Le grand Jack Kerouac

La soif de liberté et de découverte de Jack Kerouac, un des fondateurs du mouvement beatnik des années cinquante et soixante, a donné le célèbre roman Sur la route. Mais au-delà du mythe que constitue l’écrivain américain aux origines canadiennes, qui était réellement Kerouac? Portrait avec le film Le grand Jack d’Herménégilde Chiasson.

Le film montre l’enfance de Jean-Louis dit Ti-Jean, qui deviendra Jack. La recréation de son enfance est entrecoupée d’images d’archives, d’entretiens avec des gens qui l’ont côtoyé et divers spécialistes qui ont été inspirés par sa vie et son œuvre, ainsi que d’extraits d’une entrevue en français avec l’écrivain.

Le grand Jack, Herménégilde Chiasson, offert par l'Office national du film du Canada

Avant Sur la route

Né de parents québécois, Kerouac grandit à Lowell dans le Massachusetts, où il apprend l’anglais à l’école, puisque lui et sa famille parlent français à la maison. Il a un frère aîné, Gérard, qui mourra très jeune, à l’âge de neuf ans. Le futur écrivain n’oubliera jamais cette blessure.

Son enfance fera toujours partie de ses romans, dont l’un s’en inspire directement, Visions de Gérard, publié en 1963. Plus tard, désireux de découvrir New York, le jeune ambitieux s’y installe, étudie à Columbia et joue au football. C’est à cette époque qu’il rencontrera Allen Ginsberg, autre figure de proue de la beat generation.

Écrit d’un seul jet, et en trois semaines seulement, en 1951, Sur la route voit cependant le jour en 1957, soit six ans de réécriture et de travail plus tard. Le manuscrit original est constitué d’un papier long de 120 pieds. Il a été exposé dans de nombreux musées dans le cadre d’expositions consacrées à l’écrivain.

Adaptation au cinéma

Le réalisateur Francis Ford Coppola a obtenu les droits d’adaptation du livre au cinéma en 1968, mais ce n’est que des années plus tard, en 2012, que Sur la route est porté au grand écran. Le film a été présenté au 65e Festival de Cannes, avec Kristen Stewart, Garrett Hedlund et Sam Riley comme têtes d’affiche.

Une vie d’excès

Jack Kerouac a vécu une vie très intense, remplie d’excès, notamment de drogue et d’alcool, qui auront raison de sa santé. Il mourra en effet très jeune, à l’âge de 47 ans. Certains ont dit que sa vie était un long suicide calculé, qu’il avait prévu sa fin en vivant comme il l’a fait et en brûlant la chandelle par les deux bouts. Chose certaine, son écriture demeure incandescente et a su traverser les époques sans jamais prendre une seule ride.