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La série des maîtres : Ryan Larkin

La série des maîtres : Ryan Larkin

La série des maîtres : Ryan Larkin

Ryan Larkin fait partie des nombreux infortunés artistes qui sont passés du génie au gâchis en trop peu de temps. Un des animateurs les plus influents de son époque, cet innovateur aurait pu mener une très longue carrière. Au lieu de cela, il a succombé à la dépendance et a été réduit à mendier sur le boulevard Saint-Laurent.

Ryan Larkin a eu une enfance difficile. Lors d’une sortie en bateau, son frère s’est noyé devant ses yeux. Ne sachant pas nager, Ryan n’a pu venir à son secours. Inutile de dire que cet événement l’a marqué à vie.

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Ryan a d’abord étudié à l’École des beaux-arts du Musée des beaux-arts de Montréal, sous la direction d’Arthur Lismer, membre du célèbre Groupe des Sept. Quelques années plus tard, il est entré à l’Office national du film, où il a étudié auprès du maître lui-même, Norman McLaren. Sa carrière à l’ONF a à peine duré une décennie. Comme je l’ai mentionné, elle fut beaucoup trop courte.

L’œuvre de Ryan Larkin est admirable, comme en témoignent les films ci-dessous. Son talent transparaît dans chacune de ses œuvres.

En marchant

Ce film est un chef-d’œuvre. Je dis cela sans vouloir diminuer les créations antérieures de Ryan Larkin, mais celle-ci est tout simplement époustouflante. À première vue, il s’agit d’une étude du corps humain en mouvement, mais rendue avec sensibilité, humour, grâce et sans un seul dialogue. L’éloquence de la piste sonore suffit.

En marchant utilise une variété de techniques d’animation, qui vont du dessin au trait aux couleurs en détrempe en passant par quelque chose que je ne peux même pas nommer (quand toute l’action se déplace dans le haut du corps du marcheur). C’est immanquable, chaque fois qu’on arrive à la marque des 3 minutes 15 secondes, mon cœur fond. J’adore voir tous ces corps bouger à leur façon.

Je pense que c’est dans ce film que Ryan Larkin trouve vraiment son identité. Après tout, il lui a valu une nomination aux Oscars.

En marchant , Ryan Larkin, offert par l’Office national du film du Canada

Syrinx

Un de ses tout premiers films, et le premier qu’il ait réalisé à l’ONF, Syrinx est une véritable expérience, quoique brève. Inspiré de la mythologie, il raconte l’histoire d’une nymphe qui échappe aux avances du dieu Pan en fuyant non loin vers une rivière. Comme c’est souvent le cas, les choses ne se déroulent pas comme prévu.

Le génie de Larkin se distingue déjà facilement. Le détail des esquisses au fusain est formidable, et les images transformées sont fluides et évanescentes. On sent qu’il a tiré parti des conseils de Norman McLaren, auprès de qui il étudiait. Bien que ses films ultérieurs diffèrent, Syrinx porte bel et bien sa marque distinctive.

Syrinx, Ryan Larkin, offert par l’Office national du film du Canada

Cityscape

Je ne vais pas faire semblant de comprendre tout ce qui se passe dans ce court métrage d’une minute, mais on voit quand même la progression de son style depuis le film précédent, réalisé seulement un an plus tôt.

Il recourt encore une fois au processus de transformation de dessins en noir et blanc, qui montrent cette fois une série de personnages qui traversent l’écran et disparaissent dans un trou. Puis l’action se poursuit et, si le tout semble un peu confus, le résultat s’avère hypnotisant. Quand ça se termine, on dirait qu’un charme a été rompu.

J’adore ce film, et je peux le regarder encore et encore. Si vous ne l’avez jamais vu, prenez une minute, littéralement, pour le regarder.

Cityscape , Ryan Larkin, offert par l’Office national du film du Canada

Street Musique

Après le milieu des années 60, nous voici au début des années 70, une décennie qui a manifestement influencé le travail de Ryan Larkin. Ce film témoigne d’une autre progression naturelle, et vient illustrer toute l’étendue de sa courte carrière.

Le film commence avec des scènes réelles de musiciens de rue jouant devant une foule clairsemée, mais enthousiaste. La musique est entraînante, on ne peut s’empêcher de taper du pied pendant qu’on regarde. Puis on plonge dans l’univers de Ryan Larkin, qui est à nouveau rendu par des dessins et des couleurs en détrempe, mais cette fois, dans un style plus hardi… possiblement attribuable aux substances psychotropes.

À un moment, Ryan ralentit la cadence. Plutôt que des formes en mouvement, il montre couleurs et scènes qui se fondent lentement. Comme une invitation à ralentir et prendre le temps de regarder, façon Bill Mason.

Et puis ça repart de plus belle. Et ça devient plutôt psychédélique.

Street Musique, Ryan Larkin, offert par l’Office national du film du Canada

Ryan

J’ai dû trancher ici : inclure Un peu de monnaie, s’il vous plaît?, le dernier film de Ryan Larkin, ou Ryan, lequel, bien qu’il traite du cinéaste, n’est pas une de ses créations. J’ai opté pour ce dernier, pour la simple raison que je pensais que les gens devraient avoir l’occasion de découvrir l’envers du décor et la vie personnelle de l’homme. De plus, Un peu de monnaie, s’il vous plaît? a été complété à titre posthume, donc difficile de savoir quelle part revient à Ryan Larkin.

Ryan a remporté l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, et avec raison. C’est le récit brut, percutant et parfois difficile à regarder d’un homme brillant dans une spirale descendante. C’est l’une des premiers films que j’ai vus quand j’ai commencé à travailler pour l’ONF, et il m’a bouleversée. Non seulement à cause de l’histoire elle-même, mais aussi parce que pendant une bonne partie de ma vie d’adulte, j’avais sans le savoir donné mon emporte-restes de chez Schwartz à un génie du cinéma.

La forme elle-même est expérimentale et utilise des images générées par ordinateur dans le style typique de Landreth. Voilà un film dur sur la dépendance et sur la matérialisation de nos pires cauchemars. Mais c’est si brillamment fait, un incontournable. Tant que vous avez l’âge approprié. Il est assurément déconseillé aux enfants.

Ryan , Chris Landreth, offert par l’Office national du film du Canada

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