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Mini-leçon — Ruse ou traité ?

Mini-leçon — Ruse ou traité ?

Mini-leçon — Ruse ou traité ?

Mini-leçon — Ruse ou traité ?

Matières scolaires :

Sciences humaines – Enjeux contemporains
Éducation civique ou à la citoyenneté – Gouvernements provincial et fédéral
Études autochtones – Histoire/politique

Âge recommandé : 14 ans et plus

Ruse ou traité?, Alanis Obomsawin, offert par l’Office national du film du Canada

Mots clés/sujets : Traités, Premières Nations, droits de la personne, Autochtones, relations, négociation, promesses, histoire orale, droits constitutionnels, Loi sur les Indiens

Question directrice : Les peuples des Premières Nations considèrent les traités comme des ententes vivantes, solennelles, où la réciprocité, le respect mutuel et l’honnêteté doivent régner. Selon eux, quand on passe un accord, on devient des membres d’une seule famille. D’après vous, quelles sont les actions concrètes que la population non autochtone doit entreprendre pour honorer les promesses et les engagements négociés et contenus dans les traités ?

Synopsis pédagogique : Les activités proposées autour du film Ruse ou traité ?, d’Alanis Obomsawin, cherchent à faire comprendre aux élèves l’esprit et l’intention des traités dans un contexte de relation de nation à nation entre les peuples autochtones, la Couronne britannique et le gouvernement canadien. Les élèves discuteront du contexte dans lequel les traités numérotés ont été négociés, interprétés et signés, en comparant les différentes positions en regard de la tradition orale et de l’histoire écrite. L’objectif est de permettre aux élèves et à tous les Canadiens de prendre conscience des promesses faites, ainsi que des mythes et des torts historiques qu’a engendrés le non-respect par les gouvernements de l’esprit des ententes conclues avec les Premières Nations au Canada.

Activité 1 : La situation actuelle

Avant de visionner l’extrait, les élèves se répartiront en petits groupes et dresseront une liste de conditions requises pour nouer une relation d’où les deux parties sortiront heureuses et satisfaites (cinq minutes). Toute la classe se réunira ensuite en cercle pour partager ces conditions.

Par la suite, les élèves effectueront une recherche sur les traités numérotés. Ils devront :

  • trouver une carte géographique qui présente les territoires inclus dans chacun des traités numérotés ;
  • mettre en lumière certains droits négociés dans les traités ;
  • situer le territoire inclus dans le Traité no9 ;
  • situer la communauté d’Attawapiskat.

Extrait à visionner (0:24-2:07) : Conférence de presse avec Shawn Atleo, chef de l’Assemblée des Premières Nations en 2012

Dans un texte de réflexion, les élèves exposeront leurs pensées et leurs hypothèses par rapport aux questions suivantes :

  • Quelle est la définition du mot « traité »[1] ?
  • Selon vous, comment le Canada a-t-il tiré profit des traités ?
  • D’après les propos de Shawn Atleo, quelles sont les conséquences du non-respect par les gouvernements du Canada de leurs engagements envers leurs partenaires que sont les peuples des Premières Nations ?
  • Pourquoi pensez-vous que les peuples des Premières Nations n’ont pas profité également des traités ?
  • Quelles seraient les solutions que vous proposeriez pour corriger ces injustices ?

Résumé

Par cette activité, les élèves prendront connaissance des concepts de colonisation et de traités numérotés, ainsi que des différentes conséquences des traités pour les parties signataires. Il est important que les élèves comprennent que, pour les Premières Nations :

  • les traités sont des engagements solennels ayant pour témoin le Créateur ;
  • elles n’ont jamais cédé les terres, leur interprétation étant que ces terres et leurs ressources seraient partagées équitablement, dans un esprit de durabilité et de respect de la nature ;
  • ces ententes ont été signées avec la promesse qu’elles seraient réciproques et profiteraient également aux deux parties signataires.

En réfléchissant aux conditions entourant la négociation de ces accords historiques, entre autres à celle de réciprocité, valeur importante pour le succès d’une relation saine et équitable, les élèves pourront mieux comprendre que, sans les traités, leurs ancêtres n’auraient pas eu le droit de s’établir sur le territoire et de profiter de ses ressources. En outre, nous voulons que les élèves comprennent qu’en ignorant les promesses faites lors de la négociation des traités, le Canada et ses provinces ont rompu leur contrat avec les Premières Nations et qu’une dette historique à leur égard s’est accumulée. Nous espérons que les élèves réaliseront que ces ententes historiques influencent énormément notre société contemporaine en contribuant largement au développement économique du Canada, le plus souvent au détriment des peuples des Premières Nations.

Activité 2 : Tout est dans les mots…

Avant de visionner l’extrait du film, les élèves discuteront brièvement de ces questions en plénière dans un cercle de partage :

  • Quelles sont les conséquences du non-respect de promesses ?
  • Est-ce qu’une promesse orale est aussi importante qu’une promesse écrite ? Expliquez brièvement votre façon de penser.

Extrait à visionner (36:50-48:38)

Partie A : Après avoir vu l’extrait, les élèves discuteront dans un cercle de partage de la question suivante :

  • Pourquoi, selon vous, les Cris et les Anishinaabe de l’Ontario croient-ils que le Traité no9 est une ruse ?

Partie B :

  • Séparez la classe en petits groupes.
  • Dans ces petits groupes, les élèves devront créer une scène de théâtre de moins de cinq minutes qui montre comment le Canada aurait été si l’on avait respecté la version orale du Traité no9

Résumé

Cette activité cherche à démontrer l’importance de l’histoire orale pour les peuples des Premières Nations. Les mots et les paroles sont essentiels et inhérents à la moralité, à l’éthique, à la spiritualité, aux traditions et aux cultures autochtones. Pour les Cris et les Anishinaabe de l’Ontario, le Traité no 9 est un engagement solennel basé sur la pierre angulaire que sont les promesses orales. Malheureusement, les représentants du gouvernement canadien ont pu berner leurs partenaires autochtones en privilégiant une version écrite qui contenait très peu de ce qui avait été vraiment négocié.

Activité 3 : Une marche commune vers l’avenir ?

Extrait à visionner (56:06-1:04:14)

Les élèves discuteront de la question suivante dans un cercle de partage :

  • D’après vous, pourquoi la réalisatrice Alanis Obomsawin a-t-elle gardé la marche des jeunes pour la fin de son film ?

Dans l’extrait, on voit des centaines de jeunes Autochtones marcher pour sensibiliser les Canadiens à l’importance d’honorer les promesses incluses dans les traités négociés avec les Premières Nations. Cette marche a mené à une redécouverte de la fierté culturelle et a su raviver l’espoir que les gouvernements, en honorant l’intention des traités, offriront la chance d’un avenir meilleur pour cette jeunesse autochtone.

En cercle de partage, les élèves créeront un texte expliquant en quoi, selon eux, ils ont personnellement profité de la signature des traités avec les peuples des Premières Nations.

Par la suite, ils rédigeront une réflexion personnelle à partir de ces questions :

  • Est-ce que vous pensez que les enfants autochtones ont profité historiquement des traités ? Expliquez pourquoi.
  • Que proposeriez-vous aux politiciens pour garantir que les jeunes Autochtones puissent jouir des promesses faites dans les traités ?

Résumé

Le but de l’activité est de faire prendre conscience aux élèves qu’ils ont tous largement profité des traités. Plusieurs privilèges ont été acquis par les ancêtres des enfants non autochtones, comme l’accès aux nombreuses ressources naturelles qui sont source de richesse pour toutes les provinces. Sans les redevances et les impôts accumulés grâce à ces ressources, la majorité de leurs droits et de leurs privilèges, comme l’éducation et les services de santé, seraient inexistants. Nous voulons aussi qu’ils apprennent qu’il n’en a pas été de même pour les jeunes des Premières Nations, malgré le fait que l’objectif des traités était d’atteindre un vrai niveau de réciprocité. Nous souhaitons enfin qu’ils comprennent que ces accords sont vivants, et qu’ils ont eux-mêmes un rôle important à jouer pour que les promesses faites à l’oral et à l’écrit soient respectées à l’avenir. C’est une question de justice et d’équité.

Passer à l’action : Les traités, un engagement collectif

En groupe, les élèves effectueront d’abord une recherche sur les traités signés sur le territoire dans lequel ils se trouvent. Cela étant fait, ils créeront un projet communautaire pour éduquer les membres de leur communauté scolaire au sujet des accords signés sur leur territoire. L’objectif final est que le projet pousse la communauté scolaire à accomplir des gestes concrets pour en arriver au respect des promesses contenues dans ces traités, qui sont encore des ententes en vigueur.

Le but de l’éducation est d’utiliser les connaissances et les habiletés acquises pour parvenir à un monde meilleur. En organisant un projet communautaire, les élèves deviendront des agents de changement. En éduquant les membres de leur communauté au sujet des traités, ils réaliseront qu’ils sont eux aussi garants du respect de ces accords. En effet, les traités sont des ententes en vigueur avec des conséquences actuelles, et nous sommes tous responsables d’en garantir le respect. Les élèves peuvent jouer un grand rôle de conscientisation pour qu’on puisse, comme société, respecter l’esprit et l’intention des promesses contenues dans les traités. En honorant les traités et leurs engagements, les non-Autochtones pourraient grandement contribuer au processus de réconciliation.

 

Métis francophone du Manitoba, Joël Tétrault est présentement enseignant de perspectives autochtones dans la Division scolaire Louis-Riel, à Winnipeg. Enseignant passionné, il travaille dans le domaine de l’éducation depuis maintenant 18 ans. Il a principalement donné des cours sur l’histoire du Canada, les perspectives autochtones, le droit et l’étude de films francophones. Pour Joël, enseigner, c’est outiller les élèves et les inciter à agir afin d’améliorer notre société et de la rendre plus équitable et juste pour tous et toutes.

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