Premières armes : 12 semaines aux côtés des recrues de l’armée

Premières armes : 12 semaines aux côtés des recrues de l’armée

Premières armes : 12 semaines aux côtés des recrues de l’armée

Après ses magnifiques portraits de l’adolescence (La marche à suivre) et de l’âge d’or (La belle visite), Jean-François Caissy s’est cette fois immiscé dans l’univers de jeunes adultes qui font leur entrée dans les Forces armées canadiennes. Axé sur l’expérience humaine avant tout, Premières armes est le troisième volet de sa série de cinq films sur les grandes étapes de la vie.

Photographe et créateur de documentaires d’observation, Jean-François Caissy est reconnu pour sa capacité à révéler de captivants microcosmes de notre société.

Tourné en immersion totale, chacun de ses films est né dans un univers dont certains aspects méconnus le fascinaient : une résidence pour personnes âgées, une école secondaire et, plus récemment, un camp d’entraînement militaire destiné aux recrues.

« L’armée est un monde parallèle à celui dans lequel j’exerce mon métier de cinéaste. Je vise la liberté de créer et de m’exprimer, tandis qu’on demande aux recrues d’apprendre à obéir, dans un canevas très précis. Moi, je dois plutôt apprendre à me faire confiance et à foncer, même quand on me dit non. » – Jean-François Caissy

Caissy, dont le frère est allé à l’école militaire, raconte que l’armée est un choix de carrière très singulier qui l’intéressait bien avant qu’il prenne la décision d’y camper son troisième long métrage.

« J’avais l’impression que mon frère vivait quelque chose de vraiment hors de l’ordinaire. Une aventure qui ne m’aurait pas plu, mais qui me fascinait quand même. »

Tourner parmi de futurs soldats

Plusieurs années plus tard, le cinéaste a porté son regard sur le monde militaire parce que ce dernier offre des conditions de gestation idéales pour le type de documentaire où il a laissé sa marque : la possibilité de cohabiter avec un groupe vivant selon un horaire très précis réglé plusieurs semaines à l’avance.

« Comme je fais des documentaires sans entrevue et sans thèse, il me faut un milieu où je peux observer librement des actions qui m’interpellent. Même si je suis habitué à travailler sur de plus longues périodes, avec des moments de recul, les conditions de tournage de Premières armes étaient vraiment de l’or pour moi. »

Premières armes

Caissy et le directeur photo Nicolas Canniccioni tournaient cinq jours par semaine, se levant parfois aussi tôt qu’à quatre heures du matin pour suivre de près la stricte routine observée par un groupe de jeunes adultes — des hommes et des femmes âgés de dix-huit à trente ans. Cet accès privilégié, qui permet au spectateur de découvrir de l’intérieur certaines étapes de l’entraînement de base, a pris un an à être obtenu. Mais, lorsqu’il a enfin eu l’autorisation de réaliser son film, les Forces armées ont donné carte blanche au cinéaste, une condition nécessaire.

« L’armée a compris, en voyant mes autres films, que je ne juge pas mes sujets. Elle a vu que je porte beaucoup d’amour et d’intérêt à mes participants, et que mon but n’est pas de démontrer une idée prédéterminée. »

Caissy rappelle que ses documentaires sont avant tout des rencontres, et qu’il laisse le soin aux auditeurs de se faire leur propre opinion par la suite.

Le film sera projeté en première québécoise  à l’occasion des Rencontres internationales du documentaire de Montréal les 9 et 12 novembre 2018.

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