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Un chat, un étrange visiteur, une vache, une grenouille et une petite fille : voici Cordell Barker

Un chat, un étrange visiteur, une vache, une grenouille et une petite fille : voici Cordell Barker

Un chat, un étrange visiteur, une vache, une grenouille et une petite fille : voici Cordell Barker

Ces quelques mots pourraient à eux seuls résumer les cinq films qu’a réalisés Cordell Barker à l’ONF. Cinq personnages, qui ne sont pas toujours les protagonistes dans les histoires du cinéaste, mais qui agissent toujours comme un élément perturbateur qui met en branle l’action, et parfois aussi comme un élément de contraste. Voyons cela de plus près.

Un chat

Le chat colla (1988) raconte l’histoire de monsieur Johnson, qui, un jour, découvre sur le pas de sa porte un petit chat jaune dans un joli panier. Ce matin-là, il ne se doute pas que sa vie va changer. D’abord séduit par ce petit chaton tout mignon, il a tôt fait de le renvoyer d’où il vient quand l’animal brise son hochet préféré. Mais le félin ne voit pas les choses du même œil. Monsieur Johnson a beau trouver toutes sortes de manières de s’en débarrasser, chaque fois, le petit chat revient. D’où le titre original anglais du film, The Cat Came Back (le chat est revenu). Voilà donc un premier exemple de personnage qui agit comme un élément déclencheur de l’action.

Ce premier court métrage de Cordell Barker, inspiré d’une chanson folklorique, dont, à coup sûr, vous fredonnerez le refrain après avoir vu le film, connaît un immense succès public et critique. Il récolte plus d’une quinzaine de prix ici et à l’étranger, dont une nomination aux Oscars®. Il devient rapidement un classique de notre collection. Pas si mal pour un cinéaste autodidacte qui était convaincu que son film était mauvais et qu’il devait retourner travailler dans la construction! Ce film lance la carrière de Cordell Barker comme animateur. Originaire de Winnipeg, il avait commencé à faire de l’animation au studio Kenn Perkins, avant de se joindre, en 1982, à l’équipe d’animation du studio de l’ONF de sa ville natale.

Le chat colla…, Cordell Barker, offert par l’Office national du film du Canada

Cette œuvre lui permet de découvrir son style : une animation avec des dessins simples, qui lui donnent la possibilité de se concentrer sur le rythme du film et de développer un sens du timing. Elle révèle aussi son intention de donner une place prépondérante à la musique et de miser sur l’humour. Le chat colla lui donne également l’occasion de développer son genre de film, c’est-à-dire des œuvres humoristiques qui, en apparence, s’adressent aux enfants, mais qui comportent une touche plus sombre susceptible de plaire aux adultes. Des caractéristiques qui se retrouveront dans tous ses films. Enfin, mentionnons que ce premier opus emprunte au style d’animation propre au studio de Winnipeg de l’époque, avec un personnage humain pas vraiment humain, doté d’une dentition protubérante, d’yeux exorbités et d’une voix gutturale et perçante.

Un étrange visiteur

Tombé du ciel (2001) nous invite à nous immiscer dans la vie de Roger et Doris, un couple amoureux qui mène une existence paisible dans sa petite maison. Une nuit, ils sont réveillés par l’arrivée d’un étrange visiteur… un enfant. Serait-ce la réalisation de leur rêve? Quand le petit prend toute la place, met la maison sens dessus dessous et détruit tout sur son passage, la réponse est moins sûre.

Tombé du ciel , Cordell Barker, offert par l’Office national du film du Canada

Dans ce deuxième film, Barker utilise le même procédé dramatique que dans le premier, mais, cette fois, c’est un enfant qui vient perturber la vie tranquille du couple. On y retrouve le même type d’animation simple que dans son film précédent. Les arrière-plans sont semblables. La maison du couple rappelle d’ailleurs celle de monsieur Johnson dans Le chat colla. Les personnages sont plus définis, plus proches de personnages humains, bien qu’ils conservent quelques traits caricaturaux.

Il s’agit assurément d’une comédie, mais pour les adultes. On comprend que le cinéaste veut nous dire qu’un enfant qui arrive dans la vie d’un couple débarque un peu comme un extraterrestre. Et que les enfants peuvent parfois nous rendre la vie difficile. Vous avez peut-être remarqué ce dessin qui passe à la vitesse de l’éclair au moment où le cinéaste multiplie les photos du petit à un rythme accéléré. Un dessin qui dit : « Cordell’s kids are evil. Dillon, Joshua + Jackson. Don’t pause this film » (les enfants de Cordell sont maléfiques. Dillon, Joshua + Jackson. Ne mettez pas ce film en pause).

Tout comme le premier, ce court métrage obtient un gros succès public et critique. Il est nommé aux Oscars® et reçoit plus d’une quinzaine de prix!

Une vache

Tandis qu’une vache se promène lentement sur un chemin de fer, un train de passagers circule à vive allure sur la même voie. Le train finit par percuter la vache. La collision dérègle les commandes du train. Le convoi, bondés de gens qui font la fête et qui ne soucient pas de ce qui se passe, prend de la vitesse et devient rapidement incontrôlable. Comment terminera-t-il sa course ? Voilà, en quelques mots, le résumé de Train en folie (2009), le troisième court métrage de Barker. Il s’agit, sans contredit, d’une métaphore de l’insouciance de l’humanité face aux dangers qui la menacent. Une humanité, avec ses classes sociales, ses luttes et ses injustices, qui se dirige tout droit vers la catastrophe.

Train en folie, Cordell Barker, offert par l’Office national du film du Canada

Tout comme dans les deux premiers films, un personnage — celui de la vache — agit ici comme un élément perturbateur. En effet, c’est la collision avec l’animal qui provoque le dérèglement du train. Mais cette vache constitue aussi un élément de contraste — la lenteur de l’animal opposée à la vitesse du train — et souligne le fait que le train et ses passagers courent à leur perte.

Bien que le sujet puisse être sérieux, comme à son habitude, Cordell Barker le traite avec beaucoup d’humour et de fantaisie. La musique de Ben Charest, compositeur de la trame musicale du long métrage d’animation Les triplettes de Belleville (2003), nommé aux Oscars® pour la Meilleure chanson originale, contribue grandement à ce ton comique. Elle dicte aussi le rythme et les changements de ton du film. L’animation de Cordell Barker, qui est cette fois moins cartoon, s’y fusionne avec brio.

Train en folie s’est vu décerner près d’une quinzaine de prix internationaux, dont le Petit Rail d’Or du meilleur court métrage lors du Festival de Cannes 2009, dans la section Semaine internationale de la critique.

Une grenouille

Avec Si j’étais le bon Dieu (2015), Cordell Barker nous propose ici une histoire plus personnelle, une histoire vraie. C’est, du moins, ce que nous indique le générique. Cordell Barker en est d’ailleurs le narrateur dans la version originale anglaise du film. Quoi qu’il en soit, nous retrouvons le petit Cordell en classe, à l’âge de douze ans. Il nous apprend alors qu’il se sent un peu comme un dieu. Il éprouve la sensation, tandis qu’il s’approche de l’âge adulte, que, bientôt, il pourra faire tout ce qu’il veut. Cela le remplit de quelque chose de puissant. Il ne sait pas encore ce qu’il va devenir, mais il a le sentiment que cela sera impressionnant. Lorsqu’il doit procéder à la dissection d’une grenouille, il comprend soudainement qu’il a un pouvoir de vie ou de mort sur le batracien. Il peut ramener l’animal à la vie comme bon lui semble. Un pouvoir que seul Dieu possède! Serait-il Dieu? S’il l’était, il pourrait se débarrasser des méchants, obtenir ce qu’il veut.

Si j’étais le bon Dieu…, Cordell Barker, offert par l’Office national du film du Canada

Dans cette fable à l’humour grinçant sur le passage de l’enfance à la vie adulte, c’est au tour d’une grenouille de jouer le rôle de l’élément déclencheur. N’est-ce pas la dissection et l’électrostimulation de cette grenouille qui déclenchent les réflexions du petit Cordell?

Avec ce quatrième opus, nous retrouvons toutes les caractéristiques des films du cinéaste : un humour déjanté, son sens du rythme et du timing, l’omniprésence de la musique et une histoire qui plaît à la fois aux enfants et aux adultes. Mais, cette fois, il utilise une nouvelle technique, soit l’animation de marionnettes, qu’il jumelle à de l’animation 2D. Les animateurs Sylvie Trouvé et Dale Hayward se chargent de l’animation des marionnettes, et Cordell Barker, de celle en 2D.

Si j’étais le bon Dieu a reçu plusieurs récompenses, dont le prix Gémeaux de la meilleure animation en 2017.

Une petite fille

Les premières images de Bonne chance à vous tous (2025), le tout nouveau film de Cordell Barker, nous montre une petite fille qui joue avec ses jouets. Un robot miniature s’approche soudainement d’elle. Elle s’en empare, lui arrache la tête pour la remplacer par celle de sa poupée, joue un peu avec lui, puis le jette au sol. Le robot se relève, quitte la maison et part à la découverte du monde extérieur. Puis, il se met à grossir, grossir, jusqu’à devenir un géant. Il devient alors une menace pour tout ce qui l’entoure. Pendant ce temps, nous entendons les réflexions fragmentées de scientifiques et de philosophes sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle (IA). La fillette vient-elle, sans s’en rendre compte, de créer la machine intelligente, dotée d’une conscience, qui est capable de nous détruire ? Ce récit fantaisiste nous propose une réflexion à la fois amusante et inquiétante sur ce nouveau jouet technologique qu’est l’IA.

Bonne chance à vous tous, Cordell Barker, offert par l’ Office national du film du Canada

Ce n’est pas ici un chat, ni un étrange visiteur, ni une vache, ni une grenouille qui agit comme élément déclencheur de l’action, mais une petite fille. C’est elle qui, en remplaçant la tête du robot, déclenche la série d’événements qui suivront. Mais ce personnage, tout comme celui de la vache dans Train en folie, constitue aussi un élément de contraste — le point de vue naïf de l’enfant opposé à celui plus articulé des scientifiques et des philosophes. Un point de vue qui pourrait bien être celui du spectateur, ni scientifique ni philosophe.

Ce court métrage marque peut-être un tournant dans l’œuvre du cinéaste. Bien qu’il revienne à une animation naïve dessinée à la main et garde sa touche humoristique, Cordell Barker intègre, pour la première fois, des éléments documentaires dans son film. Il accorde aussi moins de place à la musique. De plus, il soulève des questions difficiles, dont nous n’avons pas les réponses, quant à l’utilisation que nous ferons de l’IA à l’avenir. Cet avenir reste incertain et angoissant. Le titre de son film ne vient-il d’ailleurs pas d’une déclaration faite à la radio par la reine Elizabeth II (alors la princesse Elizabeth) en 1940, tandis que débutait la plus terrible des guerres ? En somme, Cordell Barker, avec ce film, nous souhaite à tous bonne chance dans un monde régi par l’IA.

Je vous invite à voir ce tout nouveau film, que nous venons de lancer sur le site. Et si ce n’est pas déjà fait, revoyez les quatre autres films, en visitant la chaîne La collection Cordell Barker.

 

Et un petit message de notre équipe marketing…

Nos rêves seront bientôt exaucés ! Cordell travaille actuellement sur un court métrage de Noël d’une trentaine de minutes pour toute la famille : un conte animé mettant en vedette un personnage tout droit sorti du pôle Sud.
Le film ANTA CLAUS devrait être lancé en décembre 2026. Restez à l’affût !

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