D’Odanak au Vietnam, découvrez l’histoire émouvante de Gene Boy

D’Odanak au Vietnam, découvrez l’histoire émouvante de Gene Boy

D’Odanak au Vietnam, découvrez l’histoire émouvante de Gene Boy

Eugene « Gene Boy » Benedict a grandi dans la réserve autochtone d’Odanak, à l’est de Montréal, avant de la quitter à l’adolescence pour aller aux États-Unis, où il a travaillé dans le secteur de la construction. Peu après, il s’est engagé dans la marine américaine et s’est retrouvé au front au Vietnam. La réputée cinéaste Alanis Obomsawin raconte son histoire dans Gene Boy revient chez lui.

Élevé par son grand-oncle et sa grand-tante, Gene a quitté la réserve il y a longtemps, n’y voyant pas de perspectives d’avenir. Ce n’est qu’au terme de plusieurs années d’errance qu’il y est revenu, souffrant de stress post-traumatique après deux ans passés à la guerre.

À présent chauffeur d’autobus scolaire, le vétéran nous explique à quel point le camp d’entraînement des marines l’a désensibilisé et endoctriné pour le préparer à aller au front. Soutenu par des images de la guerre, le récit de Gene décrit la vie de soldat et comment il a été laissé à lui-même après ses années au combat.

Gene Boy revient chez lui, Alanis Obomsawin, offert par l'Office national du film du Canada

Renouer avec ses racines

À son retour, il s’est senti rejeté, les gens autour de lui le craignant. Il ne réussissait pas à garder un emploi, se voyait tel un étranger et ne se sentait pas du tout prêt à retourner à une vie normale.

Il a fini par développer des idées suicidaires. Son espoir de guérison résidait dans sa petite fille de deux ans. Grâce à des traitements, il a pu apprendre à vivre avec son syndrome de stress post-traumatique, qui le suivra malheureusement toute sa vie.

C’est seulement seize ans après la fin de son expérience de soldat que Gene a appris qu’il avait droit à un dédommagement financier pour les blessures physiques et psychologiques subies.

La vie de cet ancien combattant n’a pas été de tout repos, mais le fait de revenir sur les terres de son enfance a été bénéfique pour lui. Il a renoué avec ses racines, et le contact avec les enfants dans le cadre de son travail lui a permis de retrouver la joie de vivre. On le voit en forêt se souvenir de sa jeunesse, de moments heureux.

Ce documentaire humain et touchant montre la nécessité de prendre soin des anciens soldats, pour qu’ils puissent, à leur rythme, réintégrer la société.

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  1. Je suis une Abénaquise d’Odanak, j,ai connu Gene Boy….Une seule et unique fois, il m,a parlé de lui et j,ai pu voir à quel point cette guerre l,avait marqué au fer rouge donc l,enfer comme il le disait si bien. Une souffrance terrible émanait de cet homme au coeur plus tendre qu,il ne voulait ou pouvait le montrer. Il s’était créé une carapace de façon a bloquer tous les souvenirs qui le tuait a court et long terme mais ceux ci venaient régulièrement le hanter.Un homme qui n,a pas eu peur de dire les vraies choses, les vraies mots sans omettre l,horreur et les séquelles que cette guerre du Vietnam avait laissé en lui et a tous ses frères d,armée. Là où tu es maintenant Eugene, tu as retrouvé cette paix qui ne t,a pas accompagné une grande partie de ta vie et comme tes confrères, tu méritais de connaître une paix infinie.

    — managuan.nativecraft,
  2. j’ai connu cette personne et malgré sa souffrance et son passer il etait un homme de coeur

    — richard,
  3. Merci pour ce merveilleux documentaire qui démontre vraiment l’endoctrinement

    — Christine Godon,
  4. Documentaire remarquable; très touchant avec beaucoup de sensibilité. Très content de l’avoir tout regardé. Mon père a participé à la guerre de Corée !950-52. Il n’était pas dans l’infanterie mais dans l’administration: la gestion et la paye.
    Il est devenu officier et il y est resté pour ±20 ans, suivi de 20 ans dans l’enseignement d’école secondaire. Il était irlandais
    marié à une québécoise deux ans avant la guerre (trois enfants dont moi, le plus vieux). À partir de mon adolescence (la période peace and love) je me suis ± radicalisé, le seule de la famille d’ailleurs. Je me suis attaché à mes racine maternelle québécoise
    au grand désarroi de ma famille, sauf ma mère.

    Merci encore pour ce documentaire….Brian

  5. Film extraordinaire pour une femme comme moi, PACIFISTE. Tout comme l’était Albert Camus. Tout en étant de gauche, il refusait autant les guerres staliniennes que celles menées par les pays capitalistes. Telle a été sa position dans la guerre de libération nationale en Algérie. Sartre et son clan l’ont fustigé pour cela. Il n’a pas bronché. Moi non plus. Comme le héros Abénaki du présent film. Il faut travailler à réaliser cette UTOPIE. Sans cela, rien ne changera. Les loups continueront de massacrer les peuples. D’enbrigader les jeunes en les brisant moralement pour en faire des tueurs d’innocents dans l’enfer des guerres, menées à leur profit. Ils en ont fait de la chair à canon. Même s »ils ne sont pas morts au combat, une fois brisés et abandonnés par eux, ils continuent à vivre l’enfer en raison de tout ce qu’ils ont vu, vécu et fait vivre CRUELLEMEBT. Grand merci pour ce beau film nous donnant accès à un homme bon brisé par la guerre du Vietnam et l’abomidable « formation » donnée par l’armée américaine. Briser les êtres pour en faire « des soldats-tueurs d’hommes, de femmes et d’enfants qui sont des victimes comme toi »

    — Claire Beauchemin,

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