acic_blogue

ACIC – Soutien aux cinéastes indépendants

Éducation

Il y a quelques semaines, je me suis retrouvée par hasard à faire du covoiturage avec une jeune cinéaste. En route vers notre destination commune, nous nous sommes échangé la question classique : que fais-tu dans la vie? Moi : « Je travaille à l’ONF. » Elle : « Je suis cinéaste indépendante. » Tiens donc!

C’est ainsi que j’ai appris qu’elle avait reçu l’aide de l’ONF pour compléter son film. Elle a fait appel à l’ACIC, un programme d’aide destiné aux cinéastes indépendants. En discutant avec elle, je me suis rendu compte que je ne connaissais pas beaucoup ce programme. Je suis donc allée à la rencontre de la productrice et responsable de l’ACIC, Johanne Bergeron, pour lui poser quelques questions.

Cinéastes indépendants, ce qui suit est pour vous.

Catherine Perreault : Qu’est-ce que l’ACIC?

Johanne Bergeron : L’ACIC est un programme au sein de l’ONF qui existe depuis près de 40 ans. Il offre aux cinéastes indépendants un soutien sous la forme de services techniques de postproduction en image et en son.

Qui peut demander l’aide de l’ACIC?

L’ACIC s’adresse à tous les cinéastes francophones à travers le Canada. Parfois, nous soutenons leurs besoins à distance, mais c’est du cas par cas, dépendamment de la complexité du projet.

Nous soutenons les courts métrages de fiction (30 minutes ou moins), les documentaires (tous les formats – court, moyen et long-métrage) ainsi que les films à caractères expérimentaux.

Le programme s’adresse aussi aux cinéastes d’animation, mais ces derniers doivent passer par la productrice du studio d’animation français de l’ONF, Julie Roy.

Est-ce que l’ONF devient producteur du film dès qu’une équipe fait appel à l’ACIC?

Non. L’ACIC n’emporte pas de droits sur les films soutenus par ce programme. Il est important de comprendre que ce n’est pas un programme d’aide financière. L’ACIC n’agit pas à titre d’investisseur, ni de boursier. C’est un programme de soutien technique. À l’ACIC, le cinéaste doit avoir le plein contrôle  éditorial de son œuvre.

Et pour les coûts?

Nous chargeons 10 % aux utilisateurs. Par exemple, s’il a utilisé pour 25 000 $ de services techniques, on lui facturera 2 500 $ en fin de production. On parle donc d’un soutien considérable et qui permet, très souvent, aux cinéastes de terminer des films qu’ils ne pensaient peut-être plus être en mesure de terminer.

Combien de cinéastes aidez-vous à chaque année?

Nous avons annuellement près de 70 films en chantier et environ 30 films sont complétés grâce à l’ACIC.

Est-il difficile d’obtenir du soutien de l’ACIC?

Johanne Bergeron, productrice au programme ACIC

Je dois admettre que non, c’est assez facile. Nous fonctionnons selon le principe du premier arrivé, premier servi. Cela dit, je prends connaissance des scénarios et je m’assure que la proposition cinématographique ne comporte pas de propos discriminatoire, sexistes ou tout autres propos offensants. Nous acceptons tous les genres de films, que ce soit des œuvres réalisées par des cinéastes chevronnés ou par des débutants. Je dirais qu’environ 90 % des projets sont acceptés. Je rigole toujours en disant que j’ai la plus belle job à l’ONF! Mon taux de refus et de déception est effectivement très bas.

De nos jours, avec l’accessibilité des nouvelles technologies, tout le monde peut faire un film. Comment différenciez-vous « monsieur et madame tout le monde » des cinéastes indépendants?

Je demande que les participants aient un minimum de fonds en argent de leur côté. Quelqu’un qui n’a aucune source de financement ne se qualifie pas à l’ACIC. S’ils n’arrivent pas à trouver du financement auprès des institutions traditionnelles cinématographiques, comme la SODEC ou Téléfilm Canada, je les encourage à faire des levées de fonds ou à trouver une source de financement autre que cinématographique.

Du coup, je refuse aussi les projets qui sont très bien financés, le rôle de l’ACIC n’est pas là pour compléter une structure financière, mais bien pour soutenir des films qui, sans l’aide de l’ACIC, ne pourraient pas terminer leur film, nuance!

À quel moment dans leur calendrier de production les cinéastes doivent-ils venir vous voir?

Aussitôt que le film a une structure financière viable, venez nous voir. Certaines personnes viennent plus tard, lorsqu’ils sont déjà en postproduction et qu’ils réalisent qu’ils n’ont pas les moyens de terminer leur film. Nous trouvons généralement des arrangements à faire avec eux. Nous faisons toujours notre possible pour aider les cinéastes. Souvent, ils travaillent sur leur premier film. C’est leur carte de visite. Il est important de les soutenir.

À l’ACIC, la liste d’attente est très longue. Une production peut attendre près de six à douze mois avant d’avoir accès aux services techniques demandés, surtout pour les productions documentaires de moyens et longs métrages. C’est la raison pour laquelle on demande, si possible, de déposer une demande aussitôt que le financement est en partie complété et non, après le tournage ou le montage image.

 

Pour plus d’informations sur ce programme, consultez la brochure de l’ACIC (PDF) sur notre site ONF.ca/acic ou contactez la productrice Johanne Bergeron par courriel : j.bergeron@onf.ca ou par téléphone : 514 283-9628.