Des nouvelles du Studio interactif de l’ONF avec Hugues Sweeney

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Après une année de consécration (4 prix Webby, qui dit mieux?), 2017 s’annonce très faste pour le Studio interactif de l’ONF. En effet, Hugues Sweeney et son équipe s’apprêtent à lancer une quantité jamais vue de projets de tous formats et sur divers types de plateformes.

Réalité virtuelle, réalité augmentée, expériences dans l’espace public, sur Facebook, sur Twitch, dans un musée… Le producteur exécutif et directeur du studio français revient sur 2016 et nous glisse quelques mots sur les nouveautés qui seront bientôt dévoilées.

Des projets interactifs qui rayonnent

Pour la première fois depuis 2010, le studio interactif n’a lancé aucun projet l’an dernier. Est-ce dire que l’équipe chômait ou que le studio accumulait la poussière? Bien au contraire! « 2016 a été une année où beaucoup des risques qu’on a pris ont porté fruit, et à un très haut niveau, résume Hugues. En tout, les projets du studio ont récolté 20 prix, dont la moitié à l’international. »

Parmi les créations récompensées ici et ailleurs, on pense à Le photographe inconnu, un projet de réalité virtuelle qui a beaucoup voyagé l’an dernier et gagné un Webby. « Son grand succès nous a un peu surpris parce que c’est très avant-gardiste et plutôt champ gauche. Pour nous, c’était un gamble absolu! » Ce projet sur la Première Guerre mondiale, qui prend pour point de départ des photos datant de 100 ans, a en effet été créé en RV, un choix risqué, car le dispositif utilisé venait tout juste de sortir à l’époque.

Toujours en 2016, Jusqu’ici (Way to go), de Vincent Morisset, a pour sa part récolté 3 Webby et le grand prix Boomerang, tandis que J’aime les patates, un jeu-documentaire intergénérationnel sur les processus d’innovation sociale, a raflé le grand prix Numix et 5 prix dans le milieu du jeu vidéo. « Et il ne faut pas oublier le succès record qu’on a obtenu avec le webdocumentaire Traque interdite (Do not Track), qui a été vu plus d’un million de fois », ajoute le producteur.

Nouveautés et mutations profondes

2017 sera marquée par plusieurs nouveaux projets lancés progressivement à compter du mois de février. Et contrairement aux sites web interactifs qui ont fait connaître le studio, les nouveautés iront plutôt à la rencontre des gens là où ils se trouvent.

« En 2017, on sera partout, sauf sur des sites web : on va être dans le mobile, la réalité virtuelle, la réalité augmentée, la plateforme Twitch et même l’espace public. On lance des projets qui s’inscrivent mieux dans l’air du temps, qui sont consommables dans un temps plus “Internet” et se partagent facilement. On va voir cohabiter des projets plus courts et spontanés, et des projets plus universels, intemporels, immersifs », révèle Hugues avec enthousiasme.

Les sujets abordés? L’immigration, l’économie, la surveillance, le monde des gamers, et bien plus encore… Pourvu que ce soient des projets qui mettent en lumière des changements profonds de la société, des mutations qui ne sont pas visibles à l’œil nu et qui nous affecteront dans un avenir rapproché.

On pense à Comment déclencher une crise, qui, avec la participation de l’économiste Léon Courville, aborde les mécanismes d’une crise financière et comment ils affectent la planète. Ou à Streamers (sortie : printemps 2017), un projet créé par et pour la plateforme Twitch, sur laquelle des centaines de milliers de personnes suivent en temps réel des gens jouant à des jeux vidéo.

Hugues se réjouit aussi de la parité homme/femme du studio en 2017, et de l’arrivée prochaine d’étudiants de l’UQAM qui réaliseront pour la première fois un stage interactif. Le Studio présentera également une grande exposition permanente sur l’Arctique au Musée canadien de la nature à compter de juin 2017.