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L’ARTISTE PERFECTIONNISTE : DANGER!

CARAQUET, NOUVEAU-BRUNSWICK

En rêvassant sur le bord de la mer, je réalise que ce que je croyais être la clé de ma réussite est plutôt mon plus gros défaut. Pour les autres artistes perfectionnistes, voici quelques constats qui pourraient vous donner de quoi réfléchir…

L'artiste perfectionniste : Danger!

J’ai tendance à tout classer dans deux catégories : réussite ou faillite.

Dans un monde qui valorise la performance avant tout, c’est trop facile de tomber dans le piège du perfectionnisme. En effectuant des recherches sur Internet, j’ai appris que les perfectionnistes sont plus portés à la dépression, les troubles d’anxiété et même les troubles alimentaires. En plus, la pression que s’imposent les perfectionnistes peuvent les pousser à la « procrastination ». Ça alors! Quelle meilleure façon de bousiller un travail que de le commencer à la dernière minute? Cette quête de la perfection, surtout en tant qu’artiste est complètement absurde. L’art est si subjectif et la réussite d’un projet n’est pas mesurable. Surtout en documentaire, où le produit final ne ressemble jamais à l’idée qu’on s’est fait avant de tourner.

C’est probablement pourquoi j’ai vécu un si mauvais quart d’heure en participant à Müvmédia, l’émission de télé réalité. À chaque court métrage que je remettais, les juges les déchiquetais en mille morceaux. Pas facile pour une perfectionniste que de vivre faillite après faillite – surtout à la télévision devant toute sa famille et ses amis! Mais ce que je percevais comme étant une faillite, ne l’était pas forcément. Pascale Bussière, je te pardonne! :D

J’ai déjà lu que le grand réalisateur Stanley Kubrick était perfectionniste. Il était incapable d’écouter ses propres films et avait même racheter et détruit plusieurs de ses premières œuvres. J’ai l’impression que c’est un problème qui afflige bien des réalisateurs. Maintenant, comment s’en défaire?

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Résponses à “L’ARTISTE PERFECTIONNISTE : DANGER!”

  1. jfcote dit :

    Le plaisirs est dans le processus! Le seul moment dans une activité artistique qui appartient uniquement à l’artiste est le processus de création. La vie de l’oeuvre est imprévisible!

    C’est difficile de combattre le perfectionnisme. Faut accepter de laisser aller, faut prendre plaisir et taire la voix intérieure qui se demande sans cesse ce que les autres vont en penser ou qui se demande « est-ce que je peux faire mieux? »

    J’aime bien ce petit video qui parle du sujet (en anglais):
    http://www.zefrank.com/theshow/archives/2006/07/071106.html

  2. Andréanne dit :

    Quelqun a dit, « si tu savais comment souvent les gens pensaient à toi, tu ne t’en ferais pas avec ça. » Bon, je pense que c’étais durant une émission de Dr. Phil, mais il reste que c’est vrai.

  3. Jean Marc Larivière dit :

    Chercher la perfection, que ce soit pour une artiste ou quiconque d’autre, c’est néfaste tant pour la personne que pour ce qu’elle cherche à accomplir, petit ou grand. Et bien qu’il est sage de pratiquer le détachement, nécessaire même, détachement et perfectionnisme ne font pas la paire. À détachement, j’apparie plutôt dépassement. Le dépassement c’est la volonté d’aller au bout de soi, dans tout ce qu’on fait, dit, pense; d’épuiser sa démarche; de s’investir corps et âme. Non point pour atteindre la perfection – but tout aussi illusoire que vain – mais pour donner le meilleur de ce qu’on a à offrir et, du coup, d’être ouvert tout grand à recevoir les plus beaux cadeaux que la vie ne cesse de nous donner, trop souvent sans même qu’on s’en aperçoive. C’est là, le grand défaut du perfectionnisme: passer à côté des innombrables dons lumineux de l’existence.

  4. Andréanne dit :

    Je pense que le « dépassement » dans la démarche artistique, c’est aussi se rendre vulnérable.

    Impossible de « s’ouvrir tout grand à recevoir les plus beaux cadeaux de la vie », comme tu le dis, sans à la fois s’exposer au rejet et à la critique. Il faut être très fort pour être artiste et pouvoir s’exposer de la sorte! Mais ça doit se développer avec le temps.

    Mon nouveau mantra pour lâcher prise : « J’men câlisse. »

  5. [...] devant sa caméra… C’est stressant, surtout pour la perfectionniste que je suis! (voir le billet sur l’artiste perfectionniste) et je ne sais pas si j’y crois entièrement, mais c’est ce que je me dis cette [...]

  6. Jean Marc Larivière dit :

    Il y a quelques années, j’ai discuté de cette notion de lâcher prise avec une copine suite au décès d’un ami cher qui nous avait tous laissé sous un terrible choc. Cette femme pratique depuis plusieurs années un forme de bouddhisme. Je lui ai dit que l’expression « lâcher prise » ne semblait pas entièrement recouper tous les sens de « letting go ». Lâcher prise appelle l’image d’une main tournée vers le sol qui s’ouvre pour laisser tomber quelque chose qu’elle tient. Cette amie me confia alors que son maître lui avait expliqué que lâcher prise s’apparentait plutôt à un don de soi. Comme pour illustrer son propos, elle tendit le bras en avant, la paume tournée vers le ciel et ouvrit sa main. La grande justesse de ce geste simple me sidéra. Du coup, j’ai eu l’impression de voir tout mon combat se résumer à ceci : nous mettons une bonne partie de notre vie à bâtir notre moi (ego); c’est comme un poing crispé tourné vers le sol; ce qui est vraiment difficile, ce n’est pas d’ouvrir la main, la paume tournée vers le ciel; non, j’en suis convaincu, même si je n’en suis pas encore là; ce qui est vraiment difficile, c’est de tourner la main, de simplement tourner la main, de faire passer la paume du sol au ciel.

  7. Andréanne dit :

    Je comprends le concept de lâcher prise comme étant un don de soi plutôt que « letting go », quoique le mettre en pratique c’est tout autre chose…

    J’ai réalisé quelque chose la semaine dernière au FICFA à Moncton. J’ai vu des super bons films mais j’ai remarqué qu’après chaques projections, les gens avaient toujours des critiques à faire. C’est là que j’ai compris que le gens vont toujours critiquer, parce que c’est dans notre nature. Même que c’est une bonne chose, parce que la seconde où les gens vont arrêter de poser un regard critique sur le monde que les entoure, on va avoir un gros problème!

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