Raconter à partir de la mémoire : Explorer Peut-être des éléphants grâce au guide éclair
Raconter à partir de la mémoire : Explorer Peut-être des éléphants grâce au guide éclair
Peut-être des éléphants, Torill Kove, offert par l’ Office national du film du Canada
En un coup d’œil :
Âges : 12 à 15 ans
Durée : 45 à 60 minutes
Format de la ressource : Document Google modifiable et imprimable de trois pages comprenant une fiche élève, un corrigé, des questions de discussion et une idée de projet
Matières scolaires :
Étude de la famille, santé/développement personnel, français (langue d’enseignement), univers social
Thèmes :
Développement personnel, santé mentale, bien-être, bonheur, autonomie, adolescence, mémoire
En tant qu’enseignant en technologie des communications au secondaire, je suis toujours à la recherche de façons intéressantes de présenter la narration aux élèves. La narration est au cœur de tout projet réussi en cinéma, en animation ou en photographie. Peut-être des éléphants, de Torill Kove, constitue une excellente base pour accompagner les élèves dans la création de récits personnels. Le guide éclair récemment publié pour Peut-être des éléphants est une ressource simple et efficace qui aide le personnel enseignant à parcourir les éléments clés de l’intrigue du film.
Utiliser le guide éclair en classe
Le visionnement du film et l’exploration du guide peuvent facilement se faire en une seule période, ce qui prépare les élèves à développer leurs propres histoires à l’aide de cartes narratives simples, de vignettes d’animation ou de scénarimages lors des cours suivants. Comme Peut-être des éléphants nous plonge dans une période précise de la vie de Kove, le film devient une étude de cas intéressante sur l’évolution du monde et sur l’utilisation des métaphores visuelles pour transmettre des idées. Les enseignantes et enseignants qui cherchent du contenu pour appuyer différentes matières comme le français, l’univers social et même la santé (puisqu’un volet de bien-être mental est présent dans le film) gagneraient à le présenter à leurs élèves.
Peut-être des éléphants : une plongée dans la mémoire
Peut-être des éléphants s’ouvre sur de magnifiques images fugaces de Kove enfant, nous transportant dans son univers. Alors que les lignes de ses souvenirs dansent à l’écran, elle mentionne avoir eu une « enfance heureuse » et décrit les souvenirs comme des « images vacillantes » qu’elle seule peut voir. Cela installe le contexte pour le spectateur : on met de côté notre regard critique pour comprendre que ce qui suit représente un point de vue parmi d’autres dans un récit possiblement beaucoup plus vaste.
De la Norvège à Nairobi, puis au retour, on observe l’impact des moments de la vie sur la façon dont les personnages se souviennent. Chacun construit son propre récit à partir d’expériences partagées, vivant les mêmes événements, mais en en retirant des souvenirs personnels qui influencent qui ils deviendront. Le récit de Kove encourage les élèves à s’appuyer sur une réflexion personnelle pour mieux comprendre comment leurs souvenirs façonnent les histoires qu’ils racontent. Le film démontre visuellement qu’une narration efficace n’a pas besoin d’un drame intense ou de conflits majeurs, mais plutôt d’une reconnaissance du rôle des petits moments dans la construction de notre identité.
Utiliser le guide pour stimuler le développement langagier
Que l’on explore Peut-être des éléphants en technologie des communications ou dans une autre matière, commencer par repérer le début, le milieu et la fin d’une histoire aide les élèves à structurer leur récit. Cette stratégie est aussi très utile pour soutenir les élèves plurilingues en développement de leurs compétences en français. Une courte discussion ou l’utilisation d’un organisateur graphique permet d’évaluer rapidement la compréhension d’un élève.
Le guide éclair aide également les élèves à repérer les moments importants des souvenirs de Kove grâce aux questions posées pendant le visionnement. Les questions après le visionnement favorisent des échanges sur les métaphores visuelles et sur l’impact des images dans la narration. Ces stratégies (construction d’un arc narratif, création de métaphores visuelles) sont essentielles lorsque les élèves développent leurs propres idées d’histoire.
La façon dont Kove entrelace ses souvenirs dans la ligne du temps du film permet aussi aux élèves de comprendre comment capter l’attention du public grâce au placement stratégique des images. Les lignes « vacillantes » du début et de la fin ramènent le spectateur au point de départ afin de souligner l’évolution des personnages. Lorsque les élèves créent leurs propres récits, ils doivent réfléchir à l’ordre des événements et à l’effet que cela aura sur l’engagement du public et sur ce qui restera en mémoire.
Par exemple, la métaphore du nuage sombre, qui apparaît à différents moments, illustre efficacement l’impact du bien-être de la mère sur la famille et permet de mieux comprendre comment Kove vivait ces moments durant son enfance. Ce type de référence visuelle est important à maîtriser lorsque les élèves abordent des idées plus complexes ou réfléchissent à l’impact global de leur histoire.
Une activité complémentaire que j’utilise en classe pour cerner ces moments clés est le scénarimage à rebours. Cette approche consiste à partir d’un film terminé et à demander aux élèves de dessiner (même de façon très sommaire) les moments clés ou les changements de scène sur un gabarit de scénarimage. Les élèves doivent ensuite déterminer les plans, les angles et les actions associés à chaque scène. Cette activité permet non seulement de consolider la compréhension des angles et des plans de caméra, mais aussi de démontrer que l’ordre des images est un choix intentionnel et réfléchi.
Comme le suggère la conclusion du guide, celui-ci offre un excellent point de départ pour approfondir la réflexion autour de questions plus complexes : quelle est l’importance de nos souvenirs, même s’ils ne sont pas parfaitement fidèles à la réalité ? Cette question constitue un excellent déclencheur pour un paragraphe de réflexion, invitant les élèves à faire des liens avec leur propre réalité.
Aujourd’hui plus que jamais, il est essentiel d’aider les élèves à analyser de manière critique l’information et les contenus qu’ils consomment, surtout en ligne. Cela dit, il est tout aussi important de laisser de l’espace aux conteurs pour partager leurs expériences telles qu’ils s’en souviennent, en reconnaissant que la force d’un récit repose davantage sur son impact global que sur la précision historique de chaque détail.
Jon Lewis travaille en éducation depuis plus de 20 ans, tant au primaire qu’au secondaire, dans divers rôles. Il a occupé des fonctions régionales, notamment comme coordonnateur de programmes pour l’engagement numérique, et s’implique aussi dans sa communauté comme photographe et vidéaste auprès d’artistes de la relève. Passionné par la photographie, le cinéma et l’animation, il occupe actuellement un poste d’enseignant en technologie des communications au secondaire.
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