Comment nous avons sélectionné 80 œuvres marquantes de l’ONF

Comment nous avons sélectionné 80 œuvres marquantes de l’ONF

Comment nous avons sélectionné 80 œuvres marquantes de l’ONF

L’ONF célèbre cette année ses 80 ans d’existence! Afin de souligner l’événement, je vous propose une sélection de 80 œuvres marquantes. Mais comment sélectionner 80 productions parmi une collection qui en compte près de 13 000?

Quelques titres vous viennent peut-être en tête? Mon oncle Antoine (1971) de Claude Jutra, La vie heureuse de Léopold Z (1965) de Gilles Carle, On est au coton (1970) de Denys Arcand ou Pour la suite du monde (1962) de Michel Brault et Pierre Perrault. Rassurez-vous! Les quatre films font partie de ma sélection.

Mais que choisir ensuite?

Depuis une quinzaine d’années, mon travail de conservateur de collection m’amène à voir beaucoup de films. Je visionne les nouvelles productions, mais aussi des films de la collection des années 1940 aux années 2010. De l’animation, du documentaire, de la fiction et des œuvres interactives. Des courts, des moyens et des longs métrages. J’en suis à plus de 5 000 films!

Je suis donc partie de l’idée de proposer une liste de films qui inclurait tous les genres, toutes les durées et toutes les époques. Bien entendu, ces choix sont éminemment subjectifs et je ne m’attends pas à ce que ma liste fasse l’unanimité. Il m’a fallu aussi m’en tenir aux films accessibles gratuitement en ligne. J’ai également voulu privilégier des films issus des studios du Programme français, bien que je n’aie pu écarter, comme vous le constaterez, certaines productions anglaises.

Je me suis d’abord tourné vers des films forts de cinéastes dont le passage a marqué l’institution. Je pense, entre autres, au Chat dans le sac (1964) de Gilles Groulx, à La bête lumineuse (1982) de Pierre Perrault, au Mouton noir (1992) de Jacques Godbout, au film Le confort et l’indifférence de Denys Arcand, à J.A. Martin, photographe (1976) de Jean Beaudin et à La plante humaine (1996) de Pierre Hébert.

Barbara Ulrich, Gilles Groulx et Jean-Claude Labrecque lors du tournage du Chat dans le sac.

Les grands films des réalisatrices, qui ont joué un rôle essentiel dans la production de l’ONF, ont aussi été sélectionnés. Mentionnons, notamment, Les filles du Roy (1974) d’Anne Claire Poirier, Quatre femmes d’Égypte (1997) de Tahani Rached, Kanehsatake, 270 ans de résistance (1993) d’Alanis Obomsawin, dont la contribution au cinéma autochtone reste majeure, Le chapeau (1999) de la cinéaste d’animation Michèle Cournoyer et Les enfants de Refus global (1998) de Manon Barbeau.

Je me suis également intéressé aux films qui avaient reçu des prix prestigieux. Difficile d’ignorer les films oscarisés Voisins (1952) de Norman McLaren, Le château de sable (1977) de Co Hoedeman, Le poète danois (2006) de Torill Kove, ou encore de ne pas considérer La faim (1973) de Peter Foldès et Âme noire (2000) de Martine Chartrand, respectivement gagnants d’un prix à Cannes et à Berlin.

Le poète danois

J’ai voulu aussi inclure des films qui ont repoussé les limites du documentaire ou de l’animation à leur époque, comme Les raquetteurs (1958) de Gilles Groulx et Michel Brault, Very Nice, Very Nice (1961) d’Arthur Lipsett ou Ryan (2004) de Chris Landreth, pour ne mentionner que ces titres.

J’ai fait également place à des productions plus récentes, comme La part du diable (2017) de Luc Bourdon, La marche à suivre (2014) de Jean-François Caissy ou Le sujet (2012) du cinéaste d’animation Patrick Bouchard.

Enfin, j’ai gardé quelques places pour des films moins connus, mais qui valent le détour. Je pense à La vraie vie (1971) de Jacques Vallée, un petit bijou tout droit sorti des années 1970, à Un dimanche à 105 ans (2007) de Daniel Léger, qui reste, à ce jour, un des films les plus vus et les plus aimés sur ONF.ca et à La cité de Notre-Dame (1942) de Vincent Paquette, le premier film de l’ONF tourné par une équipe française.

Je vous invite à consulter la liste des 80 productions.

Pour en savoir plus sur l’ONF, lisez mon billet sur les circonstances qui ont mené à la création de l’institution à la fin des années 1930. Vous pouvez également consulter la liste des 80 œuvres marquantes du côté anglais, sélectionnées par mon collègue Albert Ohayon, conservateur de collection.

Ajouter un commentaire

Commenter