La maison oubliée de Félix Leclerc

La maison oubliée de Félix Leclerc

La maison oubliée de Félix Leclerc

Afin de souligner le 30e anniversaire de la mort de Félix Leclerc, une nouveauté fait son entrée cette semaine sur ONF.ca : Le 186 pour la mémoire (2016) de Martin Leclerc.

Le 186, c’est le 186 chemin de l’Anse à Vaudreuil, l’adresse de la maison où, en 1956, s’installe Félix avec sa première femme, Andrée Vien, surnommée Dedouche, et son fils, Martin. Un lieu mythique où l’auteur du P’tit bonheur écrira plus de 80 chansons et une quinzaine d’œuvres littéraires (romans, recueils de poèmes et pièces de théâtre)!

Le 186 pour la mémoire, Martin Leclerc, offert par l'Office national du film du Canada

C’est d’ailleurs dans cette maison que se rendent, à la fin des années 1950, Claude Jutra, Michel Brault et une équipe de l’ONF pour tourner le documentaire Félix Leclerc troubadour (1958).

La maison abandonnée

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Devant la maison à Vaudreuil

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Félix Leclerc dans sa maison de Vaudreuil (ONF)

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Dans la maison de Félix Leclerc

Quand Félix quitte le 186 pour refaire sa vie à l’île d’Orléans à la fin des années 1960, Martin et sa mère continuent d’y habiter pendant quelques années. La maison est ensuite vendue, puis, au fil du temps, abandonnée, jusqu’à ce que Lorraine Messer, une amie de la famille, entame des démarches auprès de la ville de Vaudreuil pour la rénover et en faire un centre d’interprétation en l’honneur de son célèbre occupant.

Félix Leclerc et son fils Martin (Photo : Fred Mella)

Quelques mois avant le début des travaux germe, dans l’esprit de Mme Messer, l’idée d’un film sur la restauration de la maison. Pour elle, il n’y a qu’une seule personne qui puisse réaliser ce projet: le fils de Félix lui-même, Martin Leclerc ! Caméraman de métier, celui qui a travaillé pendant plus de quarante ans dans le cinéma et qui, ironie du sort, n’a jamais braqué sa caméra sur son père, se laisse tenter par l’aventure.

Le parcours de Martin Leclerc, qui m’accordait récemment un entretien, est impressionnant. Jeune, il est fasciné par la photo, après avoir vu Blow Up (1966) de Michelangelo Antonioni. Il rêve de devenir photographe et de parcourir le monde avec un grand reporter. À la fin des années 1960, il s’inscrit à la Famous Photographers School, une école de photo qui offre des cours par correspondance mis sur pied par un regroupement de photographes du magazine Life.

En 1971, il entre à l’ONF, d’abord comme assistant-caméraman, puis comme caméraman permanent. Il y restera jusqu’en 1996. Son nom figure au générique de plus de 120 films !

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Travailler aux côtés de Pierre Perrault et Jean Lemire

Il ne délaisse pas la photo pour autant. Il reste toujours à l’affût de belles images à capter sur le vif avec son appareil photo, qu’il garde en permanence accroché à son cou, pendant ses tournages. Il tient un journal de bord en photos sur tous ses projets, une pratique commencée au début des années 1980 sur le tournage de La bête lumineuse (1982) et inspirée par le cinéaste Pierre Perrault, qui tenait aussi un journal, écrit celui-là, lors du tournage de ses films.

Pendant plus de vingt ans, il tourne plusieurs films pour l’ONF un peu partout au Canada et à l’étranger. Il parcourt ensuite les Amériques avec la série de films pour la télévision de Radio-Canada Plein sud, le grand voyage (2002), emprunte le passage du Nord-Ouest à bord du voilier Sedna IV pour le projet de films de Jean Lemire, Mission Arctique (2003), puis sillonne les eaux de l’Antarctique, toujours avec l’équipe de Lemire, pour le projet Mission Antarctique (2009).

On peut dire que Martin Leclerc aura réalisé son rêve de jeunesse de devenir photographe en accompagnant non pas un reporter, mais des cinéastes, un appareil photo autour du cou et une caméra sur l’épaule!

La Maison Félix-Leclerc aujourd’hui

Le 186 pour la mémoire est bien plus qu’un film sur la restauration d’une maison. C’est un hommage, plein de tendresse et de nostalgie, à un père. C’est l’évocation des souvenirs de jeunesse d’un photographe-caméraman exceptionnel. C’est aussi une œuvre d’une beauté remarquable tournée en noir et blanc – une idée du cinéaste qui voulait harmoniser ses images à celles des archives intégrées dans le film. Enfin, c’est un documentaire qui sert de trait d’union entre le passé et le futur d’une maison qui fait maintenant partie de notre histoire.

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MacPherson

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