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Le tournoi : la force d’une communauté

Le tournoi : la force d’une communauté

Le tournoi : la force d’une communauté

Mon fils Isaac a commencé à jouer au para-hockey sur glace en 2016. Même s’il n’avait pas la moindre idée de la façon dont on pratique ce sport, il a adoré. Il n’avait jamais vu de partie de hockey traditionnelle (ou hockey pour personnes sans difficultés physiques, comme on dit dans le monde du para-hockey sur glace).

Winnipegois depuis toujours, Sam Vint, métis et fier de l’être, a tenu divers rôles dans le secteur cinématographique et télévisuel : il a été recherchiste, preneur de son et caméraman. Le tournoi, son nouveau court métrage documentaire, est maintenant accessible sur ONF.ca.

Dès le premier match auquel nous avons assisté en famille, nous sommes tombés sous le charme. À vrai dire, la charme a opéré avant même le début du match puisque ce n’est pas tant le jeu qui fait la particularité du para-hockey sur glace, mais la communauté qui s’y rattache. Nous sommes entrés dans l’aréna — à pied ou sur roues — et à la vue des déambulateurs, des fauteuils roulants et des jambes prothétiques entassés le long des bandes, nous nous sommes tout de suite sentis chez nous.

J’ai immédiatement repéré un gars que j’ai rencontré il y a longtemps ; plutôt une connaissance qu’un ami. Dans les cinq minutes qui ont suivi nos retrouvailles, il m’a raconté le jour où son fils de 12 ans lui a demandé s’il pouvait se faire amputer la jambe. Nous étions venus découvrir un nouveau sport, et nous sommes repartis en appartenant désormais à un nouveau monde.

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Le tournoi

ONF

Isaac avait alors trois ans, et je voulais à tout prix trouver un sport qu’il pourrait pratiquer. Pendant des décennies, j’avais été entraîneur sportif auprès des jeunes et je savais à quel point c’était important. J’avais vu combien le fait d’appartenir à une équipe et d’apprendre la pratique d’un sport pouvait améliorer la confiance en soi d’un enfant et son sentiment d’avoir sa place dans le monde.

Mon fils aimait tous les sports, et il me fallait dès que possible lui trouver une équipe et lui inculquer un esprit de saine compétition. Isaac n’avait que quatre ans lorsqu’il a adopté le para-hockey, et il commençait à prendre conscience du fait qu’il était différent de la plupart des enfants.

Le premier tournoi auquel nous avons assisté a été une révélation, quelque chose de magique. Chacun des athlètes de l’équipe a grandi, au cours de ce week-end-là. Ce tournoi organisé par une petite ville américaine dans un minuscule aréna semblable à une grange s’est révélé extraordinaire. Il était impressionnant de voir l’effet que produisaient l’adrénaline et la compétition sur les joueurs. Isaac était fou de joie et il avait trouvé un nouveau centre d’intérêt dans sa vie. Ma fille Cooper a elle aussi demandé à faire partie de l’équipe.

Sur le long chemin du retour, alors que nous nous laissions encore porter par la vague de ce week-end qui venait de transformer notre vie, ma femme Trish s’est penchée vers moi et m’a dit : « Il faut que tu fasses un documentaire là-dessus. » C’était il y a cinq ans. Ce premier tournoi a été suivi d’un autre chaque année, et les résultats ne se démentent pas : tous les athlètes s’améliorent de façon notable et il y a un rapprochement marqué entre les membres de l’équipe.

À nos yeux, rien ou presque ne pouvait surpasser ce tournoi… jusqu’à ce que nous nous rendions au Hendrickson Foundation National Hockey Festival. Cette fois, nous n’étions plus dans une grange d’une petite ville, mais sur la super patinoire du National Sports Center, le plus grand complexe de patinoires au monde. Et il n’y avait pas seulement quelques équipes, mais bien 54, réparties dans plusieurs divisions.

Larry Hendrickson, père du hockey sur glace au Minnesota, est à l’origine du Hendrickson Foundation National Hockey Festival. Il avait d’abord été présent sur la scène internationale du hockey à titre d’entraîneur de force non officiel de l’équipe américaine aux Olympiques de 1980 — rappelez-vous le « miracle sur glace ». Larry incarnait le hockey, au Minnesota : il avait été entraîneur à l’université du Minnesota, puis pour les North Stars, l’équipe de la LNH.

Le Festival, comme on l’appelle, comprend plusieurs divisions : para-hockey sur glace, hockey sonore, hockey spécial et hockey warrior pour les anciens combattants qui ont subi des blessures. Le nombre de participants impressionne : 1000 athlètes provenant de 12 États et de deux pays. Chaque année, c’est le week-end préféré de ma famille. Ce n’est pas seulement amusant, c’est magique et étonnamment, presque entièrement gratuit ! Comme Larry est décédé en 2018, le documentaire est dédié à la mémoire de ce grand homme.

Sam Vint (Photo : Thomas Fricke)

En ce qui concerne le tournage du film, quelques idées me semblaient essentielles pour montrer les aspects du para-sport que je souhaitais faire voir au public. D’abord, nous avons pris la décision de ne pas filmer les adultes : le film porte sur les enfants. Ensuite, nous tenions à ce que la caméra se trouve sur la glace. J’ai visionné toutes les vidéos de hockey sur luge que j’ai pu trouver, et elles étaient pour l’essentiel filmées depuis les estrades. Je voulais voir le visage de ces athlètes et faire partie de l’action.

Enfin, il nous importait de ne pas censurer le regard que nous portions sur les joueurs. Ce ne sont pas les petits enfants sans défense dont vous avez pitié lorsque vous les croisez au centre commercial, mais des compétiteurs redoutables, capables d’une certaine mesquinerie quand les choses ne se passent pas comme ils le veulent. Nous avons choisi de montrer les bons et les mauvais coups.

Et puis, nous avons voulu mettre l’accent sur autre chose que la situation de handicap. Vous remarquerez que le mot n’est prononcé qu’une fois dans le film. Les enfants ne laissent pas cette situation les définir et j’espère que les spectateurs le verront clairement.


VISIONNEZ LE TOURNOI

Le tournoi, Sam Vint, offert par l’Office national du film du Canada

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