Retour sur Mégaphone en 300 mots

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Inaugurée le 4 septembre 2013, l’installation Mégaphone a permis à des centaines de personnes de s’exprimer, de s’indigner et de soumettre des idées sur l’avenir de leur ville au cours des deux derniers mois. Véritable exercice de prise de parole public, l’événement a offert un micro ouvert chaque semaine en soirée, du mercredi au samedi, au centre-ville de Montréal. Le dernier micro a eu lieu le 4 novembre dernier, jour d’élections municipales. Partenaire du projet, Le Devoir a pris part activement à la programmation de Mégaphone en invitant ses journalistes et ses chroniqueurs à prendre la parole, autant sur la place publique que dans son journal et sur son site. Afin de clore l’expérience et d’en tirer quelques conclusions, si telle chose est possible, le quotidien a demandé au professeur de philosophie Michel Seymour de l’Université de Montréal de rédiger un essai sur les 300 mots ayant le plus souvent ressortis pendant les discours au cours des deux derniers mois. Il en résulte une analyse de l’expérience Mégaphone, ainsi qu’un portrait plutôt juste de l’automne 2013 que nous avons vécu, à la fois teinté de mouvements sociaux, de débats politiques et d’engagement citoyen. En voici un extrait :

« Grâce à des technologies de reconnaissance vocale, les mots les plus saillants apparaissaient sur la façade du pavillon des sciences de l’UQAM comme autant de corpuscules voguant au-dessus d’ondes sonores reproduites à partir de la voix des intervenants eux-mêmes, un peu comme des aurores boréales. Un Mégaphone qui démontrait en la rehaussant l’importance et le caractère unique des voix individuelles citoyennes. Un Mégaphone qui permettait à des voix de se faire entendre dans le vaste espace hyperboréen que nous occupons tant bien que mal. Les dix mots les plus fréquents disent la thématique principale visée par un tel exercice: On (6377 occurrences)-je (5088)-il (3603)-nous (1680)-vous (3342)-you (1483)- dire (1028)-peut (1178)-être (1030)- Montréal (1187). Il s’agissait en effet de dire ce que pouvait être Montréal, mais aussi plus généralement la ville (724), le Québec (327), les Québécois (127), le passé (311), le pays (304), la politique (194), la société (157), l’histoire (137), la culture (133) et le Canada (141). »

Je vous invite à lire la suite de ce texte de Michel Seymour, intitulé « Un porte-voix au pays des silencieux », en cliquant ICI. Il est fort intéressant de lire l’analyse de ce philosophe montréalais.

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Mégaphone est une présentation de l’ ONF et du Quartier des spectacles, une création de Moment Factory mise en scène par Étienne Paquette. Un grand MERCI à tous ceux et celles qui ont pris la parole au micro au cours des deux derniers mois . Vous avez su faire de cette expérience un franc succès!