Quel est le réel pouvoir du citoyen : retour sur 4 combats sociaux

Quel est le réel pouvoir du citoyen : retour sur 4 combats sociaux

Quel est le réel pouvoir du citoyen : retour sur 4 combats sociaux

Vous l’attendiez avec impatience : Pipelines, pouvoir et démocratie d’Olivier D. Asselin est maintenant offert en location, en téléchargement et en DVD sur ONF.ca. Après une présence en festivals remarquée, c’est avec plaisir qu’est présenté ce documentaire qui trace le parcours de quatre acteurs importants dans le débat sur la construction d’oléoducs au Québec.  La démocratie est captée en temps réel via des rencontres de militants, des gestes de désobéissances civiles, des prises de paroles publiques, des congrès et des soupers spaghettis.

Pipelines, pouvoir et démocratie, Olivier D. Asselin, offert par l'Office national du film du Canada

Pour célébrer l’esprit de Pipelines, on vous suggère quatre autres documentaires traitant de luttes sociales significatives, et tant que possible, ce qui s’est passé depuis la diffusion de ces films.

4 films revendicateurs

En trame de fond, autant dans Trou Story de Richard Desjardins (Le peuple invisible) que dans Pas de pays sans paysans d’Ève Lamont (Le commerce du sexe), on voit le même modèle se répéter : des entités financières transnationales jouent impunément avec les ressources naturelles de nations souveraines, bénéficiant de l’aval de gouvernements locaux complaisants. La soif de profits de ces entreprises ravage les écosystèmes qu’elle affectent, délocalise les populations locales qu’elles utilisent, déplacent ou enterrent à leur gré, et cherche de nouveaux environnements à parasiter une fois le paysage local décimé, devenu les ruines inguérissables d’un passé moins profitable mais mille fois plus sain. Et s’il faut exploiter des esclaves d’un côté et enrichir des nantis facilitateurs d’un autre, so be it.

Depuis Trou Story

Trou Story, Richard Desjardins et Robert Monderie, offert par l'Office national du film du Canada

En 15 minutes, Richard Desjardins réécrit l’Histoire de l’empire Occidental, pour ensuite dresser la situation critique des régions minières exploitées et abandonnées par les énormes entités financières : les communautés sont souvent contraintes à payer pour les conséquences de l’exploitation agressive des ressources sur leur propre territoire, sans avoir eu grand mot à dire sur la gestion de ces dites ressources.

En 2015, l’IRIS a publié Dépossession – Une histoire économique du Québec contemporain. Dans le chapitre consacré aux mines, Laurie Handel Caravantes rappelle qu’aucun projet minier n’a jamais été refusé par le gouvernement du Québec, que le BAPE sert surtout à titre d’outil communicationnel pour justifier les projets miniers sur le territoire, et que l’État est en très grande partie responsable de régler les dégâts après le départ précipité d’entreprises avares sur l’impôt et le souci pour l’environnement. Depuis le film, les projets font face à davantage de regard critique s’ils affectent les communautés autochtones, mais en général la philosophie Far West du premier arrivé premier servi et de l’État banquier-facilitateur sert encore de norme internationale auquel le gouvernement se soumet.

Depuis Pas de pays sans paysans et Bacon, le film

Pas de pays sans paysans , Eve Lamont, offert par l'Office national du film du Canada

Bacon, le film, Hugo Latulippe, offert par l'Office national du film du Canada

Depuis la diffusion des documentaires Pas de pays sans paysans d’Ève Lamont et de Bacon, le film d’Hugo Latulippe, les choses ne se sont pas tant améliorées en termes d’agriculture ou d’élevage industriel. Prenons deux acteurs importants dans le documentaire d’Ève Lamont et voyons où ils en sont rendus en 2016, un peu plus d’une décennie plus tard : la géante agroalimentaire Monsanto vient d’être achetée par la firme pharmaceutique Bayer à 66 milliards $US, alors que le militant français José Bové a été interdit d’entrée au Canada, où il devait donner une conférence.

En 3 minutes (vidéo) : Gérald Fillion et l’impact de l’entente libre-échange Canada-UE sur le porc, le bœuf, l’UPA et les OGM.

Il est aussi intéressant de regarder ces documentaires avec une perspective d’éthique animale, alors que le mouvement antispéciste fait des avancées considérables (Je mange avec ma tête d’Élise Desaulniers, Voir son steak comme un animal mort de Martin Gibert). Il y a 7 millions de porcs au Québec, et leurs carcasses se dirigent de plus en plus vers des congélateurs chinois.  Depuis 2014, les cochons canadiens vivent dans des conditions un peu moins atroces qu’auparavant. Il existe maintenant des régulations mises à jour pour les nouvelles cages des cochons voués à la consommation, mais les installations existantes n’ont pas nécessairement à s’adapter aux nouveaux critères canadiens.

D’un point de vue légal, une bataille symbolique a fait rage en Ontario, alors qu’une militante végane est poursuivie en justice parce qu’elle servait de l’eau à des cochons assoiffés en route vers la grande faucheuse. La militante en question, Anita Krajnc, sera au Festival végane de Montréal cette fin de semaine, et pour un compte-rendu plus complet de la saga judiciaire, rendez-vous sur le blogue d’Élise Desaulniers.

Depuis La bataille de Rabaska

La bataille de Rabaska, Martin Duckworth et Magnus Isacsson, offert par l'Office national du film du Canada

Ce documentaire relate la bataille victorieuse de citoyens contre un projet de terminal méthanier à Beaumont. Après des mois de luttes citoyennes, ce projet a officiellement été abandonné en 2013 par le gouvernement Marois. Et pour boucler la boucle, André Bélisle (AQLPA) et Daniel Breton interviennent dans ce documentaire, bien avant la sortie de Pipelines, pouvoir et démocratie, auxquels ils contribuent également!

Ajouter un commentaire

Commenter