La crise cardiaque de Sheldon Cohen

Films

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, l’ONF offre gratuitement le court métrage d’animation Ma crise cardiaque de Sheldon Cohen pendant 24 heures. Il s’agit d’un petit film autobiographique frôlant la naïveté qui fait état d’une journée particulièrement difficile pour le cinéaste.

Ma crise cardiaque, Sheldon Cohen, offert par l'Office national du film du Canada

Pour Sheldon Cohen, l’animation ne date pas d’hier. En fait, le réalisateur était en semi-retraite depuis un certain moment, en train d’écrire ses mémoires,  quand il a souffert d’une crise cardiaque. Mais bien avant ce court métrage relatant la mésaventure du protagoniste, Cohen avait notamment réalisé le film Le chandail, à propos d’une gaffe vestimentaire relativement impardonnable dans le monde du sport : porter un chandail à l’effigie des Maple Leafs alors qu’on s’apprête à s’amuser avec des fans des Habs. Cet hommage ludique au sport et à l’amitié a servi de tremplin définitif pour la carrière de Cohen.

Ce fashion faux-pas n’a pas tué notre cinéaste, et quelques décennies plus tard, sa crise cardiaque non plus, quoiqu’elle a représenté, évidemment, une plus grande menace existentielle.

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Le film a plusieurs mérites, notamment la flexibilité envoutante d’un point de vue des différents styles d’animation qui viennent soutenir le récit. Bien que l’ensemble relève d’un recours presque enfantin aux pastels, certaines séquences sont beaucoup plus dynamiques et vivantes, que ce soit le trajet effréné vers un centre hospitalier ou bien les moments de détresse assombries vécues après ce séjour inquiétant à l’hôpital.

La candeur du cinéaste vient rendre le tout encore plus attirant et universel. Il assume pleinement son incompréhension continue face à son état, lui, ce « garçon juif aux tendances bouddhistes » qui ne fume pas, ne mange pas de viande (ou presque) et qui se promène régulièrement avec son chien. C’est d’ailleurs la crise cardiaque d’un autre chien, que son épouse tentera de sauver lors d’une journée ensoleillée dans un parc, qui contribuera à la dégringolade accélérée de l’état de santé de notre protagoniste.

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Tout est question de perspective, et ici le cinéaste nous montre l’étendue de son talent en illustrant une période particulièrement désastreuse de son existence avec une légèreté qui rend quand même justice à la gravité de la situation.

Un avertissement à la fois sobre et jovial quand aux soins nécessaires que nous devons nous prodiguer nous-même, question de pouvoir jouir de ces petits moments qui font de la vie ce qu’elle est : une beauté complexe et contradictoire, aussi fragile qu’indispensable.