Avant MusiquePlus, il y avait l’ONF

Avant MusiquePlus, il y avait l’ONF

Avant MusiquePlus, il y avait l’ONF

Depuis toujours, les artistes s’inspirent de la musique pour créer, que ce soit en danse, au théâtre, au cinéma et même, en art visuel. Le Musée des beaux-arts de Montréal vient d’ailleurs d’inaugurer en avril dernier un parcours musical gratuit, sorte d’audioguide qui permet d’observer des tableaux en écoutant des morceaux de musique s’y rattachant. La période médiévale est ainsi reliée à des chants religieux, tandis que la période moderne est associée à la musique jazz. Une initiative qui en met plein la vue… et les oreilles.

Au cinéma, on se sert de la musique pour rythmer les films, pour appuyer un message, pour créer une émotion particulière ou, tout simplement, pour brouiller les pistes. Je pense à Sofia Coppola qui, pour Marie Antoinette (2006), a utilisé des chansons populaires contemporaines sur une histoire datant du XVIIIe siècle, ou à Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y. – 2005, Café de flore – 2011) qui fait de la musique sa marque de commerce. Le réalisateur a même déjà affirmé en entrevue que les chansons utilisées dans ses films était en soi des personnages.

À l’ONF, la tradition part de loin. Les cinéastes créent des films sur des chansons populaires depuis belle lurette. On pourrait même qualifier certains films d’animation de précurseurs du vidéoclip. Eh oui! Des courts métrages étaient montés sur des chansons bien avant la génération MusiquePlus. Dans les années 1940 et 1950, Norman McLaren a notamment animé des dessins sur la jolie berceuse La poulette grise (1947) et fait danser Le merle (1958) au rythme d’une chanson folklorique interprétée par le Trio Lyrique.

La poulette grise, Norman McLaren, offert par l'Office national du film du Canada

Le merle, Norman McLaren, offert par l'Office national du film du Canada

De son côté, George Dunning a animé la chanson folklorique Cadet Rousselle (1946) à l’ONF avant de réaliser le film Yellow Submarine (1968) des Beatles.

Cadet Rousselle , George Dunning, offert par l'Office national du film du Canada

Dans les années 1970, André Leduc a réalisé un film expérimental sur la chanson Tout écartillé de Robert Charlebois, coécrite par Marcel Sabourin. Ce film n’est pas sur ONF.ca, mais vous pouvez le trouver facilement chez notre ami YouTube.

Au Studio d’animation anglais, John Weldon a réalisé l’un des films les plus populaires du site ONF.ca : La valse du maître draveur (1979). Cette animation de la série Canada vignettes raconte l’histoire d’une jeune femme qui repousse les prétendants qu’on lui destine parce qu’elle est obnubilée par un draveur. Elle se fera entraîner par celui-ci dans une valse effrénée sur une chanson interprétée par les sœurs McGarrigle.

Canada vignettes : la valse du maître draveur , John Weldon, offert par l'Office national du film du Canada

Le Franco-Manitobain Daniel Lavoie a aussi eu l’honneur de voir l’une de ses chansons animée avec le film Jours de plaine (1990) d’André Leduc et de Réal Bérard. Cet œuvre animée est un bel hommage aux communautés francophones et aux paysages des plaines de l’Ouest canadien.

Jours de plaine, Réal Bérard et André Leduc, offert par l'Office national du film du Canada

Plus récemment, Patrick Bouchard a réalisé un film d’animation évoquant la mort de l’harmoniciste du groupe Les Colocs, intitulé Dehors novembre (2005). Ce film met en images la chanson du même nom, écrite et composée par le regretté Dédé Fortin.

Dehors novembre, Patrick Bouchard, offert par l'Office national du film du Canada

Les années passent et la tradition se poursuit. Lynn Smith (Ici votre musée – 1980, Le collectionneurs de sons – 1984), travaille présentement sur un film intitulé La soupe du jour, qui sera accompagné d’une chanson originale interprétée par Damien Robitaille et Suzie Arioli, tandis que Martine Chartrand (Âme noire – 2000) termine son prochain film, MacPherson, inspiré d’une chanson de Félix Leclerc.

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