Rendre visible l’invisible : le projet prend vie!

Interactif

Quelques semaines après le dévoilement de l’idée gagnante, Marianne Prairie, Jonathan Belisle, Frank Desvernes et Sylvain Dumais entament la phase de développement de leur œuvre interactive pour l’espace public. Découvrez le chemin parcouru par nos créateurs pour passer de l’idée… au projet.

Une vie incognito? Pas de sitôt!

Les technologies de surveillance font partie intégrante de notre quotidien. Elles sont utilisées par les commerces, les forces de l’ordre et les municipalités pour entre autres surveiller les citoyens et relever les «anomalies» ou «comportements inhabituels ou à risque».

C’est en questionnant en quoi ces nouvelles technologies de surveillance changent nos comportements et notre façon de vivre l’espace public que nos quatre créateurs ont développé le concept derrière l’œuvre qui prend tranquillement vie.

Une caméra qui passe inaperçue, dirigée sur l’entrée d’une station de métro, pourrait-elle s’avérer être reliée à un logiciel conçu pour discerner tout mouvement ou comportement considéré comme suspect ou qui nécessiterait une assistance?

Une autre, installée dans un casino, pourrait-elle être programmée pour décoder les expressions faciales et les émotions des visiteurs dans le but de cibler les fraudeurs potentiels.

Dans un commerce, pourrait-elle servir à déterminer le potentiel d’achat de chacun des clients qui franchit le seuil de la porte?

Ces technologies, de plus en plus répandues, ne sont que la pointe de l’iceberg, selon Jonathan. «Quand on ajoute les téléphones portables, véritables mines d’or d’information en constante émission, on se retrouve devant un portrait bien différent d’une simple sortie en ville. Passer sous le radar dans l’espace public devient impossible.»

Les systèmes omniprésents de caméras et de senseurs influencent-ils notre comportement et notre attitude envers les autres ? C’est en voulant détourner les usages des caméras de surveillance au profit de la bienveillance et du vivre-ensemble que les créateurs ont abordé cette problématique et imaginé une expérience interactive pour l’espace public.

La surveillance au service de la bienveillance

Leur concept? Pirater les logiciels de surveillance qui espionnent nos moindres faits et gestes et se réapproprier leur pouvoir pour le mettre au service de l’art et du public.

Pourquoi? «Pour se réapproprier les technologies de surveillance et s’en servir comme médium d’expression artistique en donnant le contrôle au public, explique l’équipe. Pour provoquer une prise de conscience de façon amusante et encourager les comportements bienveillants plutôt que la méfiance.»

Comment? En modifiant les paramètres des caméras, logiciels et algorithmes et en transformant de manière artistique les informations qu’ils recueillent. En rendant donc visible l’invisible.

Ces technologies, rappelle Jonathan, sont en soi dénuées d’intention. «Si elles sont biaisées, c’est parce qu’elles sont contrôlées par des humains et programmées pour détecter la menace. Ce qu’on veut, avec cette installation, c’est  entraîner ces technologies à détecter les sourires ou les accolades, par exemple, pour ensuite traduire le tout sous forme de visualisations animées.»

L’équipe travaille présentement à l’élaboration des algorithmes, à détailler le scénario utilisateur et la scénographie. En attendant de pouvoir contrôler vous-mêmes les technologies de surveillance… Souriez, vous êtes filmés! 🙂

L’évolution du processus créatif

L’installation comprendra deux parties : au centre, un arbre rempli de caméras braquées sur l’espace vacant au croisement achalandé des rues Maisonneuve et Saint-Laurent.

Le mouvement des passants, certains de leurs gestes ou encore la présence de téléphones portables, détectés par les technologies, seront représentés visuellement sur les écrans, transformant la zone sous surveillance en œuvre d’art interactive.

Pour en arriver à un concept final, l’équipe est passée à travers plusieurs itérations. Découvrez-les ci-bas!

Croquis1_blogue«Au début, l’idée d’un camion de surveillance comme élément central de l’installation nous semblait bien attirante. On imaginait un camion de style Econoline blanche, comme dans les films d’espionnage», explique Marianne Prairie.

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L’équipe a finalement décidé d’abandonner le camion de surveillance et a opté pour une scénographie plus intégrée, concentrique autour de l’arbre à caméras. «Nous pensons disposer trois bancs autour de l’arbre, pour en faire d’avantage une place publique, poursuit Marianne. Devant chaque banc se trouvera un écran intégré au tronc de l’arbre.»

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Dans cette première version de «l’arbre à caméras», les bancs faisaient face à l’arbre Aussi, dans cette version, les bancs faisaient face à l’arbre à caméras et à un écran, le volet “intérieur” du “feu” camion de surveillance. Les dossiers de ces bancs intégraient un écran à leur dossier, le volet “extérieur” du camion de surveillance.

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Finalement, l’équipe a décidé de prendre un autre virage! Les bancs qui devaient faire faire à l’arbre y font maintenant dos. L’écran intérieur analyse le potentiel de bienveillance de l’utilisateur. L’écran extérieur permet quant à lui de changer les modes de visualisation des images captées par les caméras de surveillance sur l’arbre. L’utilisateur pourra changer lui-même les modes de visualisation et voir les images transformées de manière poétique et artistique. Cet écran donnera aussi des «missions» à l’utilisateur pour améliorer son potentiel de bienveillance.

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«L’écran des missions» : ici, on demande à l’utilisateur d’engager une conversation avec un passant pour augmenter son potentiel de bienveillance.

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