YELLOWKNIFE, TERRITOIRES DU NORD-OUEST
YELLOWKNIFE, TERRITOIRES DU NORD-OUEST

Les journées sont très courtes ici, je n’arrive pas à m’y habituer.
Lors de mon séjour au TNO, je suis restée sur le divan de France Benoît, une réalisatrice Franco-Ténoise qui habite une heure à l’extérieur de Yellowknife. Nous nous étions rencontrés à Moncton au forum du FRIC, le Front des réalisateurs indépendants du Canada. (Voir le billet Cinéastes du Canada unissez-vous ou le site Web du FRIC).
Le style de vie de France et son conjoint font l’objet de mon dernier court-métrage qui sera affiché sur le blogue le 15 février. Puisque les vidéos ne font pas plus que 3 ou 4 minutes, j’ai tenté de capturer une tranche de leur quotidien, un dimanche après-midi normal. Du moins, pour eux! J’ai rarement rencontré des gens qui réussissent à frôler l’autosuffisance de si près. Même la toilette sèche chez eux, que je regrette de n’avoir pas filmée, aurait pu faire un sujet de documentaire en elle-même. Passionnant, ce style de vie écolo « off the grid »!
WHITEHORSE, YUKON
Mon premier soir à Whitehorse, j’ai décidé d’aller explorer la ville avec un ami que j’ai rencontré à l’auberge où je logeais. Il est parti de Toronto en bicyclette et s’est rendu jusqu’ici! Toutefois, il est pris à Whitehorse pour l’hiver à cause de la neige. C’était à prévoir. Drôle de gars…
Nous étions supposé rencontrer d’autres amis à un bar nommé Flipper’s, mais celui-ci était fermé. J’ai donc suggéré qu’on aille à côté, au 98 Saloon. L’extérieur n’était pas très accueillant et il n’y avait pas de fenêtres. Mon compagnon étaient nerveux, on lui avait dit de ne pas venir au 98, que c’était le bar le plus « tough » en ville. Malgré ça, le son d’un violon et les rires provenant de l’intérieur m’interpellait. Il faut dire que j’aime frôler le danger, mais que je n’en ressentais pas ici. Je le convaincs de me suivre en lui promettant de partir après une bière si c’est si pire que ça.
La place est pleine à craquer. Ce n’est pas très grand, mais les quelques tables de bois sont toutes entourées de personnes de tous les âges qui tapent des mains en rigolant à pleins poumons. Les décors à l’intérieur font très « saloon » et consistent en majeur partie de vieux fusils montés sur les murs. Au fond de la pièce, il y a une petite piste de danse et des musiciens, un accordéoniste, un violoniste et une guitariste, qui jouent des reels de l’ancien temps. On n’a pas le temps de s’asseoir que les regards se tournent vers nous, visiblement des étrangers. Plusieurs personnes prennent leurs tours pour venir nous taquiner et en apprendre plus sur nous. Puis, la piste de danse commence à se remplir et suivent les invitations pour aller danser. Étant trop timide pour refuser, j’ai dû avoir danser des reels avec tous les hommes de la place ce soir-là ! La soirée a fini aux petites heures du matin chez des gens que nous avions rencontrés au Saloon à discuter du Yukon Quest, en écoutant de la musique country.
Puis, je me suis souvenue de mon premier voyage avec Engage-toi. À Toronto, j’avais demandé au réalisateur Dominic Desjardins, lui qui a voyagé un peu partout au pays, quel était l’endroit le plus intéressant à visiter au Canada? Il m’avait parlé du Yukon, plus précisément du Bar Saloon de Whitehorse. Serais-ce alors mon subconscient qui m’a poussée à aller au Saloon ce soir-là ?
Mon seul regret : ne pas avoir eu ma caméra avec moi!
Le court-métrage que j’ai tourné à Saint-Pierre et Miquelon vient d’atteindre plus de 1,000 visionnements sur YouTube, et en deux semaines seulement! C’est dommage que le projet prends du momentum maintenant qu’il tire bientôt à sa fin.
MONCTON, NOUVEAU-BRUNSWICK
Faire du pouce et coucher sur le divan du monde, vous connaissez ça? Moi, je commence à me considérer experte en la matière. C’est pourquoi j’avais tellement hâte de voir le film « Le divan du monde » en première au FICFA. Non seulement je m’identifie à cette histoire de voyage à travers le Canada, mais ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir un long métrage francophone produit en Ontario!
J’ai rencontré le réalisateur, Dominic Desjardins, pour discuter du projet.
Le cinéma franco-ontarien est encore pas mal underground, mais c’est avec des films comme Le divan du monde qu’on va élargir notre auditoire. Dans un billet précédent, j’étais plutôt pessimiste à ce sujet (voir le billet Cinéma franco-ontarien = poche?) Mais en quittant le cinéma après la première du film, je crois avoir retrouvé mon optimisme. J’ai l’impression que les choses progressent. Un jour, je pourrais peut-être aussi réaliser un long métrage et qui sait, il sera peut-être vu!
Basé à Toronto, Dominic Desjardins développe présentement un second long métrage intitulé La Sacrée dans le cadre du programme Écrire au long de Téléfilm.
Consultez le site officiel du film ou le groupe Facebook
Sur le pouce, je pars découvrir l’Acadie durant le grand tintamarre. On associe le célèbre Tintamarre à une tradition du Moyen âge qui consistait à faire du bruit pour marquer des événements tristes ou joyeux. Mais l’origine acadienne de cette manifestation est bien plus jeune, car elle ne date que depuis 1955, lors des fêtes du bicentenaire de la déportation des Acadiens.
Tintamarre : n. m. Bruit assourdissant fait de sons discordants.
Etymologie : Wallon, titamâr ; de tinte à marre, les vignerons ayant l’habitude de s’avertir au loin en tintant ou frappant sur le fer de leurs marres.
SAINT-PIERRE, FRANCE D’OUTRE MER
Je soupçonne que des journalistes et documentaristes sont venus à Saint-Pierre sans respecter le « code d’éthique documentaire ». Il y avait un froid palpable entre les Saint-Pierrais et ma caméra. C’est exactement ce que je craignais en arrivant ici sans contacts (voir billet sur Recherche documentaire à distance).
En fiction, lorsqu’on ne respecte pas les lieux de tournage, ça s’appelle du « location burning ». L’endroit ne sera plus accessible à l’avenir, parce que le propriétaire des lieux risque de ne plus y autoriser de tournages. C’est la même chose avec les entrevues. Puisque tout le monde se connaît à SPM, quelques mauvaises entrevues peuvent facilement propager la méfiance des médias à une communauté entière.
Sans caméra, pas de problèmes. J’ai même été invitée à manger de la raclette (accompagnée de conversations intéressantes quoique difficiles à saisir à cause de l’accent). Mais dès qu’il était question de recueillir des témoignages sur vidéo, les gens refusaient catégoriquement. Je n’ai jamais vu ça, et pourtant j’ai tourné dans plusieurs pays où je ne parlais même pas la langue.
Donc, si vous travaillez dans le domaine,
RESPECTEZ LES GENS QUE VOUS INTERVIEWEZ.
Ne trahissez pas leur confiance et pensez aux autres qui passeront après vous!
SAINT-PIERRE ET MIQUELON, FRANCE D’OUTRE-MER
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J’arrive au gîte à Saint-Pierre, on m’accueille chaleureusement d’un accent difficile à comprendre. Je parle de mon projet à l’aubergiste et du fait qu’il me faut trouver des gens à interviewer au plus vite (voir billet sur recherche documentaire à distance). Elle me propose d’aller me renseigner au musée de Miquelon le lendemain.
Miquelon est une île au nord de Saint-Pierre n’est accessible que par avion ou par zodiaque. J’opte pour la deuxième option, c’est moins cher et il y a des phoques en chemin. Ce que je ne sais pas, c’est que j’aurais la trouille de ma vie. Le bateau bardasse tellement à cause des vagues que j’ai peur de passer par-dessus bord!
Les travailleurs saint-pierrais me taquinent durant le trajet, eux qui ont l’habitude de prendre ce canot pneumatique presque tout les jours. Puis, un fois sur terre, j’ai la chance de flatter des chevaux sauvages sur la dune. Côté tourisme, c’est super ici! Maintenant, il reste à voir si les gens vont vouloir participer à mon court métrage.
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OTTAWA, ONTARIO
Â
Est-ce que je suis la seule qui ignorait que la France avait encore un pied, ou plutôt deux orteils en Amérique du Nord?
Situé au sud de Terre Neuve, l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon est le plus ancien territoire outre-mer français, dernier bastion d’un empire qui jadis s’étendait de l’actuel Cap-Breton à la Louisiane.
Â
Mes piles de caméra sont rechargées et mon passeport est prêt!
À moi Saint-Pierre et Miquelon!
Je suis encore ici!
Lundi 30 novembre 2009WHITEHORSE, YUKON
J’ai rencontré tellement de gens intéressants à Whitehorse que j’ai eu de la difficulté à trouver le temps (et parfois la volonté) de mettre le blogue à jour. Ce n’est pas par manque d’aventures ni d’expériences, bien au contraire! Aussi, quand j’essaie d’écrire à propos de mon voyage, je bloque. J’imagine que c’est le syndrome de la page blanche. Même les photos que j’ai prises ne rendent pas justice au Yukon.
Je peux vous dire une chose, de toute les villes que j’ai vues au travers le Canada, c’est définitivement Whitehorse que je préfère. Je vais certainement me trouver une raison pour y revenir.
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