Vérité et réconciliation au coeur des oeuvres de l’ONF

Vérité et réconciliation au coeur des oeuvres de l’ONF

Vérité et réconciliation au coeur des oeuvres de l’ONF

« Les histoires sont des choses merveilleuses. Et elles sont dangereuses. »  – Thomas King

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur le récit et sa portée culturelle, adressez-vous à Thomas King. Né d’un père cherokee et d’une mère gréco-allemande, il porte un regard nouveau et acéré sur l’expérience autochtone avec des romans tels que Truth and Bright Water et Green Grass, Running Water (1993; trad. L’herbe verte, l’eau vive) et l’émission de radio d’avant-garde The Dead Dog Café Comedy Hour.

Son spirituel essai The Inconvenient Indian: A Curious Account of Native People in North America, (2012; trad. L’Indien malcommode) est un contre-récit passionné de l’histoire officielle. Le défunt romancier ojibwé Richard Wagamese l’a d’ailleurs comparé aux écrits de Mark Twain, affirmant qu’il s’agissait d’une « lecture essentielle pour quiconque se [souciait] du Canada et [cherchait] à comprendre les peuples autochtones, leurs problèmes et leurs rêves ».

Du récit futuriste en RV à la réflexion personnelle sur l’assassinat par balles de Colten Boushie, ils constituent l’élément central du Plan d’action triennal qu’a lancé l’ONF en juin 2017 afin de redéfinir ses relations avec les peuples autochtones.

Lorsque la Commission de vérité et réconciliation (CVR) a publié son rapport final en 2015, le juge Murray Sinclair et les autres membres de la Commission ont clairement indiqué que la prise en considération véritable de l’héritage des pensionnats indiens et, plus largement, de l’histoire du colonialisme interne qu’a pratiqué le Canada, allait nécessiter un engagement à long terme de la part de la population et des institutions canadiennes. Le rapport comportait un vibrant appel à l’action : 94 recommandations précises touchaient une grande diversité d’acteurs sociaux et politiques.

Les commissaires ont fait état du rôle fondamental qu’avaient à jouer les artistes et les institutions œuvrant dans les secteurs de la production culturelle et de la mémoire publique : « l’expression créative peut jouer un rôle vital dans le processus de réconciliation national, car elle fait place à d’autres voix, d’autres véhicules et d’autres occasions d’exprimer les vérités de l’histoire et les espoirs du présent. »

À titre de producteur et distributeur public ayant pour mandat de présenter le Canada dans toute sa complexité à la population canadienne et au monde, l’ONF a entendu l’appel et mis en œuvre, il y a maintenant un an, un plan exhaustif orienté vers une transformation institutionnelle. Ce plan vise notamment à établir l’équité pour les créateurs, les employés, les partenaires et les publics autochtones.

Le Plan d’action autochtone de l’ONF touche tous les secteurs opérationnels, de l’embauche et de la distribution aux systèmes d’information de la bibliothèque, où des travaux sont en cours pour revoir la terminologie et les concepts désuets issus du colonialisme.

Parmi les points saillants du Plan d’action, soulignons l’engagement d’atteindre la parité de représentation au sein des effectifs d’ici 2025, l’élaboration de protocoles axés sur le travail avec des partenaires autochtones et les sujets clés abordés, ainsi que l’engagement formel de consacrer au moins 15 % des dépenses globales de production aux projets des cinéastes et conteurs autochtones. Voici d’ailleurs quelques-uns de ces récits et projets.

À l’affiche :

  • La cinéaste anishinaabe Lisa Jackson s’adapte aisément à plusieurs genres. Dans la production interactive en réalité virtuelle Biidaaban: First Light, présentée en première au Festival du film de Tribeca en avril 2018, elle collabore avec l’artiste Mathew Borrett pour faire apparaître un Toronto du futur, remanié à la lumière des langues et du savoir autochtones d’origine de la ville. Mentor en qualité de réalisatrice dans le cadre du programme IndigiDocs de l’Institut national des arts de l’écran (NSI), Lisa Jackson a obtenu le Prix Alanis Obomsawin du meilleur documentaire au festival imagineNATIVE 2017 pour son film Indictment: The Crimes of Shelly Chartier, coréalisé avec Shane Belcourt. Rob McLaughlin et Dana Dansereau assurent la production au Studio des productions interactives.

En production

  • Nombreuses sont les communautés autochtones où la toxicomanie sévit depuis longtemps, un état de fait qui trouve ses racines dans l’histoire coloniale du Canada. Le long métrage documentaire d’Elle-Máijá Tailfeathers Kimaapiipitsin est une lettre d’amour inconditionnel et sincère au passé, au présent et à l’avenir de son peuple, la Première Nation Kanai de l’Alberta. Les opiacés et l’alcool ont eu des conséquences dévastatrices sur la communauté, mais Kiimaapiipitsin présente le portrait d’un peuple cherchant activement de toutes nouvelles solutions à un vieux problème. Que se passerait-il si des communautés autochtones mettaient en place des modèles de réduction des méfaits? Comme le souligne Esther Tailfeathers, médecin et mère d’Elle-Máijá : « Kimaapiipitsin signifie “nous avons de l’empathie pour les autres”. C’est notre réduction des méfaits. » En production au Studio du Nord-Ouest. David Christensen assure la production.
Elle-Máijá Tailfeathers (Photo : Red Works)
  • Achevée en 1919, la construction de l’aqueduc de Winnipeg a permis d’acheminer l’eau de Shoal Lake jusqu’à la ville en croissance. Mais pour la Première Nation Shoal Lake 40, elle a donné lieu à des années de misère qui se sont soldées par l’isolement sur une île artificielle dont les habitants ont été tenus de faire bouillir l’eau pendant près de vingt ans. Après avoir lutté avec acharnement pour l’obtention d’une route, la Première Nation Shoal Lake 40 se prépare maintenant à de grands changements. La militante et cinéaste locale Angelina McLeod documente le processus de l’intérieur en réalisant Freedom Road, une série de courts métrages actuellement en production au Studio du Nord-Ouest. Alicia Smith assure la production.
  • Fruit d’une coproduction entre la société torontoise 90th Parallel Productions et le Studio de l’Ontario de l’ONF, The Inconvenient Indian est une réalisation de la cinéaste et militante métisse-algonquine Michelle Latimer. Celle-ci a de nombreux titres à son actif, dont Nuuca – qu’elle a coproduit par l’intermédiaire de sa propre entreprise Streel Film avec la société Field of Vision, dont Laura Poitras et Charlotte Cook sont les productrices exécutives – et Nimmikaage (Elle danse pour son peuple), un collage inventif conçu à partir des plans d’archives de l’ONF. « Michelle terminait Rise, une série révolutionnaire sur le militantisme autochtone partout au monde et nous avons tous pensé qu’elle serait parfaite pour ce projet », explique la productrice de l’ONF Justine Pimlott. Jesse Wente, nommé depuis peu directeur du Bureau des productions audiovisuelles autochtones du Canada récemment établi, a assuré la production de la création. Stuart Henderson en a signé la production pour 90th Parallel et Gordon Henderson en a été le producteur exécutif.

Nimmikaage (Elle danse pour son peuple), , offert par l'Office national du film du Canada

  • La trop courte vie de Jordan River Anderson a inspiré à Alanis Obomsawin une nouvelle œuvre : il s’agira du 52efilm d’une extraordinaire carrière qui a ouvert la voie aux cinéastes autochtones du Canada et du monde. Né avec une maladie génétique, Anderson a été forcé de passer sa vie entière dans un hôpital. On lui a refusé le droit de vivre chez lui, au sein de la nation crie Norway House, en raison  de querelles fédérales-provinciales sur le coût de l’équipement spécialisé dont il avait besoin pour pouvoir recevoir les soins à domicile. Sa vie et son héritage ont donné lieu à l’adoption du « principe de Jordan » ainsi qu’à la création d’une loi visant à faire en sorte que les enfants des Premières Nations et leurs familles obtiennent un accès équitable au traitement et aux mesures de soutien. Ce film s’intègre au cycle sur les droits de l’enfant qu’a entrepris Alanis Obomsawin : il fait suite aux productions On ne peut pas faire deux fois la même erreur  (2016) et Le chemin de la guérison (2017). La cinéaste assure la réalisation et la production de cette dernière création en date.

Le chemin de la guérison, Alanis Obomsawin, offert par l'Office national du film du Canada

  • Délia Gunn et Évelyne Papatie, deux jeunes réalisatrices dont les films, réalisés au moyen du studio Wapikoni mobile, ont mérité des prix, s’emploient à créer des courts métrages qui seront diffusés sur le Web dans le cadre d’un projet intitulé Le projet des 5 courts. Il s’agit d’un partenariat entre la société 08 Cinéma indépendant (Serge Bordeleau, producteur), établie à Val-d’Or, et l’ONF (Colette Loumède et Nathalie Cloutier, productrices).
  • Originaire de La Ronge, en Saskatchewan, Janine Windolph a durant toute son enfance été nourrie avec les produits de la terre, mais un déménagement à la ville l’a amenée à adopter le régime du sud essentiellement composé d’aliments transformés. Dans After the Thaw, l’artiste et éducatrice germano-crie atikamek-woodland prend avec ses deux fils la route du nord pour leur permettre d’acquérir les compétences essentielles en matière de survie – chasse, pêche et cueillette – auprès de leur grand-mère, laquelle a elle-même effectué un récent retour à la terre. Jon Montes assure la production.
  • Redécouvert récemment dans les salles de conservation de l’ONF, le court métrage Loon Lake avait été tourné par des membres de la mémorable Indian Film Crew, première unité de production entièrement autochtone de l’ONF formée en 1968 dans le cadre de la série documentaire Société nouvelle/Challenge for Change. Avec Loon River, en production au Studio du Nord-Ouest, le cinéaste et producteur cri-lakota Cory Generoux revient dans la communauté afin de présenter la première projection publique du film en cinquante ans. David Christensen assure la production.
  • La cinéaste et universitaire crie Tasha Hubbard se penche sur la mort de Colten Boushie et l’acquittement subséquent de Gerald Stanley, ainsi que sur l’histoire du territoire visé par le Traité no6 dans Life and Death of the Prairies, actuellement en production au Studio du Nord-Ouest. Naissance d’une famille, le remarquable film de réparation qu’elle a réalisé sur la « rafle des années soixante » en collaboration avec la journaliste Betty Ann Adam, a été présenté en première à Hot Docs en 2017 et a remporté un prix spécial du jury à imagineNative. Jon Montes assure la production, en coproduction avec la société Downstream Documentary Productions.
Tasha Hubbard (Red Works Photography)

En développement

  • En développement au Studio de la Colombie-Britannique et du Yukon, le film My Brother’s Story de la cinéaste crie-métisse chevronnée Loretta Todd retrace la trajectoire d’un lien fraternel rompu dans le contexte de l’histoire actuelle des Autochtones. Lauréate de plusieurs prix soulignant l’ensemble de ses réalisations, Loretta Todd a créé des œuvres documentaires distinctives telles que Hands of History (1994) et Kainayssini Imanistaisiwa: The People Go On (2003). Selwyn Jacob assure la production.
  • Le long métrage documentaire Nin, auass/ Moi, L’enfant, de la réalisatrice abénaquise Kim Obomsawin est actuellement en développement au Studio Documentaire français. Sur une période de douze mois, la cinéaste suit le parcours de vie de quatre jeunes issus de communautés autochtones différentes. Sa principale inspiration? Le long métrage de Nicolas Philibert (2012) Être et avoir, une magnifique observation de la vie dans une école française rurale. Colette Loumède assure la production. Au nombre des réalisations de Kim Obomsawin figure Ce silence qui tue (2018), produit par la société autochtone Wabanok Productions. Le film s’interroge sur l’indifférence institutionnalisée relativement au drame des femmes autochtones disparues et assassinées.
Kim Obomsawin (Photo : courtoisie de Wabanok Productions)
  • Au Studio de la Colombie-Britannique et du Yukon, Chris Auchter revient sur un événement charnière de l’histoire de sa communauté en récupérant des plans d’archives réalisés pour un documentaire datant de 1969 et intitulé This Was the Time. Il compte relater de nouveau cette histoire, mais cette fois, depuis la perspective d’un Haïda. Le film porte sur un moment décisif qui a eu lieu dans le village de Masset, chez les Haïda : pour la première fois après plus d’un demi-siècle d’une répression coloniale, un totem a été sculpté et installé à l’occasion d’une cérémonie de potlatch. Le sculpteur qu’on nous présente dans le film est un jeune Robert Davidson, aujourd’hui devenu un artiste de renommée mondiale. « Tant de changements positifs se rattachent à cet événement », fait remarquer Auchter, originaire de l’archipel Haïda Gwaii. Son œuvre la plus récente, The Mountain of SGaana a été couronnée du prix du meilleur film destiné au jeune public au Festival international d’animation d’Ottawa 2017. Selwyn Jacob assure la production.
  • Déranger, un laboratoire de création multidisciplinaire mis sur pied par Michèle Bélanger et hébergé par le Programme français, invite les artistes autochtones à créer des œuvres qui dérangent, mais améliorent néanmoins l’espace public. L’incarnation de Montréal, créée en collaboration avec le Centre Oboro et le Wapikoni, a donné naissance à l’installation immersive Kushapetshekan / Kosapitcikan, présentée plus tôt cette année au Musée des beaux-arts de Montréal. Déranger quitte maintenant pour Winnipeg, où l’ONF est partenaire de l’association On Screen Manitoba et de Video Pool.
  • À une époque où les femmes autochtones étaient sans doute les membres de la société canadienne les plus privées de leurs droits, Mary Two-Axe Earley s’est courageusement attaquée aux personnalités politiques les plus puissantes du pays, déterminée à obtenir des droits élémentaires pour les femmes et les enfants autochtones. La cinéaste Kanien’kehá:ka (mohawk) Courtney Montour, également originaire de Kahnawake – la ville où Mary a dû se battre pour obtenir le droit d’être enterrée – travaille en ce moment au Studio du Québec et de l’Atlantique à une recherche documentaire sur la vie et l’héritage de Mary Two-Axe Earley. Kat Baulu assure la production.
  • « Nous, les Inuits, n’avons pas peur de mêler les choses », affirme la musicienne et cinéaste Elisapie Isaac, à laquelle on doit notamment la production lyrique de l’ONF Si le temps le permet. « Nous avons une culture très éclectique : non pas une culture qui nous freine, mais une culture en transition », conclut-elle. Son tout dernier projet, Runaway Girl, en développement au Studio d’animation de langue française, l’amène à faire équipe avec l’artiste visuel renommé Marc Séguin. Marc Bertrand assure la production.
  • Également en cours de production au Studio d’animation de langue française, le court métrage futuriste de Caroline Monnet Symphonie d’une attaque nordique propose une population autochtone du Nord faisant front commun contre une armée d’envahisseurs surnaturels. Cette artiste visuelle dont les ancêtres étaient Algonquins a exposé aux quatre coins de la planète. Elle a en outre réalisé le passionnant court métrage Mobiliser fondé sur des images d’archives pour la série « Souvenir » de l’ONF. « Je veux parler d’un peuple qui va de l’avant, d’un peuple que se mobilise », dit-elle à propos de ce film. Julie Roy assure la production.

Mobiliser, Caroline Monnet, offert par l'Office national du film du Canada

  • La cinéaste métisse Cara Mumford exploite le potentiel narratif des technologies interactives dans Red Card, un jeu futuriste destiné au Web en développement dans le Studio des productions interactives de l’ONF. Poursuivant une exploration amorcée avec le court métrage Red Card World: The Tree, elle évoque l’effondrement de la société occidentale, un scénario dans lequel les communautés autochtones offrent un moyen de survie grâce à des « supers arbres » salvateurs. Red Card a été désigné production gagnante du programme de partenariat interactif ONF/imagineNATIVE 2016. Dana Dansereau assure la production.
  • Dans le projet de réalité artificielle Meneath (Island) qu’elle développe actuellement au Studio d’animation, l’artiste métisse Terril Calder explore les sept péchés capitaux du christianisme en les mettant en parallèle avec les sept leçons sacrées du savoir autochtone. Son œuvre a obtenu des mentions honorables à Sundance et à la Berlinale, et son court métrage d’animation Choke, créé conjointement avec Michelle Latimer, a figuré sur la liste des dix meilleurs films du TIFF en 2011. En 2016, Terril Calder s’est vu décerner le K.M Hunter Media Arts Award du Conseil des arts de l’Ontario. Jelena Popović assure la production.
  • L’animation inventive d’Amanda Strong lui a valu d’être comparée à Tim Burton. Lorsqu’elle reçoit le Clyde Gilmour Technicolor Award 2016 de la Toronto Film Critics Association, Alanis Obomsawin est si impressionnée par l’extraordinaire court métrage d’Amanda Strong Four Faces of the Moon qu’elle remet le prix en argent à la cinéaste de Vancouver en reconnaissance de son indispensable contribution au cinéma autochtone contemporain. Cette-dernière travaille actuellement à l’élaboration de Wheetago War, inspiré d’un récit de cannibalisme de l’auteur tłı̨chǫ Richard Van Camp, au Studio d’animation anglais. Maral Mohammadian assure la production.
  • Hothouse 12 : à l’occasion de sa 12eannée, le programme de mentorat de renommée mondiale de l’ONF à l’intention des animateurs de la relève met l’accent sur les artistes et les cinéastes autochtones.

Cinéma autochtone offre gratuitement plus de 200 titres en continu

 Depuis 1968, l’ONF a produit près de 300 œuvres de réalisateurs issus des Premières Nations, ainsi que des communautés métisses et inuites de partout au Canada. Plus de   200 de ces titres sont proposés sur Cinéma autochtone, une plateforme en ligne lancée plus tôt cette année. La collection se compose de productions historiques révolutionnaires telles que The Ballad of Crowfoot, de Willie Dunn, premier film réalisé par l’Indian Film Crew, ou le documentaire phare d’Alanis Obomsawin Kanehsatake, 270 ans de résistance ainsi que d’une foule de nouveaux titres.

En honneur de la Journée nationale des peuples autochtones, la nouvelle plateforme présente Kanehsatake, ainsi qu’un quatuor de productions récentes : Naissance d’une famille, de Tasha Hubbard, Pour que survive la langue Nakota, de Louise BigEagle, de même que l’émouvant documentaire musical de Marie Clement Droit devant et la formidable animation de Chris Auchter.

The Mountain of SGaana, Christopher Auchter, offert par l'Office national du film du Canada

 Visitez Beyond 94, un site qu’a créé l’unité autochtone de la CBC pour prendre le pouls des progrès qu’ont accomplis les Canadiennes et les Canadiens – et mesurer le travail qu’il reste à faire – en vue de répondre aux 94 appels à l’action de la CVR.

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