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Au nom de l’objectivité des journalistes

Au nom de l’objectivité des journalistes

Au nom de l’objectivité des journalistes

Le milieu des médias vit une crise depuis quelques années et de grands quotidiens québécois tels Le Devoir et La Presse ont, à cet égard, connu de profonds bouleversements. La demande pour le journal papier a fléchi et le numérique a changé notre façon de communiquer et de recevoir l’information. Avec Feu l’objectivité, Jacques Godbout soulève la question de l’objectivité, qui est au cœur du métier de journaliste.

Le documentaire nous transporte à la tribune de la presse de l’Assemblée nationale, où des journalistes s’installent afin d’entendre le premier ministre René Lévesque répondre à leurs interrogations. Il est notamment question de la différence des réactions de l’homme politique selon qu’il s’exprime en français ou en anglais.

Le devoir d’objectivité

Pour certains journalistes, les réponses de Lévesque sont plus intéressantes et plus claires dans la langue seconde, car «il va directement au but». Mais que l’article soit rédigé en anglais ou en français, le journaliste a le devoir d’être objectif et de ne pas céder au piège de la citation sortie de son contexte.

Feu l’objectivité, Jacques Godbout, offert par l’Office national du film du Canada

Cela s’avère parfois ardu, car certains médias anglophones travaillent avec des moyens électroniques pour faire de courtes capsules de moins d’une minute et le résultat doit être dynamique. Le politicien, très au fait de l’existence de cette façon de fonctionner, sait qu’il doit, en quelque sorte, donner un bon spectacle à la presse qui va relayer l’information.

Pour les personnes interviewées dans le documentaire, l’objectivité du journaliste a souvent à voir avec la culture. Pour plusieurs, le fait d’avoir grandi dans un milieu bilingue est constitutif de leur personne et vient donc teinter leurs opinions politiques et, forcément, leur travail.

Et avec le temps peut également s’installer un certain cynisme chez ces journalistes, qui sont, ne l’oublions pas, des citoyens.

Mise en contexte : À l’époque de la parution du documentaire, le Québec était à l’aube du référendum de 1980. Le milieu journalistique était alors fortement ébranlé et divisé.
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