L’ONF s’engage à respecter votre vie privée

Nous utilisons des témoins de navigation afin d’assurer le bon fonctionnement du site, ainsi qu’à des fins publicitaires.

Si vous ne souhaitez pas que vos informations soient utilisées de cette manière, vous pouvez modifier les paramètres de votre navigateur avant de poursuivre votre visite.

En savoir plus
Haïti et Hochelaga : les visions de Tahani Rached

Haïti et Hochelaga : les visions de Tahani Rached

Haïti et Hochelaga : les visions de Tahani Rached

En 2016, on a parfois l’impression que le racisme est chose du passé, qu’on s’est débarrassé de cette vilaine chose quelque part au tournant du millénaire (au plus tard) et qu’on vit dans une société où tout le monde est de facto égal et que le multiculturalisme a fini par prendre racine et porter ses fruits d’inclusion généralisée… Il suffit pourtant d’une brève visite dans les sections de commentaires de certains médias pour voir qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. C’est pourquoi Haïti (Québec) demeure un documentaire important, ne serait-ce que pour constater ce qui a changé dans la société québécoise depuis sa réalisation et ce sur quoi il reste du travail à faire.

La réalisatrice de ce long métrage, Tahani Rached, est une de nos grandes documentaristes. Née en Égypte, elle est déménagée à Montréal à 19 ans pour étudier la peinture aux Beaux-arts. Engagée dans la communauté, elle s’est mise au cinéma, joignant l’ONF en 1981 pour y rester jusqu’en 2004, date où elle a décidé de retourner en Égypte pour faire des films. Pendant sa période onéfienne, elle a réalisé 11 films qui posent un regard différent sur la société québécoise, souvent à travers ceux et celles qui s’occupent des plus démunis ou d’outsiders.

De 1985 à aujourd’hui

Haïti (Québec) date de 1985, mais est encore étonnamment actuel, plus de trente ans plus tard. Dans ce long métrage, Rached s’attarde à la diaspora haïtienne vivant à Montréal, une communauté de plus de 40 000 personnes. Les Haïtiens sont souvent la cible de préjugés, d’hostilité et de mépris, et la caméra ne manque pas une occasion de nous montrer leur dure réalité.

Surtout, la cinéaste n’hésite pas à poser des questions parfois inconfortables : est-ce que les Haïtiens qui ont immigré à Montréal ont trouvé au Québec la terre d’accueil qu’ils attendaient? Ils ont du travail, et sont plus libres que sous la dictature Duvalier, mais sont-ils respectés et appréciés? Comment vivent-ils avec le racisme qu’ils reçoivent trop souvent en plein visage?

Haïti (Québec), Tahani Rached, offert par l’Office national du film du Canada

Le resto pour tout le monde

Dans un tout autre ordre d’idées, dans le film Au chic Resto Pop, Rached s’intéresse à la vie de jeunes d’un quartier populaire de l’Est de Montréal, Hochelaga-Maisonneuve qui participent à un projet de réinsertion sociale et communautaire, le Resto Pop, qui fonctionne encore de nos jours d’ailleurs, 26 ans après la sortie du film.

chicfb

Ce restaurant communautaire offre des repas de qualité à prix modique aux résidents moins fortunés du quartier. De plus, il sert d’école et de première étape de réinsertion à de nombreux habitants du coin qui peinent à se trouver du travail : ils peuvent travailler dans la cuisine et acquérir une formation de base et une expérience de travail qui les aideront dans leur recherche d’emploi. Dans le film de Rached, ce sont ces travailleurs qui sont mis en vedette et qui racontent leur réalité. On rencontre aussi les enseignants, et les intervenants qui décrivent les problèmes qu’ils voient autour d’eux, mais aussi les propriétaires de restaurants ou de magasins d’alimentation qui parlent de ce qu’ils peuvent faire pour aider leur communauté. Quand chez Dunkin Donuts on décide de donner les beignes cuits depuis plus de huit heures plutôt que les jeter, ou que le gérant du Provigo laisse les gens du Resto Pop se servir dans les tomates qui sont moins rouges, moins jolies ou moins appétissantes au lieu de les laisser pourrir dans l’entrepôt, on voit facilement comment toute la communauté y gagne.

Rached réussit à montrer cette réalité sans jamais tomber dans le misérabilisme, simplement en donnant la parole aux gens du quartier, que ce soit par sa caméra ou par la musique de Cassonade (Steve Faulkner) qui sert de transitions.

Même si le Resto Pop existe encore – il a désormais changé son nom pour celui du film, le Chic Resto Pop – moins de 20 pour cent des denrées qu’il utilise proviennent aujourd’hui de dons semblables à ceux montrés dans le documentaire. La société a changé, certaines règles corporatives se sont endurcies, et il faut maintenant travailler plus fort pour réussir à nourrir tout le monde. Pourtant, le besoin est toujours aussi criant.

Au Chic Resto Pop, Tahani Rached, offert par l’Office national du film du Canada

Ajouter un commentaire

Commenter