On est tous des Joseph K.

On est tous des Joseph K.

On est tous des Joseph K.

Bien avant qu’éclate le scandale de la surveillance électronique systématique de citoyens américains innocents par une agence de renseignement, une histoire mise au jour par le désormais célèbre Edward Snowden, le cinéaste Gilles Blais signait pour l’ONF une œuvre de fiction puissante dans sa forme, troublante dans ses pronostics sur la société gouvernée par Big Brother.

Oui, ça fait un peu drôle de regarder un film comme Joseph K. – l’homme numéroté, sachant qu’il a été réalisé il y a plus de 20 ans, soit bien avant l’utilisation massive d’internet et l’apparition des réseaux sociaux.

Joseph K., c’est un vendeur dans la quarantaine qui est en attente d’une promotion importante dans une boutique de vêtements. Convaincu que son entrevue s’est bien déroulée, il attend patiemment que le verdict tombe. Or, pendant ce temps, une batterie de spécialistes issus de diverses branches s’efforcent de reconstituer son passé (et son présent) à partir des multiples traces qu’il a laissées : transactions avec sa carte de crédit, appels téléphoniques, visites à l’hôpital,  jusqu’à son relevé d’ouvrages empruntés à la bibliothèque qui est passé au peigne fin.

Un film qui n’a pas perdu de sa pertinence, c’est le cas de le dire.

Joseph K. – L'homme numéroté, Gilles Blais, offert par l'Office national du film du Canada

Photo : badjonni via Compfight cc

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