforce l’islamophobie fondée sur le genre. Chaque élève du deuxième groupe cherche une image — réalisée par une musulmane — qui fait obstacle à l’islamophobie fondée sur le genre. Guidés par l’enseignant ou l’enseignante, les élèves discutent de quelques-unes de ces images afin d’apprendre à exercer leurs capacités d’analyse.

Consolider : Les élèves effectuent une analyse critique de leur image au moyen d’une rédaction, d’un enregistrement ou d’une autre création. Leur travail doit aussi comprendre une évaluation de l’image qui explique en quoi celle-ci contribue à entretenir l’islamophobie fondée sur le genre ou à la contester. Les élèves font part de leurs réponses à la classe.

En résumé : La séquence portant sur Kenza met en relief l’influence puissante des images sur la perception qu’ont les non-musulmans des gens de confession musulmane. Cette activité consiste pour les élèves à se servir de leurs capacités d’analyse pour recenser les stéréotypes et les relier aux préjudices constants que subissent les musulmanes dans la culture au sens large. Même s’il importe d’exercer cet esprit critique, il faut également, comme l’illustre le film, écouter ce que les femmes musulmanes nous disent à leur propre sujet. Voilà pourquoi, dans le cadre de cette activité, les élèves doivent aussi trouver des exemples de représentations visuelles qui ont été réalisées par des musulmanes et font obstacle aux stéréotypes.

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Raneem Azzam

Titulaire d’un doctorat en Social Justice Education de la Faculté d’éducation de l’Université de Toronto, Raneem Azzam enseigne actuellement au secondaire et est directrice adjointe des programmes Equity for Education et Community Partnership du Conseil scolaire du district de Toronto. Elle préside également le comité sur l’équité de la Muslim Educators of Toronto Association.

À propos de la META

La Muslim Educators of Toronto Association (META) se compose d’un groupe diversifié d’employées et employés du Conseil scolaire du district de Toronto s’identifiant à la religion musulmane. Les membres de l’association collaborent pour faire en sorte que l’identité musulmane des élèves, des familles et du personnel soit comprise, soutenue, affirmée et valorisée. En réponse à l’islamophobie qui ne cesse de se manifester au Canada, la META a été formée en 2021 pour faire face au racisme antimusulman, y mettre un terme et contribuer à créer des espaces éducatifs plus équitables.

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