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<em><strong>Les yeux noirs</strong></em> (3D) bientôt au cinéma

Les yeux noirs (3D) bientôt au cinéma

Les yeux noirs (3D) bientôt au cinéma

Les yeux noirs de Nicola Lemay sort en salle dans sa version 3D dès le 7 décembre 2012. Le court métrage d’animation sera jumelé au film Nicolas Noël – Mon histoire magique dans les salles suivantes :

Cinéma Beaubien (Montréal)
Méga-Plex Guzzo Marché central (Montréal)
Méga-Plex Guzzo Pont-Viau (Laval)
Méga-Plex Guzzo (Terrebonne)
Cinéma Le Clap (Québec)
Cinéma Carrefour du Nord (St-Jérôme)
Méga-Plex Guzzo Jacques-Cartier (Longueuil)

S’encrant dans la réalité des enfants non-voyants, Les yeux noirs raconte l’histoire de Mathieu, un petit garçon qui n’a jamais peur dans le noir parce qu’il y vit toujours. Il cache des yeux partout : dans ses mains, dans ses pieds et surtout, dans ses oreilles. Produit par Marc Bertrand de l’ONF, ce film est une adaptation animée en stéréoscopie 3D du roman jeunesse de Gilles Tibo (Éditions Soulières, 1999).

Les yeux noirs – (Bande-annonce), Nicola Lemay, offert par l'Office national du film du Canada

J’ai eu la chance de m’entretenir avec le réalisateur afin d’en savoir plus sur la création de ce petit film d’une grande ingéniosité, où l’image passe par les sens.

Catherine Perreault : D’abord, comment avez-vous pris connaissance du roman de Gilles Tibo?

Nicola Lemay : Marc Bertrand, qui est producteur à l’ONF et qui a aussi produit mon film Noël Noël (2003), avait lu le livre il y a quelques années et il l’avait gardé en tête pour un futur projet. Il a ensuite travaillé sur le film Champlain retracé, tourné en stéréoscopie, et il s’est dit que ce serait une bonne idée de réaliser un film d’animation 3D à partir du livre de Gilles Tibo. Il m’a donc contacté pour m’offrir de travailler sur le projet.

Le film ne se situe pas trop loin du livre. Le roman contient lui aussi quelques illustrations dessinées en blanc sur noir. Je ne suis donc pas parti de zéro. Dans le fond, le film utilise le même concept de base. J’ai juste fait évoluer le graphisme à ma manière par la suite.

Les enfants qui ont lu le livre vont-ils reconnaître le personnage principal?

Il a changé un peu, mais ils vont peut-être le reconnaître quand même. J’ai surtout modifié ses cheveux. Je lui ai fait une couette à la Lucky Luke. J’avais besoin qu’un élément du personnage soit toujours à 45 degrés. Ainsi, même si le personnage est dessiné à plat, il conserve une partie en trois dimensions. Dans le livre, c’est cheveux sont frisés et sa mère le compare à un petit mouton, mais ça ne fonctionnait pas très bien en stéréoscopie.

J’ai aussi modifié un peu son habillement. Il a conservé son chandail rayé, mais il ne porte plus de salopette. Le livre se situe davantage dans l’imagerie iconographique, c’est-à-dire qu’il fait référence aux icônes naturelles qui nous viennent en tête lorsqu’on pense à des éléments de notre environnement. La plupart de ces références iconographiques nous proviennent des années 1950. Les garçons de 10 ans ne portent plus de salopettes de nos jours. Je voulais que le film soit plus moderne, alors j’ai fait un effort pour bien l’ancrer dans l’ère d’aujourd’hui. C’est aussi pour cela que Mathieu à un petit enregistreur au début du film. Ce dictaphone est très populaire chez les non-voyants. C’est la dernière technologie. Ils s’en servent pour enregistrer leur voix et pour prendre des notes à l’école. Les aveugles sont très axés sur les sons et l’ouïe.

Ce sont pas mal les seuls changements graphiques que j’ai appliqués. Le blanc sur noir fonctionnait très bien, même pour la stéréoscopie, alors j’ai conservé le principe.

Le film est fait à partir de dessins animés sur papier. Il a un coté très artisanal et traditionnel. On y voit même les coups de crayons. Ne faut-il pas plutôt des images de synthèse très léchées pour réaliser un film en stéréoscopie?

Je crois que c’est la première fois qu’un film d’animation 3D se fait à partir de dessins sur papier traditionnel et non à l’ordinateur. Notre film ne contient pas de volumes arrondis, comme chez les images de synthèse ou les marionnettes. On a du casser les dessins en morceaux pour créer, au besoin, des éléments qui surgissent en volume ou qui vont vers l’arrière, comme en-dessous de l’image. On a fait différentes manipulations. Des fois, on les pliait, on les découpait ou les superposait pour créer l’illusion de volume. On s’est vite rendu compte que ça ne prenait pas nécessairement 28 morceaux en relief pour donner une impression de volume.

Il était aussi plus facile de créer un effet de dimension avec des décors et les objets cubiques. On pouvait alors dessiner toutes les faces d’un cube à la main et les appliquer sur des surfaces carrées virtuelles. Au bout du compte, ça ressemblait un peu à une maquette d’architecte avec des personnages en papier. Tout a été dessinés à plat pour ensuite être découpé et manipulé  pour créer une certaine dimension et de la profondeur.

On a aussi dessiné des fausses perspectives. Parfois, le cerveau crée des illusions optiques de lui-même. Par exemple, on a laissé un abat-jour à plat. Le volume de celui-ci est suggéré en dessin, tout simplement, mais pourtant, il a l’air d’être en 3D. La tête de Mathieu a souvent l’air d’être en volume elle aussi, mais pourtant, elle ne l’est pas. C’est parce qu’elle est ronde qu’elle le semble. Ce ne sont que ses cheveux qui ressortent réellement en volume.

On voulait un mélange de 2D et de 3D, donc pour nous, ce n’est pas très grave si les éléments ne sont pas toujours en volume. L’important est que la globalité de l’image et de sa composition donne du relief avec trois niveaux : le devant, le milieu et l’arrière.

Pourquoi vouliez-vous faire un film en 3D?

D’abord pour le sujet. Il y a une justification narrative à l’utilisation du 3D dans ce cas-ci, à cause de l’immersion des sens qui est déjà présente dans l’histoire. On a aussi joué avec la profondeur de champs pour accentuer les séquences où l’on se retrouve dans l’imaginaire de Mathieu. On voulait qu’elles se démarquent du reste du film, qui est en noir et blanc. On a donc augmenté la profondeur et on a ajouté de la couleur sur les éléments imaginés.

D’ailleurs, les couleurs dans ces séquences ne sont pas celles de la réalité. Je crois même qu’on y voit un chien bleu ou vert?

Il faut se rappeler qu’on se trouve dans la tête d’un non-voyant. Il ne connaît pas la vraie couleur des choses, telle que nous les voyons. Tout le film est construit selon la perspective de Mathieu. On se trouve complètement dans une autre dimension. Tout au long du film, les éléments qui surgissent à l’écran sont ceux qu’il connaît, lui, parce qu’il les a déjà touchés ou parce qu’on les lui a décris. La plupart des scènes sont construites de la même manière : on ouvre sur une image noire, on entend ensuite l’environnement sonore du personnage, puis, seulement après, on aperçoit les premiers éléments qu’il imagine. On a fait exprès aussi pour laisser des trous dans l’image, puisqu’il ne peut seulement imaginer ce qu’il connaît…

Dans la scène d’ouverture, par exemple, on voit qu’il cherche son dictaphone sur sa table de chevet. On ne le voit pas tant qu’il ne l’a pas trouvé. Dès qu’il le touche, l’appareil surgit à l’écran. Tout ce qu’il voit dans sa tête a aussi une certaine modulation carrée, comme des boîtes à savon, parce que c’est comme ça qu’il les imagine. Lorsqu’il se promène en voiture et qu’il sent des sapins, on les voit soudainement apparaître par la fenêtre. Le son est aussi au service de l’image. Dans le fond, on voit ce qu’il a touché, senti, entendu ou imaginé.

Les personnages sont aussi plus gris que noirs et blancs. Est-ce qu’il y a une raison qui justifie ce choix?

Le gris et la texture servent à faire ressortir certains éléments du décor et à adoucir la composition. Ça devenait pénible à regarder lorsque c’était juste des lignes blanches sur fond noir. Ça sautait aux yeux. C’est pour ça aussi qu’on a mis une sorte de halo noir autour des plans, pour estomper l’image.

Les images très contrastées sont aussi un problème pour la stéréoscopie. Lorsqu’on veut créer un effet de profondeur, on doit séparer les deux images filmées. Cette séparation crée l’effet du relief. Par contre, si le contraste est trop élevé, comme dans notre cas avec l’utilisation du noir et du blanc, l’image double, c’est-à-dire que l’œil gauche finit par voir ce que l’œil droit voit.  Ça crée ce qu’on appelle le «ghosting» (l’image fantôme), qui est une illusion optique. Il a donc fallu qu’on évite les blancs purs et qu’on crée des textures et différents niveaux de gris.

Avez-vous rencontré d’autres difficultés avec la stéréoscopie?

Le plus contraignant par rapport à la stéréoscopie, c’est le rythme du montage. On s’en est rendu compte en créant les deux versions, une en 2D et une en 3D. Si les coupes sont trop rapides, ça ne fonctionne pas. En stéréo, l’œil doit se rajuster à chaque nouvelle scène. Comme c’est en profondeur, il faut une fraction de seconde de plus qu’une image plate.

La version 2D existe. Elle a été créée pour les copies DVD et le Web, mais le film peut sembler un peu plus lent dans ce format, puisque le montage est le même pour les deux versions. Il a vraiment été conçu pour la 3D.

Nous irons donc le voir en 3D très bientôt! Merci Nicola.

Merci à vous et bon cinéma!

+++

Les yeux noirs de Nicola Lemay sera présenté dans plusieurs salles de cinéma dès le 7 décembre prochain en première partie du film Nicolas Noël : mon histoire. Une occasion unique de voir le film en 3D sur grand écran dans un cinéma près de chez vous.

Pour plus d’informations : Cinéma Montréal

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  1. Est-ce que ce film repassera bientôt au cinéma, car je n’ai pu amener mes petits-enfants et j’aurais bien aimer aller avec eux?

    — Ghislaine quirion,
  2. Bonjour Louise,

    Le film Les yeux noirs sera disponible en DVD à partir de l’automne prochain, mais il ne sera pas en 3D (version traditionnelle 2D seulement).

    Merci de votre intérêt et bonne journée!

    — Catherine Perreault,

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