Retour sur le lancement du coffret Unikkausivut : transmettre nos histoires – 2e partie

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Récemment, par une magnifique soirée d’automne à Ottawa, des centaines de personnes de partout au pays se sont rassemblées au Musée des beaux-arts du Canada à l’occasion du lancement d’Unikkausivut : transmettre nos histoires. Nous aimerions vous en présenter quelques-unes…

« C’est tellement formidable! »
Melissa Irwin n’a pas aussitôt passé le seuil de la porte, qu’elle rayonne.

Melissa est l’agente des communications de l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), un groupe d’intervention national qui représente les quatre régions inuites : le Nunatsiavut (Labrador), le Nunavik (Nord du Québec), le Nunavut et la région désignée des Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest). Melissa a joué un rôle significatif dans la fabrication d’Unikkausivut : transmettre nos histoires. Son travail a consisté à s’assurer que chacune des quatre régions était représentée dans la collection.

Melissa a assisté au lancement en compagnie de sa fille, Amber, et de sa nièce, Billie Jo. Elle souhaitait vraiment que les filles soient présentes : « Elles ont besoin de voir des films sur leur identité. » Surtout maintenant. Auparavant, Melissa et sa famille habitaient Rankin Inlet, mais tous ont dû s’installer à Ottawa il y a cinq ans lorsque Melissa a obtenu l’emploi à l’ITK. Et bien que cette nouvelle vie leur plaise, Melissa estime qu’avec l’éloignement, il devient d’autant plus important que ses enfants apprennent d’où ils viennent.

Et elle ne songe pas qu’à ses propres enfants. Elle se réjouit à l’idée que les documentaires soient offerts aux écoles du Nord. « L’histoire des Inuit fait partie de l’histoire du Canada, et c’est à peine si elle figure dans le programme d’enseignement, déplore-t-elle. Le peu que nous savons sur notre histoire contemporaine nous vient de nos parents, de nos dirigeants, de nos enseignants, et non des manuels scolaires. Ce n’est pas écrit dans notre programme d’études. » Melissa estime que la collection permettra de combler cette lacune. « C’est très précieux », dit-elle.

Lorsque Melissa faisait ses études secondaires, au milieu des années 1990, elle se souvient que seuls deux cours de 45 minutes par semaine étaient consacrés aux études nordiques. Les ressources d’enseignement étaient minimales. Si la situation s’est améliorée depuis, elle estime que les choses « ne sont pas encore tout à fait au point ». Unikkausivut représente toutefois un grand pas dans la bonne direction. « Cette série de documentaires va offrir une formidable expérience d’apprentissage à nos écoliers », affirme-t-elle.

Mais les changements se produisent très lentement dans le système d’éducation. Comment Melissa fait-elle pour ne pas se décourager? « Il faut de la détermination, convient-elle. Lorsque vous enregistrez des taux de décrochage de l’ordre de cinquante à soixante-quinze pour cent, vous devez continuer. Vous ne pouvez pas vous permettre d’abandonner par frustration. Alors, je crois que le fait de travailler à établir un système d’éducation pertinent pour nos communautés, notre peuple, notre culture et notre langue alimente justement la détermination. »

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Visionnez les films de la sélection Unikkausivut sur ONF.ca

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À propos d’Elizabeth Robertson, collaboratrice invitée

La principale occupation d’Elizabeth? C’est CBC Radio. Elle adore jouer avec les ondes sonores et a contribué à toutes les émissions d’actualités présentées au Québec. À l’heure actuelle, elle est d’ailleurs productrice adjointe de l’émission-réseau C’est la vie, dans laquelle elle se plaît à réaliser des documentaires et à poser des tas de questions. Vous l’aurez peut-être également entendue dans deux autres excellentes émissions, soit Dispatches et Tapestry. Elizabeth s’est vu décerner une médaille de bronze au New York Festival International Radio Awards de cette année pour la narration de son documentaire Malcolm. Elle se passionne depuis toujours pour le travail de l’ONF.