Pourquoi l'animation en stop-motion a-t-elle autant la cote?

Pourquoi l’animation en stop-motion a-t-elle autant la cote?

Même si l’animation en stop-motion (image par image) ne date pas d’hier, sa popularité n’a jamais été aussi grande. Les possibilités qu’elle offre sont nombreuses, et plusieurs technologies permettent maintenant de s’y initier à la maison, comme l’application StopMo Studio de l’ONF!

Retour sur une technique historique qui continue de fasciner et d’attirer de nouveaux adeptes.

L’art du stop-motion à l’ONF

En 1872, tandis qu’il captait un cheval en mouvement à l’aide de 12 appareils photo, Eadweard Muybridge ne se doutait probablement pas que son processus de la chronophotographie allait mener à des créations artistiques de tous genres, comme les populaires longs métrages The Nightmare Before Christmas, Fantastic Mr. Fox ou Shaun the Sheep.

L’ONF produit depuis longtemps des courts métrages qui sont représentatifs de l’évolution des techniques utilisées en stop-motion.

« Quand on pense à Voisins, pour lequel Norman McLaren a employé la pixillation en 1952, ou encore à Co Hoedeman, qui a remporté en 1977 un Oscar pour Le château de sable… Ce sont des films qui emploient très différemment la stop-motion, et d’une manière vraiment innovatrice pour leur époque. » –Julie Roy, productrice au studio d’animation français de l’ONF

Voisins, Norman McLaren, offert par l'Office national du film du Canada

Une technique en constante transformation de plus en plus populaire

Tandis que les marionnettes ou les figurines étaient autrefois photographiées sur pellicule, l’avènement du numérique, de certains logiciels ou applications et de l’impression 3D ont transformé les méthodes.

Le stop-motion est désormais présent partout; non seulement au cinéma, mais aussi dans des publicités ou des vidéoclips, par exemple.

Julie Roy confirme la popularité actuelle de la technique et l’augmentation du nombre de réalisatrices dans un monde autrefois nettement dominé par les hommes. Elle souligne aussi le rôle important du festival Stop Motion Montréal, qui réussit chaque année à attirer des sommités du domaine dans la métropole et organise des classes de maître très populaires auprès de la relève.

« À l’époque du DIY, je pense que la stop-motion continue de séduire et de susciter la curiosité grâce à son côté artisanal et bricoleur. »

Cette vidéo a été réalisée avec l’application StopMo Studio pour iPad par James Brathwaite.

Tendances actuelles en animation: quelle place pour le stop-motion en milieu professionnel?

S’il est désormais possible de faire des films en stop-motion à la maison, Julie Roy rappelle toutefois que leur réalisation dans un contexte professionnel demeure un processus long et très coûteux, ce qui explique que les courts métrages plus expérimentaux qu’elle produit soient souvent des coproductions.

« La plupart du temps, les cinéastes doivent porter plusieurs chapeaux – si ce n’est pas tous les chapeaux! Ils font l’éclairage et la caméra, ils construisent eux-mêmes leurs décors, et bien plus encore… Puis on se mesure à des géants internationaux, comme le studio anglais Aardman, qui produit Wallace et Gromit, ou Laïka, à Portland, qui a fait Coraline. »

Roy raconte que ces grands studios réussissent à attirer plusieurs talents, et qu’il demeure difficile de vivre du stop-motion à Montréal.

Un aperçu des nouveautés en stop-motion à l’ONF

Malgré ces contraintes, 2017 a été une année importante pour le studio d’animation français, qui – fait rare – a produit deux projets de stop-motion d’envergure en même temps : La girouette de Jean-François Lévesque, et Le sujet de Patrick Bouchard (qui a d’ailleurs participé au développement de l’application StopMo). Leur productrice nous en donne un avant-goût.

La girouette

Coqs: image tirée du film La girouette de Jean-François Lévesque (ONF)

La production du film La girouette de Jean-François Lévesque

« La girouette est un projet hybride : c’est majoritairement un film de marionnettes, mais il fait aussi appel à l’animation 2D et expérimentale, avec des fluides captés dans un bassin d’eau. Le film est représentatif de la tendance actuelle, qui consiste à mêler les genres, les approches esthétiques, et aussi la fiction et l’animation dans un même film. »

À son arrivée au studio en 2007, Roy a d’ailleurs fait ses premières armes en production de films d’animation avec Le nœud cravate, un court métrage en stop-motion du même cinéaste.

Le sujet

La productrice se réjouit aussi de la popularité que connaît en ce moment Patrick Bouchard, dont le style « plus sombre, glauque et adulte » contraste avec l’univers enfantin qu’on associe traditionnellement au stop-motion. Le sujet est le quatrième film qu’il réalise à l’ONF, et le second que produit Julie Roy.

Patrick Bouchard et son sujet à l'ONF

Le cinéaste d’animation Patrick Bouchard

« Patrick est sorti de sa zone de confort pour créer un projet sans scénario, ce qui est très rare en stop-motion! Il rêvait depuis longtemps d’animer une marionnette géante, et il a fait faire un moulage de son propre corps. Le film est donc une auto-autopsie qui découle d’un processus d’improvisation de deux ans. »

La jeune fille qui pleurait des perles

Une autre nouveauté importante en stop-motion est aussi en chantier : le retour à l’ONF du duo formé par Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, qui avait raflé tous les prix avec le film Madame Tutli-Putli en 2007. Encore au stade d’écriture, ce projet intitulé La jeune fille qui pleurait des perles « repoussera les limites de l’animation de marionnettes en employant des techniques de pointe », selon Roy.

 


Voyez l’adorable capsule réalisée cet hiver par Alexandra Lemay sur StopMo Studio…

 

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