Une Canadienne-Française voyages à travers le Canada pour tourner des documentaires

Engage-toi

Une Canadienne-Française voyage à travers le Canada pour tourner des documentaires

Articles avec le tag ‘Copy Left’

La culture Internet et le cinéma

Mardi 14 avril 2009

CALGARY, ALBERTA

RIP! A Remix Manifesto

RIP! A Remix Manifesto au Plaza à Calgary, première mise en ligne par Engage-toi.

J’errais dans la ville en attendant qu’Inouk finisse de travailler. C’est comme ça que j’ai découvert le cinéma Plaza. Sa façade de style saloon a tout de suite attiré mon attention. Puis, la faute d’orthographe dans le titre du film à l’affiche m’a fait sourire.

Ayant entendu parler du film en question – une production de l’ONF – ma solidarité envers les documentaristes canadiens s’est emparée de moi et je décide d’aller voir le film.

Après avoir acheté mon billet, je me trouve un siège dans la salle de cinéma silencieuse. Un coup d’oeil furtif me confirme que je suis seule. Je mets les pieds sur le siège devant moi. Un filet de lumière transperce la pièce poussiéreuse pour illuminer l’écran.

Puis, le titre apparaît à l’écran : RIP! A Remix Manifesto. Je ne le savais pas encore, mais ce film allait m’en mettre plein la vue.

Brett Gaylor tente de faire un documentaire mash-up, c’est-à-dire avec de la vidéo et de la musique d’un peu partout sans se soucier des droits d’auteur. Méthode illégale certes, mais dont nous sommes tous coupables. Si nous ne sommes pas actifs sur YouTube à faire des mash-up ou autre infraction de droits d’auteur, nous visionnons ces vidéos. Adhérant au mouvement CopyLeft, Brett fait de son documentaire un manifeste pour la liberté d’expression et la culture de l’avenir.

J’étais sidérée. C’est le premier film que je vois qui utilise l’esthétique YouTube pour parler des enjeux de la culture Internet. Bien que le concept et l’exécution étaient tout à fait exceptionnels, c’est le sujet qui m’a fait réfléchir. Le partage de l’information sur Internet a transformé les moyens de diffusion et a créé une nouvelle culture, sans bornes et sans lois. Mais sommes-nous tous réellement devenus des criminels de la culture à force de télécharger illégalement? Où devrait s’arrêter la défense de la propriété intellectuelle et où devrait commencer la liberté d’expression?

Mais avant tout, une question me reste en tête. Comment cette nouvelle réalité influencera-t-elle (ou affectera-t-elle) le cinéma?