Tournée ONF: Kitchener-Waterloo, Ontario

* Ce billet est une traduction de l’anglais.

Jeudi après-midi, nous avons quitté Windsor en direction de Kitchener, un trajet de quelques heures en automobile. La réunion devait avoir lieu en soirée dans le centre multimédia du Tannery District, un lieu dont j’avais entendu parler et que j’étais impatiente de visiter.

Le Tannery District a été créé à la suite de la récente transformation d’une ancienne tannerie, le bâtiment historique de la Lang Tanning Co. de Kitchener, en un lieu plurifonctionnel réunissant des commerces de détail, des bureaux et des ateliers.

Le nouveau bâtiment, qui répond aux besoins des entreprises multimédias mais qui conserve beaucoup de son charme industriel, est simplement époustouflant. Parmi les locataires se trouvent des designers, des artistes, des ébénistes et un charmant café, qui donnent une nouvelle vocation spectaculaire au complexe de 31 500 mètres carrés qu’occupait jadis la plus grande tannerie de l’Empire britannique.

La salle où Tom devait faire sa présentation marie également l’ancien et le moderne avec beaucoup de goût. Les plafonds sont très hauts, tous en bois d’origine, et un immense écran s’étend sur trois des murs.

À la table où l’on servait du café, j’ai rencontré Stan, un homme sympathique aux cheveux grisonnants vêtu d’une chemise à carreaux et d’un pantalon de travail de couleur tan qui m’a dit être un menuisier à la retraite. « Je n’étais pas certain de faire partie de votre public cible ce soir, mais j’ai décidé de venir quand même », a-t-il dit. Il m’a expliqué qu’il avait travaillé pendant des années à l’aide d’une raboteuse pour fabriquer des meubles, et qu’il avait perdu l’ouïe avec le temps. « À l’époque, nous ne savions rien sur la protection de l’ouïe. J’espère entendre suffisamment pour être capable de suivre la présentation de ce soir. »

Lorsque Tom a commencé à parler, Stan a pris sa tasse de café et, tel un bon élève, s’est frayé un chemin jusqu’à la première rangée, prenant place tant bien que mal entre deux autres personnes pour se rapprocher le plus possible de Tom. Après la présentation, de nombreux citoyens de Kitchener ont pris la parole. Un homme, dont la question a été grandement applaudie, a demandé s’il était possible de rouvrir le Centre de l’ONF qui existait autrefois à Kitchener. Avec une communauté aussi dynamique, aussi diversifiée et si férue de haute technologie, ne serait-il pas logique de ramener un bureau de l’ONF ici?

Plus tard, une femme, qui est enseignante en études cinématographiques à l’Université Sir Wilfrid Laurier et qui fait partie du jury de nombreux festivals de films de la ville, a mentionné qu’elle aimerait savoir comment l’ONF pourrait appuyer plus activement les cinéastes de la relève. L’ONF ne pourrait-il pas créer et attribuer quelques prix dans les festivals de films locaux? S’il n’y a pas de fonds disponibles pour la production, l’ONF ne pourrait-il pas contribuer à la distribution? « Je me souviens d’avoir suivi un cours sur l’ONF lorsque j’étais étudiante de premier cycle à l’Université de Toronto, a-t-elle dit. L’Office national du film était une institution de renommée mondiale à la fine pointe de la technologie, faisant figure de pionnier avec des innovations comme IMAX et les technologies à écrans multiples. J’aimerais que ce soit encore le cas aujourd’hui », a-t-elle mentionné.

De nombreuses personnes dans l’auditoire ont également parlé de la riche tradition orale de Kitchener. Une femme qui se disait conteuse nous a parlé des séances de contes qui ont lieu chaque mois depuis 23 ans dans une grange située dans sa cour. « Les gens recherchent ce genre de communication, a-t-elle expliqué. Les gens viennent et partagent leurs histoires personnelles, des histoires du folklore, des histoires d’immigration. Les histoires sont ce qui nous redonne notre humanité, a-t-elle affirmé. Je crois que c’est ce que nous recherchons tous. »

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