Les beaux souvenirs

Les beaux souvenirs

Films

La rentrée culturelle, qui est déjà à nos portes en cette fin d’été, est souvent l’occasion pour les amateurs de cinéma de faire de nouvelles découvertes. Voilà pourquoi je vous invite cette semaine à découvrir sur notre site un film longtemps prisonnier de nos voûtes, presque oublié, et maintenant disponible, Les beaux souvenirs (1981) du cinéaste Francis Mankiewicz.

Écrit par le romancier et dramaturge Réjean Ducharme, tourné à l’Île d’Orléans à l’été 1980 et sorti en salle à l’automne de l’année suivante, le film est le fruit de la deuxième collaboration entre Mankiewicz et Ducharme. La première fut Les bons débarras. Ce film connut un immense succès, tant public que critique, et est considéré comme un film phare de notre cinématographie. Les beaux souvenirs aura d’ailleurs un peu souffert de la comparaison, lors de sa sortie. Il connaîtra une sortie en salle difficile, pour ne pas dire désastreuse, tenant l’affiche à Montréal à peine plus de deux semaines! Les critiques ne furent pas tendres non plus, reprochant notamment au scénario de Ducharme d’être confus et de manquer de profondeur.

Pourtant le quatrième opus de Mankiewicz, un cinéaste de grand talent, tragiquement emporté par le cancer à l’âge de 49 ans et qui n’aura malheureusement eu le temps que de faire 5 longs métrages de fiction, est une œuvre forte! Elle relate sans détour, sans pitié, sans compromis, mais avec beaucoup de subtilité, la dérive de trois êtres, un père et ses deux filles, marqués par le départ inopiné de la mère avec un autre homme.

Les beaux souvenirs est, selon les mots de ses auteurs, « une recherche fébrile et à sens unique de l’amour, un film sur la fragilité des êtres, sur la recherche de l’amour, sur le besoin d’aimer et d’être aimé [1]». Sombre, troublant, tragique, sans compromis, c’est un film difficile, exigeant. Ce qui explique peut-être son insuccès au box-office.

Ce sera malheureusement le dernier film du tandem Mankiewicz-Ducharme. On aurait souhaité que dure cette collaboration. La fin de cette association reste un mystère; comme tout ce qui entoure l’auteur de L’avalée des avalés de toute manière!

Je vous invite à voir ce film! Oubliez ce que vous connaissez ou ce que vous avez entendu de Ducharme. Oubliez Les bons débarras! Et laissez-vous emporter par ses beaux souvenirs!


[1] Tiré du dossier de production du film.