La technologie au cinéma : cinq films de l’ONF révolutionnaires

Films

Depuis plus de 70 ans, l’ONF est à l’avant-garde de la technologie cinématographique qui a révolutionné le cinéma. De SANDDE à IMAX 3D en passant par l’animation tactile innovatrice de Norman McLaren, l’organisme a toujours essayé de nouvelles choses! Dans ce billet, nous vous proposons certains de nos films les plus innovateurs sur le plan technologique, dont l’un des premiers films d’animation par ordinateur.

Poursuivez votre lecture pour savoir comment l’ONF a fait œuvre de pionnier au fil des ans.

Des écrans multiples et plus d’un million de visionnages : Dans le labyrinthe

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L’ONF a eu une présence fort remarquée à l’inoubliable et gigantesque Expo 67 de Montréal, généralement reconnue comme la plus réussie des expositions universelles du 20e siècle. Dans un ambitieux projet visant à raconter l’histoire de l’humanité, l’ONF a créé le Labyrinthe, un pavillon de cinq étages qui offrait aux visiteurs une expérience multimédia immersive par la projection sur cinq écrans du film Dans le labyrinthe.

Le pavillon a coûté 4,5 millions de dollars à l’époque. Oh la la! La technologie innovatrice n’est pas bon marché…

Colin Low (centre) et Roman Kroitor (droite)

Hugh O’Connor (gauche), Colin Low (centre) et Roman Kroitor (droite)

Cette installation cinématographique a exigé énormément de planification et de travail : On tourne donc des images avec cinq caméras [en même temps], placées sur une monture cruciforme, écrit Marc St-Pierre, conservateur de collection à l’ONF.

Les images sont ensuite projetées sur cinq écrans distincts, formant une croix. Cette technique a nécessité une parfaite synchronisation des caméras, des équipements de montage et des projecteurs. Les résultats sont spectaculaires! Jamais les spectateurs n’auront vu une chose pareille. (Vous voulez en savoir davantage? Consultez ce billet.)

Dans le labyrinthe, Roman Kroitor, Colin Low et Hugh O'Connor, offert par l'Office national du film du Canada

L’animation par ordinateur… à l’aube de l’informatique

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le cinéaste Peter Foldès, en collaboration avec l’ONF et le Centre national de recherches du Canada (CNRC), commence à expérimenter le calculateur numérique universel SEL-840A (une machine grosse comme un frigo!) pour créer quelques-uns des premiers films d’animation par ordinateur.

En 1974, il réalise ainsi La faim/Hunger avec le SEL-840A et une tablette graphique Computek. Le morphage fluide des images est accentué par une bande sonore vraiment sombre qui rend bien l’atmosphère d’avidité et de convoitise. Allez voir par vous-même.

La faim, Peter Foldès, offert par l'Office national du film du Canada

Ce film a exigé un travail laborieux : coupler les éléments de chacune des images clés, trait par trait, comme l’explique Karen Mazurkewich dans son livre Cartoon Capers: The History of Canadian Animation.

Elle poursuit en précisant qu’une fois le travail informatique terminé, chaque scène a été filmée en plusieurs séquences sur pellicule noir et blanc 35 mm, qui ont ensuite été combinées et colorées par technologie optique. Il a fallu un an à l’ONF pour faire des tests sur tireuse optique et combiner les séquences en un produit satisfaisant, ajoute-t-elle.

Tout un exploit!

Une nouvelle technologie pour Stompin’ Tom Connors

En 2004, le cinéaste Paul Morstad entreprend un court métrage d’animation fantaisiste sur la chanson accrocheuse Moon Man Newfie, composée par l’idole folk canadienne Stompin’ Tom Connors. Résultat : Moon Man, l’histoire amusante de Codfish Dan, héros du folklore terre-neuvien qui est entré dans la légende à la suite d’une pêche fabuleuse sur la Voie lactée.

Pour son film, Morstad utilise SANDDE, développé par IMAX et peaufiné ici à l’ONF. Le logiciel a été créé pour faciliter l’animation stéréoscopique 3D de dessins faits à la main (même si la version du film présentée dans ce blogue est seulement en 2D, évidemment).

Moon Man, Paul Morstad, offert par l'Office national du film du Canada

Vous voulez en savoir davantage sur SANDDE? Consultez l’entrevue en deux parties (1re partie ici et 2e partie ici) avec Maral Mohammadian, directrice de production actuellement productrice au Studio d’animation de l’ONF à Montréal.

L’écran d’épingles dans Le paysagiste/Mindscape

L’animation sur écran d’épingles est peut-être la technique d’images en mouvement la plus laborieuse dont j’aie jamais entendu parler! Mais c’est également celle qui donne les résultats les plus fascinants et les plus renversants. Il s’agit essentiellement d’enfoncer dans un écran des épingles mobiles pour figurer des formes et des objets.

Dans le court métrage d’animation de Jacques Drouin réalisé par cette technique, Le paysagiste/Mindscape, un artiste curieux pénètre dans l’univers de ses propres tableaux. Voyez par vous-même.

Le paysagiste, Jacques Drouin, offert par l'Office national du film du Canada

L’écran d’épingles a été inventé à Paris dans les années 1940 par Alexandre Alexeïeff et sa femme Claire Parker, puis amélioré ensuite à l’ONF. Pour voir un exemple plus récent de cette étrange et passionnante technique, regardez Le grand ailleurs et le petit ici, réalisé par Michèle Lemieux en 2012.

La beauté du Canada révélée par IMAX HD

Momentum est l’un des premiers films tournés et projetés en IMAX HD, technologie à 48 images la seconde (le double de la normale, qui est de 24 images/seconde) pour créer une image en mouvement plus nette et plus fluide.

Vous voulez savoir ce que c’est que de plonger dans une vallée encaissée ou de filer sur un lac gelé de l’Arctique en traîneau à chien? Lancez-vous dès maintenant dans l’aventure en haute définition d’un océan à l’autre.

Momentum, Tony Ianzelo et Colin Low, offert par l'Office national du film du Canada

Momentum a été présenté en primeur au Pavillon du Canada à l’Exposition universelle de Séville en 1992. Les spectateurs de Séville ont pu voir des images d’une clarté et d’une fluidité exceptionnelle (sic), projetées sur un écran dix fois plus grand que la normale, écrit Marc St-Pierre, conservateur de collection à l’ONF. L’expérience sonore était tout aussi remarquable. L’équipe de production avait utilisé le système d’enregistrement de pointe Ambisonic, à trois dimensions, qui plongeait l’auditoire dans une sphère sonore d’un réalisme incroyable.

Nous espérons que vous trouvez les exploits technologiques de l’ONF aussi impressionnants que nous. Nous avons d’ores et déjà reçu des louanges pour notre créativité dans le domaine du documentaire interactif, un nouveau modèle de récit Web où le public est aux commandes.

Voulez-vous en savoir plus sur les nouvelles technologies? Relisez l’excellent billet de Stéphane Jolicoeur sur les 10 technologies et nouveaux logiciels qui pourraient potentiellement révolutionner le monde du cinéma.

D’après vous, qu’est-ce que l’avenir nous réserve en matière de récit basé sur l’image? D’après moi, les possibilités sont infinies.