Paul Anka | Une voix qui fait rêver

Paul Anka | Une voix qui fait rêver

Paul Anka | Une voix qui fait rêver

Sur scène ou dans les rues, les jeunes sont fous de Paul Anka. Originaire du Canada, ce jeune de 20 ans fait maintenant sensation dans les clubs les plus chics des États-Unis. Sur les talons de Frank Sinatra et cie, Anka est la mire d’une génération débridée avec sa voix mielleuse et un visage d’ange.

Nous sommes en 1962, et le documentaire Paul Anka (version française de Lonely Boy) de Wolf Koenig et Roman Kroitor se veut l’expression de cet engouement pour l’artiste. Diffusé sur les ondes de la CBC, ce court documentaire se colle à l’esthétique et à l’approche au cinéma de la série Candid Eye et Documentary ’60, qui exposa le Canada entier à cette nouvelle grammaire cinématographique. Celle-ci est rapide et intime. Un cinéma pris sur le vif, complètement improvisé, qui capte un aspect caché de la vie de son sujet. Un cinéma qui relève le mystère Paul Anka.

Au centre de cet exposé, on retrouve une franchise extraordinaire. L’histoire d’Anka nous est révélée par l’artiste lui-même ou ses associés, et elle est mise en parallèle avec son succès dans l’industrie musicale. De chirurgie esthétique à perte de poids, il devient clair que le jeune chanteur s’est sculpté un corps pour atteindre un rêve, celui d’avoir un physique qui sied à sa voix. Mais en regardant ces témoignages étrangement lucides, on s’aperçoit vite que ce rêve est une vision distordue de la réalité. Ce qu’est devenu Anka et ce que les adolescentes recherchent sont bel et bien la même chose : la projection d’un idéal. C’est là que la folie commence. Elles aiment ce qu’il dégage, il veut être ce qu’elles aiment. Un cercle vicieux devenu un standard dans l’industrie.

Au final, que ça soit par les chansons enterrées sous les cris aigus ou bien Anka en mouvement perpétuel, le film Paul Anka défile d’une manière si maîtrisée, malgré cette frénésie des images, qu’on comprend très vite que Koenig et Kroitor ont construit et trouvé leur film au montage. Contrairement au photographe Henri Cartier-Bresson – dont l’influence sur ce genre de documentaire se fait sentir – qui attendait le bon moment pour son cliché, les réalisateurs doivent attendre au montage pour découvrir les moments clés. Heureusement pour nous, ces instants sont sublimes et capturent adéquatement la folie qui entoure Anka. À l’image des centaines d’admiratrices en pleurs qui s’évanouissent à la vue du chanteur, nous devenons étrangement amoureux, grâce à cette caméra qui se faufile à travers les moments les plus intimes et optimistes d’une star montante.

Paul Anka, Wolf Koenig et Roman Kroitor, offert par l'Office national du film du Canada

– Maxime Monast, commis au Développement des affaires numériques et membre du comité de programmation ONF.ca

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