Ouïghours, prisonniers de l’absurde | L’histoire de 22 hommes vendus comme « terroristes »

Films

Ce dimanche 15 février à 20 h, ne ratez pas le passage du cinéaste Patricio Henriquez à l’émission Tout le monde en parle, invité pour discuter de son plus récent documentaire Ouïghours, prisonniers de l’absurde.

Que feriez-vous si l’un des membres de votre famille était capturé, vendu comme terroriste aux autorités américaines pour 5000 $ et emprisonné à Guantánamo sans aucune forme de procès? Inconcevable, n’est-ce pas? C’est pourtant l’histoire tragique vécue par 22 Ouïghours au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Une incroyable odyssée retracée dans le plus récent documentaire acclamé de Patricio Henriquez, Ouïghours, prisonniers de l’absurde, qui sort sur nos écrans dès vendredi (13 février 2015), au Cinéma Excentris en version française et au Cinéplex Forum en version anglaise.

Voici la bande-annonce pour vous donner un aperçu :

Ouïghours, prisonniers de l'absurde – (Bande-annonce), Patricio Henríquez, offert par l'Office national du film du Canada

Qui sont les Ouïghours?

Vivant au nord-ouest de la Chine, les Ouïghours sont un peuple minoritaire, composé de turcophones majoritairement musulmans, réprimés par les autorités chinoises en raison de leurs volontés indépendantistes. Afin de fuir la répression politique et culturelle chinoise, 22 d’entre eux se sont réfugiés en Afghanistan au mauvais moment…

En octobre 2001, après les attentats du 11 septembre à New York, les États-Unis envahissent le pays pour traquer Oussama ben Laden, offrant de généreuses récompenses monétaires pour toute information menant aux talibans et aux membres d’Al-Qaïda.

Au cœur de cette véritable chasse à l’homme, 22 Ouïghours sont capturés, déportés au Pakistan et vendus par l’armée pakistanaise aux Américains comme dangereux terroristes.

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De la Chine à Guantánamo

Voici le parcours ahurissant vécu par Abou Bakker, Ahmat et Khalid, les trois protagonistes principaux de ce passionnant thriller qui multiplie les rebondissements et nous entraîne dans le dédale des tractations politiques entre les États-Unis et la Chine.

Tels que des milliers d’autres prisonniers des guerres d’Irak et d’Afghanistan, ils ont été affublés de l’étiquette d’« ennemis combattants » et privés des droits reconnus par la Convention de Genève. Or, contrairement à des milliers d’autres, ces présumés terroristes n’ont pas été libérés lorsque leurs geôliers ont compris qu’ils ne présentaient aucune menace pour la sécurité du pays. Détenus durant 11 ans à Guantánamo sans aucune forme de procès, ils sont devenus les otages d’un système opaque et implacable dont la froide logique réside dans les intérêts géopolitiques des États.

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Du nord de la Chine à la base américaine de Guantánamo, le nouveau film de Patricio Henriquez restitue le voyage au bout de la nuit de ces prisonniers de l’absurde, victimes des dérives tragiques de la lutte contre le terrorisme, et la saga judiciaire qui s’ensuivit pour obtenir leur libération.

Présenté en première mondiale au 43e Festival du nouveau cinéma et acclamé à sa projection en compétition du prestigieux Festival international du film documentaire d’Amsterdam (IDFA), le film prend l’affiche le 13 février 2015, au Cinéma Excentris en version française et au Cinéplex Forum en version anglaise.

Ne ratez pas ce film brûlant d’actualité qui ne laissera personne indifférent!

À propos du réalisateur

Chilien d’origine, Patricio Henríquez s’installe à Montréal en 1974 à la suite du renversement du gouvernement Allende. Après un premier film, Yasser Arafat et les Palestiniens (1980), il signe au Québec des reportages pour la télévision. En 1996, il cofonde la maison de production Macumba International au sein de laquelle il réalise plusieurs films qui reçoivent de nombreux prix : 11 septembre 1973, le dernier combat de Salvador Allende, Images d’une dictature (Jutra 2000 du meilleur documentaire québécois), Le côté obscur de la Dame Blanche, Sous la cagoule : un voyage au bout de la torture (Jutra 2009 du meilleur documentaire québécois) et Vous n’aimez pas la vérité, 4 jours à Guantanamo. Avec Ouïghours, prisonniers de l’absurde, il aborde aujourd’hui les dérives inquiétantes de la guerre économique et de la lutte contre l’islam radical.