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Derrière l’image : une analyse des journaux télévisés

Derrière l’image : une analyse des journaux télévisés

Derrière l’image : une analyse des journaux télévisés

Derrière l’image, Jacques Godbout, offert par l’Office national du film du Canada

Selon les prédictions TMT 2011 de Deloitte, la télévision devrait conserver son statut de « super média » en 2011. Plusieurs ont cru à tort que l’arrivée du numérique et des nouvelles plates-formes de diffusion allait nuire à la télévision traditionnelle, mais nous réalisons aujourd’hui que les nouveaux médias ne font que compléter le portrait. La télévision, avec l’arrivée du numérique et sa nouvelle connexion au Web, ne cesse de se réinventer et de nous surprendre.

En 1978, au moment où TVA s’appelait toujours Télé-Métropole et que Télévision Quatre Saison (TQS) n’existait pas encore, Jacques Godbout a réalisé un long métrage documentaire (ci-haut) mettant la lumière sur les dessous des bulletins d’information diffusés à la télévision.

Manipulation de l’information, journalisme-spectacle, animateur-vedette, simplification de l’information, sensationnalisme, contrainte de temps, contrainte d’espace, contrainte budgétaire, concurrence élevée entre les médias, règne du court terme… sont autant de facteurs qui affectaient la qualité des nouvelles transmises à l’époque. Trente ans plus tard, on réalise que la plupart de ces éléments n’ont pas changés. Les critères de proximité (autant en distance qu’en temps), d’ampleur et de nouveauté (scoop) de la nouvelle sont toujours privilégiés en 2011.

Cependant, nous pouvons nous réjouir de la plus grande présence des femmes à la télévision. On apprend dans le film qu’en 1978, la seule femme à la tête d’un bulletin d’information en Amérique du Nord est Barbara Walters, aux États-Unis. Aujourd’hui, on peut citer plusieurs noms, dont ceux de Sophie Thibault et de Céline Galipeau au Québec, toutes deux ayant déjà été à la barre du bulletin de 22 h, ainsi que ceux de Pascale Nadeau, de Dominique  Poirier et d’Anne-Marie Dussault.

L’arrivée des nouvelles technologies de l’information et l’entrée dans l’ère numérique ont aussi permis aux journalistes d’être plus efficaces et de nous offrir une meilleure couverture de l’actualité, ici comme à l’étranger. Ils ont accès à un plus grand réseau d’information et peuvent tout trouver, ou presque, en un seul clic de souris.

Autre avantage du numérique : les correspondants n’ont plus besoin de faire voyager leurs matériels et leurs pellicules par avion. Tout ce fait maintenant en quelques secondes via le Web. Les reportages en direct sont aussi de plus en plus courant grâce à la transmission par satellites. Un duplex en direct de Bagdad en plein bulletin de nouvelles de 18 h? Aucun problème!

La première décennie des années 2000 marquera aussi la venue de nouveaux acteurs sur la scène des communications. Que ce soit via Twitter, Facebook ou les blogues personnels, les réseaux sociaux sont de plus en plus populaires et les communicateurs se font plus nombreux, plus présents et plus rapides. En 2011, il semble que tout le monde peut devenir journaliste. Il reste bien sûr beaucoup de travail à faire quant à la qualité des informations véhiculées sur ces nouvelles plates-formes. Ne devient pas spécialiste qui le veut, mais les opportunités de publication d’une nouvelle se font plus nombreuses et le public est devenu un acteur participant, informé et éclairé. Tout le monde peut filmer, prendre des photos, publier des textes et commenter n’importe quel événement de l’actualité. On l’a vu récemment avec le coup d’état en Tunisie. Malgré la dictature en place, la censure et le blocage de certains sites Web, les Tunisiens ont réussi à communiquer avec le reste du monde grâce à leurs portables et aux réseaux sociaux.

On assiste ainsi à une nouvelle démocratisation de l’information. Le grand public, lui-même source de contenu, a une nouvelle perception de l’information qui lui est présentée dans les médias. Il a soudainement l’impression qu’il ne peut plus se faire avoir par une fausse perception. En effet, le contrôle et la manipulation de l’information deviennent plus complexes, puisque toutes les informations sont maintenant vérifiables. Parlez-en à Georges W. Bush… Il suffit de faire un minimum de recherche sur le Web pour connaître la vérité en espérant, bien sûr, que les sites ne soient pas bloqués par l’État.

Les chaînes d’information en continue sont aussi apparues au cours des années 2000. LCN et RDI ont le mandat de diffuser de l’information 24 h sur 24. S’il est difficile de préparer à tous les jours des bulletins de qualité, imaginez à toutes les heures… Nous vivons dans l’ère de la surdose d’informations. Je me surprends parfois à devenir complètement hypnotisée par les nouvelles qui jouent en boucle sur ces chaînes.  En tant de crise, j’en redemande. Lors du séisme en Haïti l’année dernière, j’étais la première assise dans mon salon, scotchée à mon divan, complètement accro aux moindres données ou images obtenues à la seconde près. Est-ce vraiment nécessaire? On y voit tellement d’images d’horreur et de misère humaine à la minute qu’on en devient presque insensible… Trop, c’est comme pas assez.

On vient de le voir, les journaux télévisés sont outillés plus que jamais pour nous fournir un grand nombre de nouvelles dans un court laps de temps. Nous sommes dans l’ère du direct et de l’instantanéité. Reste à savoir si le métier du journalisme saura s’adapter rapidement aux nouvelles pratiques et continuera de nous offrir une information complète, recherchée et analysée sous toutes ses formes, au service de l’intérêt du public.

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