Regardez la discussion avec Luc Bourdon sur « La part du diable »

Dans le cadre de la série Les cinéastes racontent, Luc Bourdon, réalisateur du tout récent La part du diable, est revenu sur son travail lors d’une discussion devant public enregistrée à la Cinémathèque québécoise, à Montréal.

Une suite à La mémoire des anges

Bien que son essai documentaire La mémoire des anges ait connu un très grand succès à sa sortie en 2008 (il est resté treize semaines en salles au Québec), Bourdon n’avait pas du tout l’intention d’y apporter une suite.

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C’est en 2014, après avoir vécu divers événements, qu’il a décidé de créer La part du diable pour offrir un angle inédit à ces « années maudites » qu’ont été les années 1970 au Québec. Le procédé de création reste le même que pour La mémoire des anges, c’est-à-dire un collage d’images d’archives et de l’Office national du film. Le film s’inscrit donc logiquement dans un continuum, mais il y a des différences très importantes, notamment en ce qui a trait au son et, surtout, à l’époque traitée.

La genèse du projet

Avant d’avoir l’aval de la production, Luc Bourdon et son monteur, Michel Giroux, ont tout d’abord sélectionné cinquante films, qui ont été numérisés afin de faire une démo destinée à l’équipe de l’ONF.

Le résultat de cinquante minutes « déménageait […], brassait des cages ». À partir de ce moment, tout un chacun était convaincu qu’il y avait là de quoi faire un documentaire. Pendant neuf mois, Luc Bourdon a regardé environ 2000 films, pour sélectionner des extraits à intégrer dans le sien. Sur tous ces films vus, 320 ont été choisis, et le premier montage durait plus de cinq heures.

Un beau problème, selon la productrice Colette Loumède, qui a adoré ce premier montage. Il a donc eu beaucoup de travail effectué entre cette étape et le produit final, qui est d’une durée d’une heure quarante-deux.

La part du diable, Luc Bourdon, offert par l'Office national du film du Canada

Un regard actuel sur des images du passé

Non seulement « découper les œuvres des autres est une lourde responsabilité », mais il faut également tenir compte du fait que, forcément, la société change au fil du temps. Car, entre le moment de la création du film et sa sortie en salles, quatre ans se sont écoulés.

À cette époque, « le contexte social, éthique était très différent, mais les pièges à cons, je les savais déjà, donc je regardais avec les yeux de Me Too et aussi avec les yeux des Premières Nations. »

Il était très important d’avoir un regard actuel sur ces archives, car, si le contexte social était différent en 2014, il l’était d’autant plus dans les années soixante-dix. Un grand respect a donc été apporté à ces images et à leur potentiel impact. En résulte un film « impressionniste […], qui fonctionne grâce à sa poétique ».

La part du diable est toujours à l’affiche au Cinéma Beaubien, à Montréal, et au Cinéma Cartier, à Québec.