Une Canadienne-Française voyages à travers le Canada pour tourner des documentaires

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Articles avec le tag ‘acadie’

L’ARTISTE PERFECTIONNISTE : DANGER!

Jeudi 3 septembre 2009

CARAQUET, NOUVEAU-BRUNSWICK

En rêvassant sur le bord de la mer, je réalise que ce que je croyais être la clé de ma réussite est plutôt mon plus gros défaut. Pour les autres artistes perfectionnistes, voici quelques constats qui pourraient vous donner de quoi réfléchir…

L'artiste perfectionniste : Danger!

J’ai tendance à tout classer dans deux catégories : réussite ou faillite.

Dans un monde qui valorise la performance avant tout, c’est trop facile de tomber dans le piège du perfectionnisme. En effectuant des recherches sur Internet, j’ai appris que les perfectionnistes sont plus portés à la dépression, les troubles d’anxiété et même les troubles alimentaires. En plus, la pression que s’imposent les perfectionnistes peuvent les pousser à la « procrastination ». Ça alors! Quelle meilleure façon de bousiller un travail que de le commencer à la dernière minute? Cette quête de la perfection, surtout en tant qu’artiste est complètement absurde. L’art est si subjectif et la réussite d’un projet n’est pas mesurable. Surtout en documentaire, où le produit final ne ressemble jamais à l’idée qu’on s’est fait avant de tourner.

C’est probablement pourquoi j’ai vĂ©cu un si mauvais quart d’heure en participant Ă  MĂĽvmĂ©dia, l’Ă©mission de tĂ©lĂ© rĂ©alitĂ©. Ă€ chaque court mĂ©trage que je remettais, les juges les dĂ©chiquetais en mille morceaux. Pas facile pour une perfectionniste que de vivre faillite après faillite – surtout Ă  la tĂ©lĂ©vision devant toute sa famille et ses amis! Mais ce que je percevais comme Ă©tant une faillite, ne l’était pas forcĂ©ment. Pascale Bussière, je te pardonne! :D

J’ai déjà lu que le grand réalisateur Stanley Kubrick était perfectionniste. Il était incapable d’écouter ses propres films et avait même racheter et détruit plusieurs de ses premières œuvres. J’ai l’impression que c’est un problème qui afflige bien des réalisateurs. Maintenant, comment s’en défaire?

La Louisiane : Lâchez pas la patate!

Jeudi 20 août 2009

CARAQUET, NOUVEAU-BRUNSWICK

Quoi ça dit, chers lecteurs et lectrices?

Non, ce n’est pas une faute de frappe! C’est une des expressions que de jeunes Cadiens de la Louisiane m’ont apprise au Congrès Mondial Acadien 2009. Ça veut dire « comment ça va? », et la rĂ©ponse est assurĂ©ment « ça dit bien. » Nous nous sommes rencontrĂ©s en faisant la queue pour s’acheter de la bouffe. Puis, nous avons partagĂ© un bol de « chevrettes Ă©touffĂ©es », un mets typique de la Louisiane Ă  base de crevettes.

J’ai beau être en Acadie, c’est des Cadiens et non des Acadiens que j’ai croisés cette journée-là! J’ai ensuite soupé par hasard avec un couple venu de Lafayette, en Louisiane. Ma curiosité a vraiment été piquée en discutant avec eux des enjeux cadiens et franco-américains. Font-ils toujours partie du Canada français? Combien longtemps survivront les communautés franco-américaines? Est-ce que les enfants apprennent encore le français à la maison? Mais plus pertinemment, est-ce que c’est encore important pour eux de garder leur langue?

Avant de partir, ils m’ont remis une épinglette à la fois déprimante et remplie d’espoir.

Le Grand Tintamarre de Caraquet

Samedi 8 août 2009

OTTAWA, ONTARIO

Fidèles lecteurs et lectrices, vous vous demandez peut-ĂŞtre pourquoi je tiens tant Ă  me rendre au Grand Tintamarre de Caraquet? Je vais vous confier un secret, c’est par jalousie! J’envie les Acadiens et les Acadiennes d’avoir une tradition aussi audacieuse. Nous avons le Festival Franco-Ontarien, mais il me semble que c’est loin d’ĂŞtre aussi cool.

InspirĂ© d’une tradition du Moyen âge qui consistait Ă  faire du bruit pour marquer des Ă©vĂ©nements tristes ou joyeux, le premier Tintamarre acadien a eu lieu en 1955, lors des fĂŞtes du bicentenaire de la dĂ©portation des Acadiens. Cette coutume consiste Ă  cĂ©lĂ©brer en faisant le plus de bruit possible avec des instruments improvisĂ©s tout en dĂ©ambulant dans la ville en costumes colorĂ©s. C’est une façon de se manifester, de crier haut et fort que l’Acadie existe toujours. Je trouve ça non seulement original mais poĂ©tique. J’aimerais bien que l’Ontario français aie une tradition aussi singulière.

Mais je suis loin d’ĂŞtre la seule qui admire le Tintamarre. J’ai dĂ» passer la fin de semaine au tĂ©lĂ©phone, mais ça y est! J’ai rĂ©ussi Ă  trouver une chambre Ă  Caraquet. Pour une ville de 1,500 habitants qui accueille 30,000 personnes, faut le faire! Maintenant, il ne me reste qu’Ă  trouver un lift de Bathurst Ă  Caraquet le 13 ou 14 aoĂ»t… (Écrivez-moi si vous connaissez quelqun!)