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Festival d’Annecy : l’ONF au rendez-vous depuis sept décennies

Festival d’Annecy : l’ONF au rendez-vous depuis sept décennies

Festival d’Annecy : l’ONF au rendez-vous depuis sept décennies

Le Festival international du film d’animation d’Annecy a été créé en 1960. D’abord présenté tous les deux ans, il devient annuel en 1997. Depuis sa création, sa notoriété n’a cessé de croître, faisant de cet événement culturel un de plus importants rendez-vous du cinéma d’animation au monde. Chaque année, des prix sont remis dans plusieurs catégories à des courts et à des longs métrages. L’édition 2026, qui se tiendra du 21 au 27 juin prochain, compte parmi les courts métrages en compétition officielle Ultra forte (2026) de Catherine Lepage.

Office national du film du Canada

La présence des productions ou coproductions de l’ONF à Annecy ne date pas d’hier. Depuis 1960, pas moins de 164 ont été sélectionnées dans différentes catégories, récoltant au total 50 prix, dont 21 sélections et trois récompenses au cours des années 2020. Fait particulièrement remarquable, chaque édition du festival compte au moins un film produit ou coproduit par l’ONF.

Retour sur les moments forts d’une présence qui s’étend sur sept décennies.

Films de cristal

Le Cristal du court métrage, appelé Cristal d’Annecy de 2003 à 2012, ou encore Grand Prix du court métrage avant 2003, constitue la plus haute distinction du palmarès. Huit films ont obtenu cet honneur.

En 2020, le Cristal est remis à Physique de la tristesse (2019) de Theodore Ushev. Ce récit touchant suit un immigrant bulgare qui oscille entre ses souvenirs d’enfance en Bulgarie et sa vie d’adulte au Canada, marquée par la mélancolie et le déracinement. Le film reçoit également le Prix FIPRESCI (Fédération internationale de la presse cinématographique). Habitué du festival, Ushev a vu plusieurs de ses œuvres récompensées, notamment Vaysha l’aveugle (2016), lauréat du Prix du jury et du Prix du jury junior, ainsi que Gloria Victoria (2012), récipiendaire du Prix FIPRESCI.

Physique de la tristesse, Theodore Ushev, offert par l’Office national du film du Canada

Trou de mémoire

En 2016, le cinéaste Franck Dion reçoit le Cristal pour Une tête disparaît (2016). Trois ans plus tôt, Chris Landreth avait obtenu la même distinction pour Jeux de l’inconscient (2013). Deux œuvres très différentes sur le plan du style et du ton, mais qui abordent un même thème : la mémoire. Celle d’une vieille dame qui s’efface peu à peu sous l’effet de la maladie dans le film de Franck Dion, et celle d’un homme qui flanche au mauvais moment dans celui de Chris Landreth. Si la perte de mémoire momentanée du protagoniste de Jeux de l’inconscient sert de point de départ à une exploration comique et ludique des méandres de l’inconscient, les oublis répétés de Jacqueline, héroïne d’Une tête disparaît, sont au cœur d’un récit tendre et poétique sur la démence dégénérative.

Jeu de l’inconscient, Chris Landreth, offert par l’ Office national du film du Canada

Cinéma des femmes

Les femmes cinéastes occupent également une place importante au palmarès d’Annecy. Quatre d’entre elles ont remporté la plus haute distinction du festival. Regina Pessoa est récompensée pour Histoire tragique avec fin heureuse (2005), une fable sur la différence et l’affirmation de soi. Wendy Tilby et Amanda Forbis sont honorées pour When the Day Breaks (1999), qui suit Ruby, une petite truie en quête de réconfort après avoir été témoin d’un drame. Caroline Leaf reçoit quant à elle les honneurs pour Entre deux sœurs (1991), l’histoire de deux sœurs dont le quotidien bien réglé est bouleversé par l’arrivée d’un étranger.

When the Day Breaks, Wendy Tilby & Amanda Forbis, provided by the National Film Board of Canada

Regina Pessoa sera également récompensée une quinzaine d’années plus tard pour Oncle Thomas – La comptabilité des jours (2019), qui remporte le Prix du public et celui de la meilleure musique originale. Le film de Wendy Tilby et Amanda Forbis accumule pour sa part près d’une quarantaine de récompenses internationales, dont la Palme d’or du court métrage à Cannes. Quant à Entre deux sœurs, il récolte neuf autres prix au Canada et à l’étranger.

Entre deux soeurs, Caroline Leaf, offert par l’ Office national du film du Canada

Venus de l’étranger

Au fil des ans, plusieurs cinéastes étrangers sont venus travailler dans les studios d’animation de l’ONF. C’est notamment le cas d’Ishu Patel, originaire de l’Inde, et de Co Hoedeman, né à Amsterdam, aux Pays-Bas. Le premier remporte le Grand Prix du court métrage pour Afterlife (1978), une œuvre expérimentale proposant une réflexion sur la mort. Le second obtient la même récompense pour Le château de sable (1977), un film pour enfants mettant en scène un petit homme de sable qui, avec l’aide de ses amis, construit un château afin de se protéger du vent.

Après la vie, Ishu Patel, offert par l’Office national du film du Canada

Le film d’Ishu Patel connaît un important succès critique, récoltant près d’une dizaine de prix à l’international. Il en va de même pour celui de Co Hoedeman, qui remporte plus d’une vingtaine de récompenses, dont l’Oscar du meilleur court métrage d’animation.

Une période riche

Les années 2010 représentent une période faste pour les productions et coproductions de l’ONF, avec 34 sélections et 15 prix. Les décennies 1990 et 2000 ne sont toutefois pas en reste, totalisant à elles seules 45 sélections et 20 récompenses. Ces années donnent lieu à la présentation d’œuvres remarquables signées par des cinéastes de grand talent.

Mentionnons notamment Train en folie (2009) de Cordell Barker (Prix spécial du jury), Louise (2003) d’Anita Lebeau (Prix du jury junior Canal J pour un court métrage), Ryan (2004) de Chris Landreth (Prix spécial du jury), qui remportera également l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, Le garçon qui a vu l’iceberg (2000) de Paul Driessen (Prix spécial du jury et Prix FIPRESCI), Le chapeau (1999) de Michèle Cournoyer (Mention spéciale et Prix FIPRESCI), L’anniversaire de Bob (1994) d’Alison Snowden et David Fine (Prix du court métrage), également lauréat de l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, ainsi qu’Ex-enfant (1994) de Jacques Drouin (Prix UNICEF du court métrage).

Le chapeau, Michèle Cournoyer, offert par l’Office national du film du Canada

Les trois premières décennies

Bien que le festival ne compte que cinq éditions dans les années 1980, alors qu’il est encore présenté tous les deux ans, les productions et coproductions de l’ONF obtiennent tout de même 20 sélections et trois prix, dont le Prix spécial du jury décerné à Premiers jours (1980) de Clorinda Warny, Suzanne Gervais et Lina Gagnon.

Premiers jours, Clorinda Warny, Suzanne Gervais et Lina Gagnon, offert par l’ Office national du film du Canada

Les années 1970 sont encore plus fructueuses avec 32 sélections et huit prix en seulement cinq éditions. Citons notamment Ici votre musée (1979) de Lynn Smith (deuxième Prix spécial du jury), The Metamorphosis of Mr. Samsa (1977) de Caroline Leaf (Prix de la critique internationale), Évolution (1971) de Michael Mills (Prix du film pour la jeunesse), également nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur court métrage d’animation, ainsi que Synchromie (1971) de Norman McLaren (Mention du jury).

Évolution, Michael Mills, offert par l’Office national du film du Canada

Enfin, les années 1960 voient les films de l’ONF récolter 12 sélections et un prix : le Prix spécial du jury attribué à Alphabet (1966) d’Eliot Noyes Jr.

Je vous invite à voir ou à revoir les courts métrages présentés dans ce billet.

Vous souhaitez découvrir d’autres films primés? Visitez notre chaîne consacrée au festival en cliquant ici.

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