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Arile et Matanda : un marathon d’obstacles

Arile et Matanda : un marathon d’obstacles

Arile et Matanda : un marathon d’obstacles

Au Kenya, le gouvernement a mis en place un projet de réhabilitation pour encourager bandits et criminels à réintégrer la société : échangez votre arme contre des chaussures de course, et vous pourriez participer à des marathons potentiellement fort lucratifs. Finie la vie de bandit à voler des vaches et à être poursuivi par la police, voici une occasion d’entreprendre des initiatives plus légitimes.

Composé de moments forts, tendres, tristes et tendus, le documentaire Arile et Matanda (Gun Runners) d’Anjali Nayar suit les parcours asymétriques de deux frères d’armes : Julius Arile, calme, souriant et motivé, d’un coté, et Robert Matanda, plus cynique, fier de son passé violent, ouvertement corrompu et visiblement jaloux des petites victoires successives de Julius.

 

Ceci dit, ces petites victoires ne viennent pas sans leurs lots d’épreuves. Si Arile semble plus sage que son confrère Matanda, qui dilapide les économies familiales pour participer à des élections locales, il n’est pas non plus l’exemple parfait d’engagement. Se sentant peut-être humilié à cause de ses postures de débutants, Julius Arile rejettera des cours d’entraînement, qui s’avéreront nécessaires à la poursuite de ses objectifs. En effet, même s’il est remarquable chez lui, à l’entraînement, il n’arrive pas tout à fait à faire le poids dans des compétitions internationales, à Prague ou à New York. La victoire promise s’éloigne à chaque pas, alors que les crampes et les déceptions s’accumulent.

Alors qu’Arile quitte le nid familial dans le but de cultiver des richesses ailleurs, il est confronté, non seulement aux obstacles d’une compétition féroce, mais également à l’amertume d’un foyer qui se sent abandonné. Après quelques courses peu fructueuses, sa famille et ses amis s’impatientent. On assiste alors à une scène tendue, crispée et difficile, durant laquelle Arile écoute les lamentations de ses proches : sa mère tient un de ses trophées et se plaint du fait qu’il ne contient rien qui puisse la nourrir. Son frère lui rappelle que ses enfants ne savent plus qui il est. Ses amis se moquent des photos qu’il ramène, peu intéressés aux portraits en compagnie de Kofi Annan.

« Quand on perd, il faut tout recommencer à zéro. » C’est la devise de Robert Matanda, dont le parcours est tout autant criblé d’obstacles.

Dans les fictions hollywoodiennes, le parcours sportif est assez homogène, il répète un peu le modèle des Mighty Ducks : enthousiasme du débutant, obstacle décourageant et victoire improbable. Dans le documentaire d’Anjali Nayar, percutant par ses plans somptueux du Kenya et frappant par ses témoignages et ses rapports complexes, la victoire n’est pas à la portée de tous. Elle n’est pas le résultat naturel d’effort et de détermination. La victoire est relative, personnelle, variable, instable, inaccessible et mitigée.

Une histoire universelle

La prémisse du documentaire peut paraître particulièrement locale : une initiative Kenyane qui troque les armes des chasseurs de bétail contre des souliers pour la course, qu’est-ce que ça nous dit, à nous? Pourtant, les grands thèmes universels qui nous occupent tous se manifestent devant l’habile caméra de la réalisatrice : l’espoir, la jalousie, la corruption, l’injustice, la fraternité, l’amertume, et une quantité infinie d’obstacles qui marquent tellement la route qu’ils finissent par en tracer un parcours différent.

Arile et Matanda, c’est l’histoire universelle d’une dualité fraternelle et de la tendance humaine à se sacrifier pour le bien-être de ses enfants.

VISIONNEZ ARILE ET MATANDA :

Arile et Matanda, Anjali Nayar, offert par l’Office national du film du Canada

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