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Vendredi cinéma : Le soleil a pas d’chance

Vendredi cinéma : Le soleil a pas d’chance

Vendredi cinéma : Le soleil a pas d’chance

Avez-vous 2 heures 40 minutes devant vous? En ce vendredi pluvieux et gris, je vous invite à mettre du « soleil » dans votre journée et à visionner le film Le soleil a pas d’chance de Robert Favreau.

Réalisé en 1975, ce long métrage documentaire nous amène dans les coulisses du fameux concours de beauté du Carnaval de Québec, en 1975, alors que l’événement populaire en était à sa vingtième édition.

Entre la tradition du célèbre défilé des beautés et les cravates et les vestons à carreaux des messieurs, une tendance fortes des années 1970, ce film nous fait revivre une toute autre époque.

Dès les premières minutes, on assiste au processus de sélection des duchesses. Assis en demi-cercle, les membres du jury interviewent les candidates une à la fois. Leurs questions, autant que les réponses des jeunes femmes, sont des plus surprenantes :

– « Si l’on vous demandait de couper vos cheveux pour être duchesse, accepteriez-vous de le faire? »
– « Non. J’adore les cheveux longs pour la femme, parce que c’est beaucoup plus féminin. Une femme a l’air plus elle-même avec les cheveux longs qu’avec les cheveux courts. »

Certaines filles sont timides et réservées, tandis que d’autres sont plutôt dégourdies et se disent très « libérales ». En gros, tout le processus de sélection est complètement surréel. Les membres du jury masculins se permettent même des petits commentaires de mononcles sexistes :

– « On vous a déjà dit que vous étiez jolie Mademoiselle? »
– « Assez souvent, oui. »
– « Prenez-vous des hommes plus vieux? »

On assiste à la délibération du jury, qui sélectionne les duchesses selon leur physique, leur qualité photogénique, leur personnalité, leur charme et même, leur « douceur » et leur « souplesse ».

Ça ne s’invente pas.

La caméra est honnête, mais le film est clairement partisan. À l’époque, le Carnaval avait même obtenu une injonction interlocutoire pour interdire la diffusion du film dans la Ville de Québec, le jugeant « méchant et exagéré ». Quand même, ce que l’on voit à la caméra ne ment pas. Les filles se font traiter comme des bêtes de cirque.

Pierre Perrault, alors journaliste à La Presse, avait louangé le film à sa sortie : « C’est du direct, un film maudit, un film sublime, de loin le meilleur film québécois présenté cette saison. »

C’est en effet un regard captivant sur une tradition qui n’existe plus.

Le soleil a pas d’chance, Robert Favreau, offert par l’Office national du film du Canada

 

Le Carnaval de Québec se poursuit jusqu’au 12 février 2012.

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