CARAQUET, NOUVEAU-BRUNSWICK
Quoi ça dit, chers lecteurs et lectrices?
Non, ce n’est pas une faute de frappe! C’est une des expressions que de jeunes Cadiens de la Louisiane m’ont apprise au Congrès Mondial Acadien 2009. Ça veut dire « comment ça va? », et la rĂ©ponse est assurĂ©ment « ça dit bien. » Nous nous sommes rencontrĂ©s en faisant la queue pour s’acheter de la bouffe. Puis, nous avons partagĂ© un bol de « chevrettes Ă©touffĂ©es », un mets typique de la Louisiane Ă base de crevettes.
J’ai beau être en Acadie, c’est des Cadiens et non des Acadiens que j’ai croisés cette journée-là ! J’ai ensuite soupé par hasard avec un couple venu de Lafayette, en Louisiane. Ma curiosité a vraiment été piquée en discutant avec eux des enjeux cadiens et franco-américains. Font-ils toujours partie du Canada français? Combien longtemps survivront les communautés franco-américaines? Est-ce que les enfants apprennent encore le français à la maison? Mais plus pertinemment, est-ce que c’est encore important pour eux de garder leur langue?
Avant de partir, ils m’ont remis une épinglette à la fois déprimante et remplie d’espoir.
L’ARTISTE PERFECTIONNISTE : DANGER!
Jeudi 3 septembre 2009CARAQUET, NOUVEAU-BRUNSWICK
En rêvassant sur le bord de la mer, je réalise que ce que je croyais être la clé de ma réussite est plutôt mon plus gros défaut. Pour les autres artistes perfectionnistes, voici quelques constats qui pourraient vous donner de quoi réfléchir…
J’ai tendance à tout classer dans deux catégories : réussite ou faillite.
Dans un monde qui valorise la performance avant tout, c’est trop facile de tomber dans le piège du perfectionnisme. En effectuant des recherches sur Internet, j’ai appris que les perfectionnistes sont plus portés à la dépression, les troubles d’anxiété et même les troubles alimentaires. En plus, la pression que s’imposent les perfectionnistes peuvent les pousser à la « procrastination ». Ça alors! Quelle meilleure façon de bousiller un travail que de le commencer à la dernière minute? Cette quête de la perfection, surtout en tant qu’artiste est complètement absurde. L’art est si subjectif et la réussite d’un projet n’est pas mesurable. Surtout en documentaire, où le produit final ne ressemble jamais à l’idée qu’on s’est fait avant de tourner.
C’est probablement pourquoi j’ai vĂ©cu un si mauvais quart d’heure en participant Ă MĂĽvmĂ©dia, l’Ă©mission de tĂ©lĂ© rĂ©alitĂ©. Ă€ chaque court mĂ©trage que je remettais, les juges les dĂ©chiquetais en mille morceaux. Pas facile pour une perfectionniste que de vivre faillite après faillite – surtout Ă la tĂ©lĂ©vision devant toute sa famille et ses amis! Mais ce que je percevais comme Ă©tant une faillite, ne l’était pas forcĂ©ment. Pascale Bussière, je te pardonne!
J’ai déjà lu que le grand réalisateur Stanley Kubrick était perfectionniste. Il était incapable d’écouter ses propres films et avait même racheter et détruit plusieurs de ses premières œuvres. J’ai l’impression que c’est un problème qui afflige bien des réalisateurs. Maintenant, comment s’en défaire?
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