Mon dernier billet | Perreault raconte Perrault

Films

Aujourd’hui, je prends mon courage à deux mains et j’attaque enfin la bête (lumineuse) : je vous parle de mon réalisateur préféré, le grand Pierre Perrault.

Les traces du rêve, Jean-Daniel Lafond, offert par l'Office national du film du Canada

Et plus si affinités

Plusieurs m’ont déjà posé la question : non, je ne suis pas parente avec Pierre Perrault. Si vous avez l’œil aiguisé, vous avez déjà remarqué qu’il y a un « e » de trop dans mon nom. Cependant, ce n’est pas parce que nous n’avons aucun lien de parenté que nous n’avons rien en commun. Bien au contraire :

  • Comme Perrault, j’ai commencé ma carrière à la radio;
  • Comme Perrault, j’affectionne l’écriture et le journalisme;
  • Comme Perrault, j’aime la voile et le fleuve (ma famille est originaire de Deschambault);
  • Comme Perrault, je m’intéresse avant tout à l’humain, cet être fascinant.

Les comparaisons s’arrêtent ici. Je ne suis jamais allée en Abitibi, ni à l’Île aux Coudres d’ailleurs… et loin de moi l’idée de me mesurer à ce cinéaste-poète légendaire. Après tout, il est toujours considéré comme l’un des plus grands cinéastes québécois de tous les temps. Permettez-moi tout de même d’y rêver juste un peu pendant que je vous fais un survol de son œuvre cinématographique.

Pour la suite du monde (1962)

Une œuvre sans bon sens

Ici, je pourrais vous faire un résumé de la biographie complète de Pierre Perrault, mais je vais plutôt m’en tenir à ce que je connais le plus : sa carrière cinématographique. Pour le reste, il y a Wikipedia.

De 1959 à 1994, Pierre Perrault a scénarisé une quinzaine de films et réalisé près d’une vingtaine, la plupart étant accessibles gratuitement sur ONF.ca.

De l’île aux Coudres (Pour la suite du monde, Les voitures d’eau, Le beau plaisir) à l’Abitibi (Un royaume vous attend, Le retour à la terre, Gens d’Abitibi), en passant par l’Acadie (L’Acadie, l’Acadie?!?), le cinéaste aborde tant la question nationale (Un pays sans bon sens!) que le vécu des gens (La bête lumineuse, Le règne du jour, C’était un Québécois en Bretagne, Madame!) et la faune nordique (Cornouailles, L’Oumigmag ou l’objectif documentaire).

Alexis Tremblay

Avec une poésie qui lui est propre et un faible pour les conteurs et les personnages colorés (Alexis Tremblay, Hauris Lalancette, Stéphane-Albert « Bert » Boulais), Perrault a cherché à donner un sens à l’identité nationale et une voix au Québécois. Au final, c’est le Québec en entier qu’il réussira à mettre sur la map.

Précurseur du cinéma direct avec Michel Brault, Marcel Carrière et Bernard Gosselin, il a contribué à forger le cinéma québécois moderne. Si La bête lumineuse l’a fait voyager jusqu’à Cannes – à son grand désarrois d’ailleurs, c’est Pour la suite du monde qui l’aura consacré à tout jamais au sommet des palmarès.

Si vous ne la connaissez pas déjà, je vous invite à découvrir dès maintenant l’œuvre de Pierre Perrault.

Visionner les films de Pierre Perrault

Ce n’est qu’un au revoir

Ce billet sera mon dernier. Après 7 ans de rédaction Web à l’ONF, je tire ma révérence et me tourne vers de nouveaux défis. Rassurez-vous, je ne pars pas bien loin : je me joins à l’équipe des plateformes numériques et des studios interactifs de l’ONF à titre de Chargée de projets, produits numériques. Je quitte donc la merveilleuse équipe de contenu pour me joindre à celle des « contenants ». Et j’ai très hâte!

Ce fût tout un honneur de vous servir le meilleur de notre cinéma canadien au cours des 7 dernières années. Je vous laisse avec la crème de la crème. Faites-vous plaisir et (re)voyez tous les films de Perrault (tout en ayant une pensée pour Perreault).

Bon cinéma, chers amis cinéphiles!

À une prochaine fois, je l’espère.

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Pour en savoir plus sur Pierre Perrault, consultez également cette sélection commentée par le cinéaste Denys Desjardins : L’œuvre de Pierre Perrault